En Californie, Arnold Schwarzenegger, nouveau gouverneur républicain, vient d'interdire les unions entre personnes du même sexe. En pleine campagne présidentielle US, les hommes de Bush, appuyés par les associations puritaines, ont fait de l'homophobie leur fond de commerce électoral. Pour moi, c'est la reconnaissance des différences qui fait la fierté d'une démocratie moderne, non leur négation. Je ne peux donc que condamner cette prise de position. En France, on ne pourra pas faire l'économie d'un débat sur le mariage gay et l'adoption d'enfant par des couples homosexuels. Qu'en pensez vous ?
DSK
PS: je vous invite à visiter le site de HES (Homosexualité et Socialisme).
Bonjour,
Les couples homosexuels ? pourquoi pas, le PACS fut une avancée cruciale dans ce sens.
Mais peut-on accepter que des enfants se voient imposés de vivre dans une différence qu'ils n'auraient pas, comme leurs parents, choisis ?
Peut-être est-ce la question du choix qui importe.
Un homosexuel a choisi sa sexualité, et le mode de vie qui va avec, qui, qu'on le veuille ou non diffère en un certains nombre d'aspects avec la vie d'un couple hétéro.
Imaginons un enfant, adopté par un couple homosexuel. il aura à vivre avec cette différence, qu'à mon sens on ne peut imposer à une personne, enfant ou adulte. Et dans cette optique, accepter l'adoption d'un enfant par un couple gay, c'est rentrer dans la même logique que les parents qui refusent catégoriquement l'homosexualité de leur enfant, puisque c'est imposer à une partie de l'identité de l'enfant, un choix contraint. C'est nier l'égalité biologique de la naissance, qui ne ferme pas par la suite la possibilité à chacun de choisir sa voie comme il l'entend.
Cordialement
Sujet brulant. J'espère que l'on pourra en parler la tête froide...
Rédigé par: Greg | 03 mars 2004 à 23:33
A ma connaissance l'adoption d'enfants par les couples gays n'est pas fermée aux Etats-Unis.
Par ailleurs, les théories c'est bien joli mais regardons en face certaines réalités. En raison sans doute du côté anormal de l'union homosexuelle pour une partie de la société, un certain nombre d'homosexuels commencent par avoir une femme, font des enfants, pour être comme tout le monde. Et puis vient le divorce et une vie plus en accord avec eux-mêmes. Est-ce tellement mieux pour les enfants ? Si l'homosexualité était considérée comme banale, il est probable qu'il y aurait moins de situations de ce genre.
Sur le mariage, je me permets de signaler l'excellente conclusion de The Economist, cette semaine. Si l'on n'autorise aux gays qu'un mariage au rabais alors c'est cette institution même que l'on dévalue. Car on court le risque que l'ensemble de la société adopte ce mariage du pauvre.
Quoiqu'il en soit, dans le cas de M. Bush c'est essentiellement un calcul électoral, car on n'amende pas la constitution des Etats-Unis aussi facilement que ça. Dans son ensemble la société américaine est légèrement opposée au mariage gay, sauf les jeunes qui sont pour.
Rédigé par: lionel | 04 mars 2004 à 00:44
Greg, d'abord, je ne pense pas que l'on "choisisse" de devenir homosexuel. On l'est ou on ne l'est pas. Ensuite c'est effectivement une question de choisir de l'assumer et de le vivre pleinement. Ou non.
Ensuite, est-ce qu'un homosexuel souffre de l'hétérosexualité de ses parents ? Je ne vois pas pourquoi l'inverse serait vrai. Pour moi un enfant ne se construira pas plus mal dans un couple homosexuel que dans un couple hétéro. Je suis donc favorable à l'adoption d'enfants par un couple homo. C'est très cliché, mais je préfère voir un enfant heureux dans un couple homo plutôt que ballotté de foyer en famille d'accueil provisoire.
Rédigé par: ALaure | 04 mars 2004 à 00:49
(Je précise que je suis moi-même homosexuel, et par ailleurs que je n'ai pas la moindre envie de me marier ni d'avoir des enfants.)
D'abord, Greg, personne ne « choisit » d'être homosexuel ; et pour certains la route vers l'acceptation de soi est longue et douloureuse.
L'hypocrisie me semble surtout être qu'on accepte que les personnes célibataires puissent adopter mais pas les couples homosexuels. Je ne vois vraiment pas comment on peut justifier une chose pareille, comment avoir un seul parent pourrait être préférable à en avoir deux, fussent-ils de même sexe.
Beaucoup de couples homosexuels, à mon avis, ne voudront pas adopter d'enfants. Je pense que ceux qui feront la démarche le feront parce qu'ils seront véritablement prêts à cet engagement. Qu'on rende la démarche difficile, cela me semble normal (adopter un enfant, ce n'est pas quelque chose à prendre à la légère), qu'on fasse une enquête minutieuse avant l'adoption, cela paraît sain ; mais rendre la chose *a priori* impossible alors qu'il n'y a pas manque d'enfants à adopter, je trouve cela vraiment dommage.
Quant au débat, il aura forcément lieu. Et je crains qu'il soit douloureux pour tout le monde, comme celui sur le Pacs l'a été.
Rédigé par: David Madore | 04 mars 2004 à 03:17
Petite rectification : Arnold Schwarzenneger n'a pas interdit les mariages homosexuels, il considere simplement que ce n'est pas aux juges, ni a des activistes politiques de decider.
Il ne faut pas oublier que Schwarzenneger, durant sa campagne electorale de gouverneur, s'est prononce en faveur des mariages homosexuels.
Je suis en faveur des mariages homosexuels, mais je pense egalement que ce sujet merite mieux que quelques coups mediatiques ponctuels par certains maires. Meme si c'est pour excellente cause !
Dans le meme temps, les principaux candidats democrates (Kerry et Edwards) etaient egalement contre le mariage homosexuel.
La decision de Bush de soutenir un amendement de la constitution sur la definition du mariage aura l'enorme avantage de porter le debat sur la place publique, sauf, comme il est a craindre, il ne s'agit la que d'un effet de manche pour satisfaire ses partisans les plus conservateurs.
On peut critiquer le conservatisme des americains sur ce sujet, mais on ne peut pas dire que la position francaise soit beaucoup plus avancee ...
Rédigé par: Pierre CARION | 04 mars 2004 à 06:20
A mon avis, tout le monde est dans l'erreur car tout le monde ici a été éduqué par une morale Judéo-Chrétienne.
C'est cette morale qui vous fait débattre du bien fondé ou mal fondé du mariage ou autre G&L !
Il n'y a pas à savoir si c'est bien ou pas: Laissez les gens choisir et mélez-vous de vos affaires !
Messieurs les supérieurementintelligentsetdonneursdeleçons essayez de penser que même hors de l'ENA et Sciences-Po chaque individu peut gérer sa propre vie.
Rédigé par: PierreAmoretti | 04 mars 2004 à 08:35
Autre chose au sujet de l'éducation des enfants:
à voir les résultats, il ne me semble pas que les parents soient les plus à même d'éduquer les enfants . . .
Je pense qu'une commission nationale devrait plancher sur le sujet.
Je veux bien m'occuper de la monter et la diriger, je communiquerai le montant de mes honoraires, frais, secrétariat et autres aux personnes compétentes.
Rédigé par: PierreAmoretti | 04 mars 2004 à 08:37
Il me semble que le débat va se poser de façon évidente et pour éviter certains comportements extrêmes (cf. les manif lors du pacs), il est nécessaire d'avancer prudemment, mais d'avancer dans le sens de la société.
1-Que veulent les homosexuels ? car ils sont les premiers concernés ! Personnellement je suis hétéro et je ne connais pas directement de gays dans cette situation, mais j'aimerais avoir leur avis comme celui de David.
2-Que pensent les "specialistes" de l'éducation en matière d'homoparentalité ? Je suis d'accord avec ALaure : ce qui compte c'est l'amour que les parents portent à leur enfant. combien d'enfants d'hétéros sont malheureux ou maltraités ? c'est cliché et caricatural mais basique.
3-je pense qu'on peut apporter une réponse graduelle comme pour le pacs : ce n'est qu'au bout de 5 ans (je crois) qu'ils bénéficient des droits qui y sont liés (succession, impots, etc). Ainsi, on pourrait initier le meme type de demarche pour l'homoparentalité : "montrer" pendant une periode de temps qu'on est capable de repondre aux devoirs de la parentalité avant d'en avoir les droits. Cela fonctionnerait sur le meme principe que pour l'adoption.
Qu'en pensez-vous ?
Rédigé par: Gilles | 04 mars 2004 à 09:47
Greg et ALaure: la question du choix de l'enfant est délicate, même dans le cas d'une adoption par des parents hétérosexuels. A quel âge est on capable de choisir?
Lionel : la bataille culturelle continue...
David : j'ajoute que des couples homosexuels élèvent déjà des enfants...
Pierre : ne sous-estimez pas la vigueur du néo-conservatisme américain, qui va (heureusement), beaucoup plus loin que chez nous.
Pierre : vous n'y allez pas de main morte!
Rédigé par: dsk | 04 mars 2004 à 09:54
Je suis pour ma part favorable au mariage gay.
Ce qui m'amuse, c'est que l'un des principaux arguments des adversaires de cela disent qu'un mariage c'est fait pour procréer.
Or il n'est pas question d'attaquer (heureusement!) les hétérosexuels qui mariés sans enfants!
A l'inverse nous avons des couples gays avec enfants (précédents mariages, inséminations etc...).
Cette barriére est donc artificielle.
Lorsque nous avons eu le débat sur le mariage gay chez tes amis de SDJ Rhone (www.sdj69.com) nous sommes tombé d'accord dessus
Je pense que c'est un combat à mener pour la gauche réformiste.
PS: j'me suis fait depuis hier un p'tit blog "socialiste, lyonnais et parfois insolent"
allez y faire un tour www.20six.fr/socdem
Rédigé par: romain blachier | 04 mars 2004 à 10:22
- Il me semble que l'adoption par des parents "gay", peut s'avérer être propice à un certain type d'éducation et qui consiste avant tout à aider un enfant à grandir, à devenir adulte. L'absence de lien "charnel", "sanguin" peut permettre d'éviter un certain nombre de projections des désirs des parents sur l'enfant.
Les parents adoptifs sont avant tout des "accompagnants" de cet "être en devenir". Aux parents d'assumer cette distinction: ils ne sont pas géniteurs, et ce n'est pas grave! L'important est ailleurs: chaque parent inviduellement (même dans un couple gay), peut devenir un référent pour l'enfant (c'est celà le plus important pour son évolution). Alors que certains couples dits "normaux" n'offrent jamais ce référent dont l'enfant à tant besoin (impossible de s'identifier à un père comme ceci, ou une mère comme celà).
- Lieu commun: l'adoption, d'un enfant par un couple d'adultes (prêts), quelque soient leur sexe, semble (à priori) toujours préférable à une enfance ou adolescence en foyer.
Rédigé par: Xavier | 04 mars 2004 à 10:49
Je pense que ce sujet mérite beaucoup plus que des petites phrases destinées à séduire le lobby homosexuel, comme les propos de campagne de Schwarzenegger visent l'électorat puritain.
Bien sûr, les différences font la richesse de la démocratie. Mais le mariage gay et l'adoption des enfants par les couples homosexuels seraient -ils la marque d'un approfondissement de la démocratie?
Et la différence des sexes...... peuple nos campagnes.
Quid du débat? Pourquoi débattre? Pour prendre la température? C'est un sujet trop sensible pour un débat sans enjeu.Pour aboutir à la légalisation du mariage gay et de l'adoption des enfants par les couples homosexuel?
Je n'y suis pour ma part absolument pas favorable et ne pense pas que cela soit un thème de campagne porteur pour les élections de 2007.
Evitez d'être fashion victim.
Amicalement,
Catherine de Kersauson
Rédigé par: | 04 mars 2004 à 11:15
Je voudrais répondre au post suivant: il ne s'agit pas d'être fashion victim, il s'agit de définir ce que'est une famille et un couple et il me semble que cela sont des sujets intemporels.Pourquoi etes vous opposé au mariage gay?
Rédigé par: romain blachier | 04 mars 2004 à 11:48
La question posée par l’adoption des enfants par les couples homosexuels est d’importance au-delà du fait qu’elle nous éclaire sur l’état de notre société.
Elle nous oblige en effet à faire la distinction entre deux sources du « être parent » : une source biologique (l’acte de procréation, assisté ou non) et la source sociale (l’acte d’éducation, pour faire bref). Le premier nous est donné par la nature alors que le second est décidé par la société, selon ses règles. Ainsi, vouloir subordonner le droit d’être parents à l’acte de procréation, cela revient, in fine, à donner la distribution de ce droit à la nature et à son arbitraire. Or, je crois que le propre d’une société qui progresse, et surtout qui s’émancipe, est une société qui « arrache » continuellement les droits à la nature et donc à l’arbitraire pour se les approprier et en décider d’elle – même (les techniques de procréations assistées sont de ce point de vue là déjà des avancées puisqu’elles nous affranchissent de cette nature). Dés lors, il me semble qu’autoriser les couples homosexuels à exercer le fait d’être parents me semble une mesure qui fasse progresser la justice. Il n’y a en effet aucune raison, notamment face à celles-ci, qui puissent faire de parents homosexuels de moins bons ou même de meilleurs parents que des hétérosexuels et notamment dans la fonction d’éducation. Il serait ainsi injuste de les priver de ce droit qui est aussi pour beaucoup une chance, un bonheur et une façon de se réaliser. Un Homme reste un Homme quelque soit ses préférences sexuelles. Reste à savoir si justement la société est prête à cela et si tel n’est pas le cas, il reste possible de réfléchir aux moyens de la faire progresser sur cette question comme il a été fait sur les autres discriminations. Bien que peu renseigné sur la question, et comme nous sommes tous très européens, il me semble que les Pays-Bas offrent un exemple intéressant.
Rédigé par: Thomas Lardeau | 04 mars 2004 à 13:33
Quel débat passionnant ! Je ne résiste pas à l’envie de réagir à plusieurs des messages que j’ai lus et à vous faire part de mon avis sur la question.
Greg écrit : « Peut-on accepter que des enfants se voient imposer de vivre dans une différence qu'ils n'auraient pas, comme leurs parents, choisis ? ». Il y a aussi des situations de familles très délicates parmi les hétéros (enfants naturels, enfants nés de viols, parent(s) criminel(s)…) Donc cet argument (et celui d’une prétendue « égalité biologique de la naissance ») ne tient pas, car tous les parents, et c’est la liberté de l’être humain, décident pour leur enfant et pour eux-mêmes, d’avoir un enfant, en toute connaissance de l’éventuelle différence qu’ils lui imposent.
Concernant le mariage gay, ma position n’est pas fermement arrêtée car je ne connais pas tous les détails du Code civil sur le sujet. Il me semble que le mariage a été décrit dans le Code Civil à une époque où l’homosexualité n’était pas vécue ouvertement. Implicitement, le législateur a pensé à une union de personnes de sexes opposés. Cela s’inspire d’ailleurs de ce qui est en vigueur dans l’Eglise, institution à l’origine du mariage, qu’on le veuille ou non.
Que le mot « mariage » soit réservé aux hétéros ne me choque pas. Personnellement, au contraire, je serais partisan d’un contrat et d’un terme qui soient propres aux homosexuels. Tout d’abord, cela aurait l’avantage de ne pas choquer les tenants d’un mariage exclusivement hétéro, et de bien mettre en évidence la différence fondamentale qu’est l’homosexualité (car il ne faut pas la nier, comme le font même certains homos : le vrai combat est pour l’ACCEPTATION par les gens de cette différence ; comme un noir ne va pas nier sa couleur, c’est aux autres de reconnaître que sa différence n’est pas un handicap).
Que veulent les homos : avoir accès à une institution séculairement réservée aux hétéros ou voir leurs différences officiellement reconnues ET acceptées par la société ? Dans le premier cas, ça me semble être un combat pour un symbole. Comme tout symbole, l’attachement de certains y est parfois viscéral ; la lutte idéologique n’est pas loin. Dans le deuxième cas, c’est plus pragmatique et c’est surtout cela à mon sens qui ferait évoluer les mentalités.
La question est alors : que doit être le « mariage gay » (j’insiste que le mot même de "mariage" ne me semble pas opportun !) ? Pour moi, c’est assez simple : la même chose que le mariage hétéro! C’est à dire se faire en public à la mairie, lier les individus de la même façon, donner les mêmes devoirs et droits à l’égard du fisc, mêmes règles lors des successions, etc… Bref ! Tout… mais rien qui ne parlerait d’adoption. Au moins dans un premier temps. Car ne précipitons pas les choses : à trop vouloir bousculer les mentalités, on parvient souvent à un blocage complet ; autant y aller « en douceur », progressivement, et accepter d’œuvrer, en silence, pour que les générations suivantes, et peut-être pas nous-mêmes, aient certains droits auxquels nous aspirons. D’ailleurs, si l’on peut vivre plutôt ouvertement notre homosexualité aujourd’hui, c’est grâce aux luttes et aux épreuves qu’ont subies nos aînés, à partir des années 60 notamment, sans qu'eux-mêmes en aient pleinement profité.
La question de l’adoption, à mon sens, doit être examinée de façon séparée. Ne serait-ce que parce que, en France, même les célibataires peuvent adopter un enfant… sauf s’ils sont homosexuels !
« je préfère voir un enfant heureux dans un couple homo plutôt que ballotté de foyer en famille d'accueil provisoire » : évidemment ! Et, comme le dit Laure, c’est très cliché, limite facile ! Je pense que la seule restriction à l’adoption par des homos, c’est précisément la réponse à « est-ce qu’un enfant se développe normalement, s’il n’a pas de référent des deux sexes ? Peut-il être vraiment heureux ?». J’ai lu que oui. Je pense que non…
Mais ce débat est une affaire de spécialistes des enfants, je crois, et il est prétentieux d’affirmer son avis de façon péremptoire. Je pense que, en ce qui concerne l’adoption, il faut VRAIMENT garder toujours à l’esprit que cet acte ne doit être motivé que par la volonté sincère du bien-être de l’enfant adopté. Si les spécialistes concluent qu’un enfant peut se développer normalement dans une cellule familiale « monosexuée », alors je ne vois pas ce qui s’oppose à l’adoption par des homos. La question de la différence (l’enfant aura 2 papas ou 2 mamans) est la même que celle qui se pose pour d’autres enfants (Cf cas cités au début).
Inévitablement, les premiers « paieront les pots cassés » car il y aura des gens pour rejeter ces enfants (comme les petits étrangers sont parfois victimes de remarques racistes dans les cours d’école). Mais, avec le temps, les choses s’amélioreront car les gens, mis devant les réalités, finissent par les accepter.
Petit PS :
Concernant la crainte de Lionel « Si l'on n'autorise aux gays qu'un mariage au rabais alors c'est cette institution même que l'on dévalue. Car on court le risque que l'ensemble de la société adopte ce mariage du pauvre. », il ne faut pas perdre de vue que c’était précisément l’argument des adversaires du PACS. Les chiffres montrent bien que le nombre de mariages continue d’augmenter ! De plus, un « mariage gay » bien distinct du mariage hétéro écarterait justement cette crainte – non fondée à mon sens – que peuvent avoir certains.
Rédigé par: Nicolas B. | 04 mars 2004 à 14:43
merci dom !!!
je me souviens de la frilosité des sections ps à l'époque (j'y étais, en côte d'or, chez m'sieur rebsamen, secrétaire aux fédés ...)
je me souviens d'emmanuelli et de ses saillies toutes landaises, vaguement homophobes (maladroites ?).
donc non, on ne fera pas l'économie d'un débat. pour info voir l'échange hallucinant entre un catho extrème (-ment con) et ma pomme :
http://amnesix.net/b2/2004/02/15_144052.php
il faut réaffirmer haut et fort qu'être homo n'est pas génétique, pas plus que ce n'est un choix, que 100 % des homos ont des parents hétéros, que les enfants d'homos sont hétéros à 99 % (c'est qui les coupables s'il doit y en avoir : joli retournement de la rhétorique ultra-catho)
il faudrait aussi arrêter de penser que seuls les hétéros donnent la vie ... ok ? il ne me semble pas insurmontable de procréer, à moi qui suis gay (faudra que j'y mette du mien, soit). cela devrait faire cesser le débat procréationniste / éducationniste ... non ?? il y aura toujours un moyen de sortir du cadre de la loi pour aimer, adopter, élever un enfant. alors autant donner des moyens légaux. et hop !
enfin, à l'attention de Nicolas B. : les spécialistes de l'enfant ont déjà répondu ! pas de souci. et puis crois tu qu'un couple homo va faire exprès d'ignorer la différence homme femme dans leur éducation ?? mhhh ??
et par pitié pas de réponse négative ou de théorisation par le pire ;)
Rédigé par: wam | 04 mars 2004 à 15:17
Re,
Il y a également le cas du Danemark (Etat Protestant), où depuis 10 ans, c'est chaque pasteur individuellement, qui décide d'accepter ou non de célébrer des mariage gay. Ainsi, les homosexuels vont voir les prêtres "libéraux" pour s'unir. La chose est bien tolérée, rentrée dans les moeurs.
C'est clair qu'interdire les couples ou le marriage homosexuel, cela apparaît être une restriction de plus en plus anachronique de la liberté individuelle. Cela ne remet pas en cause le mariage hétéro. Cela ne remet rien en cause, sauf les préceptes de la majorité judéo-chrétienne de la France, Etat pourtant dit laïc...
En ce qui concerne l'adoption, j'ai vraiment du mal à imaginer la joie d'un enfant dans un couple où il n'y aurait pas l'amour d'une mère, ou l'autorité du père. Bien sûr, allez vous dire, cela vaut peu-être mieux que l'orphelinat ou la DASS, et il existe des familles hétéro divorcés ou non, où les enfants vivent parfois des situations dont ils voudraiement s'extraire (ex : enfance battue).
Mais ça ne m'empèche pas de penser qu'un enfant, au milieur d'un couple homosexuel, devra vivre cette différence de manière contrainte. ET naturellement, il ne sera pas en mesure de "choisir", à 5 ans, 10 ans, même 15 ans si c'est le meilleur cadre de vie qui s'offre à lui.
Je vois mal un enfant de huit ans, donné à un couple gay, vivre cette différence comme si de rien n'était. ET on a pas, à huit ans, à subir un choix parental.
C'est un argument cliché peut-être, mais vous savez très bien les difficultés que les enfants connaissent à l'école par exemple lorsqu'ils vivent un stigmate quelquonque...Bien-sûr un idéal de société consiste par exemple à réduire les moqueries à l'école par une meilleure éducation civique; mais bon, entre nous, on sait ce qu'il en est dans la réalité...
Pour ce qui est des couples mariés où l'un des conjoints révèle son homosexualité. Il s'agit à mon sens d'une situation différente. L'enfant en question a toujours un parent de chaque sexe.
Nicolas B : Désolé, mais si en effet, comme tu le dis, l'enfant est toujours le produit d'un choix biologique et sociaux de ses parents, choix préexistant à sa naissance même, il y a bien une égalité biologique de naissance entre les enfants, qui n'est le fruit d'aucun choix mais seulement des cadres physiologiques universel. On sors tous du ventre d'une femme, quels que soient les choix préexistant à la naissance de l'enfant. On naît tous dans des cadres familiaux différents, dans des stratégies familliales d'éducation différentes, mais toutes les familles et toutes les naissances sont similaires dans leurs structures fondamentales. Et donc, être élevé dans une structure familliale homo, à mon sens, c'est vraiment nier l'égalité de tous les enfants, et imposer des modèles à des enfants qui ne seront pas en mesure de choisir pour eux mêmes.
Enfin Nicolas, je ne sais pas si des "experts", quels qu'ils soient, peuvent définir "scientifiquement" où réside le bonheur et le malheur des individus, leurs bonnes et leurs mauvaises décisions. Les experts en général, définissent l'ensemble des choix possibles, et c'est au décideur, de choisir, d'arreter une décision. Encore une fois, c'est toujours une question de choix. Mais comme on suppose qu'avant 18 ans l'individu n'a pas la pleine et entière capacité de choix, cela reviendrait bien à lui imposer une réalité qu'il n'aurait pas forcément envie de vivre.
Donc pour conclure,
marriages gay, oui;
adoption, non.
J'attends les critiques...(argumentées si possible)
ENfin, pour ce qui est de la source de l'homosexualité, j'avoue ne pas savoir si l'on naît homosexuel ou si l'on choisit de le devenir. J'aurais pensé que c'était un choix. je me trompe me dit-on. Y a-t-il une étude qui le démontre (si oui laquelle ? ), ou bien n'est ce qu'une affirmation de l'ordre de l'idée reçue ?
Cordialement
Rédigé par: Greg | 04 mars 2004 à 15:59
Par pitié !
Que la vie serait belle si TOUS Les hétéros arrêtaient de croire que les homos sont des hétéros qui trouveraient un malin plaisir à avoir du sexe avec des mecs!!!!
Je vais faire TRES simple, car je crois que ce n'est pas l'objet de ce débat. Mais il est fondamental pour éviter les confusions que les hétéros comprennent qu'on devient homo, tout comme on devient hétéro!
Pourquoi/ comment ? C'est encore sujet de débats! Sans doute un mélange de chocs émotionnels durant l'enfance, d'un manque affectif, d'éducation, de psychologie, que sais-je encore...
Mais quand on dit que quelqu'un "fait le choix" d'être homo, ça veut dire qu'il "ose" vivre pleinement et ouvertement - avec tous les risques que cela comporte - sa sexualité telle qu'elle s'est naturellement développée chez lui!
Pour donner une image : un mec homo est attiré par les mecs aussi naturellement qu'un mec hétéro l'est par les nanas! Ca peut sembler incroyable, mais c'est pas compliqué à se représenter.
Merci ! :-)
Rédigé par: Nicolas B. | 04 mars 2004 à 16:33
>Catherine de Kersauson
Expliquez donc, Madame, aux jeunes homosexuels souhaitant s'engager publiquement l'un envers l'autre, qu'ils sont de simples fashion victim et que leur orientation sexuelle n'a pas apparemment pas "le droit de cité" sur l'agora publique de notre République...
En diffusant l'idée que tous les sujets lancés par la classe politique française sont à vocation électoraliste, vous participez au discrédit de notre démocratie relayé minablement par les media français. Le temps politique n'est pas celui du court terme. Il est celui des projets
Cordialement,
Marina
Rédigé par: Marina | 04 mars 2004 à 16:45
L'avis que l'on peut avoir sur l'homosexualité (choisie ou non) n'est pas pertinent dans ce débat. Une démocratie doit accepter qu'il y a des gens qui se croient homosexuels, heterosexuels, asexuels etc, tout comme il y a gens religieux et athées, et trouver la meilleure manière de les inclure tous dans la société. La question porte la structure nécessaire d'une démocratie future, non pas sur l'essence de l'homosexualité.
Rédigé par: Observateur américain | 04 mars 2004 à 17:40
Effectivement, le coeur de la question me semble être la façon dont la société accepte la différence. Encore faut-il pour cela que la loi offre les mêmes droits à tous et n'amplifie pas ces différences, stigmatisant en amont certaines portions de la population...
Rédigé par: chris | 04 mars 2004 à 17:50
C'est incroyable !
Je sais pas si c'est uniquement en France - je ne connais que ça - mais il faut que tout sujet fasse débat !
Non, je ne suis pas d'accord ! Il n'y a pas à avoir débat.
Tout individu devrait pouvoir se marier (même si à mon avis c'est une connerie) et avec qui il veut et adopter des enfants sans demander l'avis de connards(asses) de DASS qui ne connaissaient ni l'enfant ni la famille d'accueil et qui se la pétent commes ces cXXXX de juges qui filent d'office la garde des enfants de divorce à . . . la mère !
Rédigé par: PierreAmoretti | 04 mars 2004 à 18:52
DSK merci pour ta réponse (désolé je n'ai pas de plaisir spécial à tutoyer - mais sur un blog je fais comme les bloggeurs ) non je n'ai pas la main lourde.
1 - Je ne vois pas ce que vient faire le sujet ici ( si ce n'est le plaisir de titrer en associant croisade et Bush ) qui est une méthode actuellement recommandée par les cabinets de marketing pour augmenter fréquentation et notoriété (ou ventes pour la presse).
2 - Non, si je me tiens au texte de la constitution de la Vème république il n'y a aucune loi - mais je peux me tromper - qui empèche les G&L de se marier et d'adopter.
Donc si c'est effectivement le cas , il n'y a pas débat: c'est constitutionnel , il faut le faire - quitte à ne pas se faire de pub - car effectivement c'est moins sexy d'avoir un programme électoral basé sur le respect de la Constitution que sur la condamnation de Satans quel qu'ils soient.
Cordialement et ravi de revoir de la vie ici !
Rédigé par: PierreAmoretti | 04 mars 2004 à 19:00
Wam t'es sympa mais sur quoi tu veux débattre ?
Rédigé par: PierreAmoretti | 04 mars 2004 à 19:14
Je suis partisan des mariages homosexuels,bien que ne l'étant pas moi-même pour deux raisons principales.
Premièrement,toute démocratie octroie à tous les citoyens les mêmes droits,quelles que soient leurs orientations politiques,sexuelles,religieuses,etc...Le mariage me paraît être un droit,qui n'a donc pas lieu d'être uniquement attribué en fonction de l'orientation sexuelle de deux individus...
Ensuite,le mariage reste un symbole fort qui concrétise l'amour entre deux personnes:les adversaires du mariage homosexuel prétendent-ils que l'amour ne peut exister qu'entre hétérosexuels?Cela me paraît être une vue bien étroite.
Enfin,je ne peux que sourire devant l'attitude de l'administration Bush.En effet,elle ne s'est pas privée de critiquer la loi sur le voile en France,en invoquant comme grand principe la tolérance...
Quelques semaines après,cette même tolérance se fait plus discrète...
"Tous les êtres humains sont égaux,mais certains plus que d'autres".
Rédigé par: jlo75 | 04 mars 2004 à 19:35