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30 avril 2004

L’Europe réunifiée !

Je tiens d’abord à m’excuser auprès des internautes pour mon absence ces derniers temps. Quelques jours de vacances étaient bien nécessaires après la campagne des régionales.

Nous allons vivre cette nuit un moment historique pour l’Europe. Après un demi-siècle d’une Europe divisée, meurtrie, défigurée par le mur de la honte, le temps de la réunification est venu. Cet élargissement à dix nouveaux membres est une victoire pour les valeurs démocratiques et sociales que porte l’Union Européenne, même s’il aurait pu être mieux préparé.

Mais l’élargissement n’est pas encore officiellement intervenu que déjà certains s’inquiètent de l’entrée de la Turquie dans l’Europe et en font le thème central de la campagne des élections européennes, qui se tiendront le 13 juin prochain.

C’est un faux problème. Le débat ne doit pas porter sur tel ou tel pays. L’enjeu n’est pas là. Le vrai sujet est celui des frontières de l’Europe. Une fois qu’elle répondra aux critères que nous avons fixés, la Turquie sera un membre à part entière de l’Union. Telle est ma conviction.

Il me semble en effet que les conditions politiques (droits de l’homme, respect des minorités), économiques (viabilité d’une économie de marché) et sociales doivent primer sur les critères historiques, géographiques ou religieux brandis par une frange de la classe politique française. J’aimerais avoir votre avis sur l’élargissement et l’engagement de négociations d’adhésion avec la Turquie.

dsk

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Voici les sites qui parlent de L’Europe réunifiée ! :

Commentaires

J'ai l'impression bizarre que dans tous les cas de figure, y compris la satisfaction pleine et entière des critère d'entrée, la Turquie se verra constamment rejetée quand à l'adhésion à l'Europe.

Bien sur, "on" invoquera des raisons scientifiques, politiques, religieuses, conjoncturelles, j'en passe, pour justifier un refus qui est joué d'avance.

Il est sur que pour prendre la température et se positionner, c'est toujours utile d'induire un pseudo débat, de donner une couverture démocratique à des pratiques pas très reluisantes.

C'est joué d'avance !

Déjà ce serait bien qu'on fasse l'Europe politique, à 25 désormais, pour avoir des institutions stables et souveraines, démocratiques. L'élargissement trop rapide conduit à n'avoir qu'une immense zone de libre-échange où les Etats se feraient concurrence, par du dumping social ou fiscal, tirant en fait la richesse des populations vers le bas, sacrifiant les services et prestations publiques (éducation, santé, etc.).

Il aurait été bon de faire cette Europe politique quand nous étions 15, maintenant que nous sommes 25, nous pouvons encore la faire, l'isolement de Berlusconi après la défaite d'Aznar et le nouvel euro-enthousiasme de Blair facilitent à ce propos la tâche.
Seulement, quelle Europe politique ? Une Europe libérale tchatcherienne ou une Europe sociale ? Peut-être que les élections du 13 juin apporteront un début de réponse, puis viendra l'adoption de cette soi-disant Constitution qui n'a comme unique mérite que celui d'exister (j'exagère un peu oui).

Voilà M. Strauss-Kahn, j'espère que vous vous êtes bien reposé. :)

Je n'ai pas eu le droit d'élire le pouvoir exécutif de cette Europe politique au scrutin universel direct. Je ne sais pas qui est celui qui me représente au pouvoir législatif puique j'ai voté pour une liste de candidats. Je n'ai pas la possibilité de faire appel à une Cour de Justice démocratiquement élue représentant le pouvoir judiciaire si j'estime que mes droits de citoyens que l'accordent cette Europe Politique n'ont pas été respectés.

C'est marrant omar, il y a encore quelques mois, des gens disaient justement l'élargissement à la Turquie était joué d'avance...

Rien ne l'est jamais, en politique. Tout est à bâtir, rien n'est acquis.

Sur l'élargissement en lui-même, il y a deux raisonnements fondamentaux :

1. Pas d'élargissement du tout.
2. Elargissement si.

Personne, à l'heure actuelle ne prend le risque d'être un fervent partisan de l'entrée rapide de la Turquie, tant sont différentes les structures, politiques, économiques et sociale entre ce pays (fort accueillant soit dit en passant). Certes il y a la laïcité, mais chacun sait que c'est l'armée qui s'en fait le garant.

Pour ce qui est des libertés publiques, elles ont considérablement évolué positivement, mais il reste de nombreuses lacunes encore inacceptable, comme le contentieux kurde.

De même quand on voit comment certaines personalités publiques sont traitées, ou comment certaines traditions telles que le crime d'honneur persistent, on voit que la modernité démocratique n'a pas encore entièrement restructuré la société turque.

Il ya cependant de nombreux points qui nous obligent à considérer la candidature turque de manière favorable pour l'avenir.

Et tout d'abord la volonté turque elle-même. Il y a dans l'opinion turque un vrai désir d'Europe. Cet enthousiasme est différent de celui des pays de l'est par exemple, puisqu'il y a une vrai volonté d'entrer dans l'occident, plus que de simplement "devoir rejoindre l'Union parce qu'on ne peut faire autrement". On ne peut laisser cet argument de côté car on est d'autant plus faché lorsque de grandes perpectives s'effondrent qu'on a été enthousiaste à l'idée d'y participer.
Le ressentiment que l'on risque de créer risque d'être pire que ce qu'on imagine, voire même de s'étendre à d'autres pays de la région du proche orient.

Je ne donnerai à titre d'exemple que le récent cas du oui au réferendum chypriote-turc à l'entrée, par le biais de la réunification (auquel la partie gracque a opposé un "non", fondé, aux dires de certains, sur de la xénophobie...)

Intégrer la Turquie, c'est aussi affirmer la laïcité dans l'Europe, puisqu'intégrer un pays à majorité musulmane implique que l'on ne retranche pas l'identité européenne aux valeurs d'un club chrétien. A travers cela, ce seront les valeurs d'universalism qui serviront de base au noyau identitaire européen.

Il y a en Turquie un vrai potentiel de développement rapide, si on lui apporte notamment les moyens en terme d'investissement. Il se peut même que celui-ci soit plus rapide que la croissance fantastique de l'Espagne, notamment permise à l'époque par les fond structurels européens.

Intégrer la Turquie, c'est également se donner les moyens de mieux influer politiquement dans le conflit du proche orient, et non plus simplement économiquement (UE 1er dans la région en terme d'aide...).

Intégrer la Turquie, c'est montrer que l'UE est capable de créer des ponts entre les cultures, qui se sont toutes entre-déchirées, au fil de l'Histoire, pour affirmer leur supériorité sans jamais aboutir à rien d'autre qu'à la mort...

A titre individuel je considére que dans une europe à 25 et si la constitution est adoptée en l'état. L'europe fédérale ne peut plus se faire.

Il faut donc pour moi, au regard de la répartition des siéges au parlement européen travailler sur une fusion franco allemande, a laquelle se joindrai je pense le BENELUX. Ainsi on pourra retrouver un poids au parlement permettant de compenser la dilution politique de l'europe à 25.

Aprés cela, et parceque je considére que la turquie est européenne. L'adhésion pourra se faire.

Mais il est urgent d'approfondir maintenant. Et d'avoir un vrai changement démocratique des institutions et des politiques européennes.

C'est cela la priorité.

Bonjour Dominique,
quand viens tu faire un petit post sur mon blog?
ça serait un grand plaisir pour moi.

Sur la Turquie: complétement d'accord avec l'avant-derniére intervention:La Turquie historiquement européenne et laique a vocation a rentrer dans l'UE.

Ce matin, en écoutant RMC (que j'ai commencé à écouter réguliérement depuis le passage de DSK sur cette natenne) il y a eu l'intervention d'un turc de France qui a dit (A l'image de la quasi totalité des Turcs) qu'il n'y a pas eu de génocide arménien.Je suis de ceux qui pensent que c'est l'integration de la Turquie à l'UE lui permettra d'etre dans un climat propice à la mémoire mais je suis toujours un peu inquiet des sociétés dans lesquelles il y a trop d'unanimisme, surtout sur des choses atroces, elle secrétent parfois des choses pas trés démocratiques.
Vous me direz, c'est parfois aussi le cas de la Gréce et pourtant elle est démocratique et européenne.

Alors soyons conformes à l'hisoitre européennes (Et à L'UEFA!!!lol) et integrons la république de Turquie.

La "vocation européenne" de la Turquie, affirmée par De Gaulle et Adenauer en 1963 et confirmée à plusieurs reprises par les États membres de l'Union, a été rappelée par Jacques Chirac lors de sa dernière conférence de presse (29 avril).
En 40 ans, le contexte géopolitique a été profondément bouleversé, passant de l'affrontement entre les blocs occidental et soviétique(la "guerre froide") à un monde dominé par l'hyperpuissance américaine, d'où émerge de nouveaux pôles régionaux (Chine, Inde...). Si l'adhésion de la Turquie à l'ensemble européen se justifiait en 1963 pour des raisons géostratégiques, elle ne se justifie pas moins aujourd'hui, et pour des raisons tout aussi stratégiques. L'ancrage européen de la Turquie, devenue démocratique et libérale, serait un gage de stabilité pour la région et marquerait une ouverture avec les mondes musulmans, ce qui viendrait démentir, s'il le fallait, la théorie du choc des civilisations.
La Turquie, République laïque depuis 1924, est membre du Conseil de l'Europe depuis 1949, de l'OTAN depuis 1952 et a été admise à l'OSCE en 1973. Les liens qui unissent la Turquie (et avant elle l'Empire ottoman) au reste de l'Europe sont anciens et profonds (cf. l'étude de M. Alain Chenal publiée par la Fondation Jean Jaurès (note électronique n°9)). L'histoire et la géographie, qu'invoquent la plupart des opposants à l'entrée de la Turquie dans l'UE, en lui réservant au mieux un statut de "partenaire privilégié", sont de bien mauvais arguments qui cachent bien souvent une hostilité à l'idée qu'un grand pays musulman s'invite dans un club qui devrait rester chrétien. L'idée d'un "club chrétien" est d'ailleurs explicitement défendue par Jean-Louis Bourlanges, député UDF au Parlement européen - cf. entretien au journal Le Monde du 24.3.2004. Le rejet de la Turquie par l'UDF de F. Bayrou, s'il n'est pas aussi explicite, relève de cette rhétorique. Le fait que le pays soit actuellement gouverné par un parti que l'on pourrait qualifier de "démocrate- musulman" nourrit encore les fantasmes de beaucoup.
Parmi les opposants figurent aussi des "souverainistes" de gauche (par exemple Max Gallo) qui refusent l'entrée de la Turquie au motif que le projet européen se diluerait dans un ensemble ingérable, au seul bénéfice des États-Unis (qui, il est vrai, soutiennent la candidature de la Turquie). Bien entendu, ceux-là étaient déjà opposés à tous les autres élargissements, pour des raisons qui n'étaient pas nécessairement mauvaises, dans la mesure où les institutions communautaires n'avaient pas été suffisamment renforcées et "politisées" au préalable.
Il y a également, parmi les opposants à l'adhésion turque, des "souverainistes" de droite (tel Philippe de Villiers) dont les motifs sont en réalité l'hostilité à l'entrée d'un pays musulman.
Certains parmi tous ces opposants se retranchent déjà derrière l'article 57 du projet de "traité constitutionnel" (qui, faut-il le rappeler, n'est pas du droit positif), relatif aux critères d'éligibilité et procédure d'adhésion à l'Union et qui stipule :
"1. L'Union est ouverte à tous les États européens qui respectent les valeurs visées à l'article 2 et
s'engagent à les promouvoir en commun.
2. Tout État européen qui souhaite devenir membre de l'Union adresse sa demande au Conseil
des ministres. Le Parlement européen et les parlements nationaux des États membres sont
informés de cette demande. Le Conseil des ministres statue à l'unanimité après avoir consulté
la Commission et après approbation du Parlement européen. Les conditions et les modalités
de l'admission font l'objet d'un accord entre les États membres et l'État candidat. Cet accord
est soumis par tous les États contractants à la ratification, conformément à leurs règles
constitutionnelles respectives."
Le raisonnement des "anti-Turquie" prend dès la forme d'un simple syllogisme :
1. Seuls des États européens peuvent adhérer à l'Union européenne ;
2. Or la Turquie n'est pas européenne (parce que l'Histoire, parce que la Géographie, parce que l'Islam, etc.) ;
3. Donc la Turquie ne peut pas adhérer à l'Union européenne.
CQFD...

Les critères d'éligibilité actuels sont ceux définis à Copenhague (1993) :
"-des institutions stables garantissant la démocratie, l'État de droit, les droits de l'homme, le respect des minorités et leur protection;
-une économie de marché viable ainsi que la capacité de faire face à la pression concurrentielle et aux forces du marché à l'intérieur de l'Union;
-la capacité d'assumer les obligations de l'adhésion, notamment de souscrire aux objectifs de l'union politique, économique et monétaire" ;
et à Madrid (1995) :
"L’adhésion requiert également du pays candidat qu’il ait créé les conditions de son intégration par l’adaptation de ses structures administratives. S’il importe que la législation de la Communauté européenne soit transposée dans les législations nationales, il est encore plus important que la législation soit
appliquée effectivement grâce à des structures administratives et juridiques appropriées.
Il s’agit là d’un préalable indispensable à la confiance mutuelle requise pour l’adhésion à l’UE. "

La candidature de la Turquie doit être acceptée définitivement et des négociations doivent être ouvertes en vue de son adhésion. Lorsque les conditions politiques, économiques et sociales seront satisfaites, la Turquie pourra alors adhérer pleinement. Ce n'est qu'un question de temps si nous donnons des signes forts à l'égard de la Turquie, dont l'ambition de s'affranchir de son passé de dictature militaire doit être pris au sérieux, même si de nombreux obstacles se dressent encore.

Ce sont les équilibres politiques et démographiques que le monde doit trouver dans le prochain siècle qui permettront de tracer les frontières de l'Europe. De ce point de vue, la Russie, même si elle peut être qualifiée d'européenne à bien des égards, n'a pas vocation à entrer dans l'Union. Les États ou pourtour méditerranéen, et notamment le Maghreb devrait être associés plus étroitement au processus de la construction européenne. L'idée d'un partenariat privilégié avec ces pays doit faire son chemin.
Par ailleurs, rien n'interdit à quelques uns des actuels États membres (la France, l'Allemagne, les États du Benelux, mais aussi l'Italie et plus sûrement l'Espagne de M. Zapatero) d'aller plus loin dans la voie de l'intégration. Si toutefois ils le veulent...

Hier sur la RTBF il y avait un reportage sur les coulisses de la convention, je ne sais pas s'il a été diffusé en France ou s'il le sera. En tout cas il était extrémement intéressant, il montrait notamment comment le camp conservateur souhaitait que soit inscrit dans le préambule l'origine chrétienne de l'Europe. Je souhaite que l'on explique que l'Europe est un teritoire borné dont on connait déjà les frontières même si les pays ne nous ont pas encore rejoint, comme la turquie par exemple. Il serait intéressant que l'on nous informe sur l'état de l'opinion allemande face à l'adhésion turque. Pierre MOSCOVICI à "Ripostes" a clairement dit qu'il y aurait des aménagements ou que l'on composera selon les événements dans l'europe à 25. très sincérement ce n'est pas rassurant.

Comment dire?
A ce jour,Je ne me sens pas plus proche d'un Estonien qu'un d'un Turc; d'ailleurs je ne me sens pas plus proche d'un Finlandais. J'ai le sentiment étrange que je devrais me sentir proche d'eux parcequ'ils sont dans l'UE. Auquel cas je me sentirais tout aussi proche d'un Turc si ceux ci intègrent l'Union.
Malheureusement, trop de Francais ne savent que penser de l'Union et de son élargissement comme si seuls les leaders d'opinions pouvaient avoir un mot à dire sur la question. Peut être ne nous a t on toujours pas inclus dans l'Europe? Nous sommes en France, mais sommes nous en Europe? De fait nous "vivons" dans une Europe Economique (l'€uro en est la plus belle illustration), une Europe politique également (institutions politiques, le droit européen est un droit supra national...). Beaucoup de monde parle de l'Europe sociale... et je ne sais pas si il s'agit là de la vraie question. Néanmoins, si je ne me sens pas plus proche d'un Finlandais que d'un Cambogien, c'est qu'il y a clairement une problématique concernant l'Europe Citoyenne. Sans une Europe Citoyenne je ne vois pas comment naîtra l'Europe Sociale.
En somme, nous sommes Européen mais nous ne le sentons pas! Si je n'ai pas le sentiment d'être européen alors que je le suis...
je commence à paniquer!!!!

Je considère l'Europe comme un continent dont ne font partie ni la Russie ni la Turquie qui sont géographiquement beuacoup plus des pays asiatiques qu'européens.
Je crains que l'entrée de la Turquie dans l'UE n'incite d'autres pays à demander également leur adhésion ou leur association (Israël).Je crains que ces demandes soient beaucoup plus pour profiter de l'aide et de l'entrainement économique de l'UE que le résultat d'une vision commune.
Je regrette surtout que les différents élargissements n'aient pas été précédés d'avancées politiques.Nous nous retrouverons demain dans une union économique à 25 mais pas dans une Europe à 25.
Le côté "politique" de l'Europe me semble oublié, et pourtant une Europe parlant d'une SEULE voix dans le secteur des affaires étrangères, de l'économie, de la défense, ça serait chouette!!!
je pense donc de dans tous les cas, il faut faire une pause dans les adhésions et avancer dans les domaines plus politiques.

Je partage aussi le point de vue de Adrien qui a commenté ci-dessus. Je me sens l'âme européenne, mais ce qui me chagrine au plus haut point, c'est que ceux qui prennent les décisions ("directives", disent-ils) qui nous tombent dessus ne sont pas les élus, mais des fonctionnaires. Ca ne me semble pas être un bel exemple de Démocratie...

Ce ne sera pas une surprise si j'avoue être complètement d'accord avec Henri Rouquier.

Un post (non signé) dit :
.../...la Turquie, tant sont différentes les structures, politiques, économiques et sociale entre ce pays (fort accueillant soit dit en passant).
.../...

De même quand on voit comment certaines personalités publiques sont traitées, ou comment certaines traditions telles que le crime d'honneur persistent, on voit que la modernité démocratique n'a pas encore entièrement restructuré la société turque.
"
Que fait-on de la Corse au sein de l'Europe ?

J'ai subi pendant 2heures le raisonnement des
"anti-Turquie" et je tiens à te dire Guillaume
que ce n'est pas gagné.

concernant la façon dont se fait l'Europe.

Dire que c'est par des petits fonctionnaires non élus est abusif. Une large partie des commissaires sont des hommes politiques d'envergure, pas des fonctionnaires. Par ailleurs, ils sont proposés par les chefs d'Etats et de gouvernement et confirmés par le Parlement européen. Les grands textes européens ont été ratifiés par le peuple, et une dynamique est en cours pour la constitution.

Est-ce parfait? Non. Mais on est très loin d'un machin anti-démocratique. C'est un bon compromis de départ. Et la culture du compromis, c'est sans doute l'un des traits remarquables de l'identité européenne en création.

Sur cette identité. Vous ne vous sentez pas Letton, Turc, ou Finlandais. Soit. Voyagez donc un peu, apprenez d'autres lanques, sortez de votre petit train train quotidien, votre horizon immédiat. Vous risquez au pire d'en revenir avec un amour renouvelé pour votre pays/région d'origine. Au demeurant, un marseillais se sent-il parisien, et inversement? La question n'est donc pas de se sentir Finlandais, mais que Finlandais et Français se sentent l'un et l'autre Européens. Je ne sais pas, mais construire un modèle de coexistence pacifique, quelles que soient les différences, c'est plutôt pas mal comme identité. Dans la vie, votre identité, c'est ce que vous faites. Voyez les chomeurs, dont le drame n'est pas tant financier qu'identitaire. Donc l'identité européenne, c'est ce qu'on en fait. Un beau modèle pour le reste du monde, assurément.

Enfin, sur la question de la Turquie, et ici je compte bien me mettre tout le monde à dos. Puisque nous sommes tellement plus subtils et intelligents que les américains, ancrer définitivement un pays à forte composante musulmane dans l'Etat de droit, le respect des minorités et de la diversité, c'est mener la même politique que Bush en Irak, mais avec la subtilité (d'autes diront la perfidie) européenne en plus. C'est à dire avec quelques chances de succès.

DSK voit probablement les pays du partenariat Europe/Mediterrannée dans l'UE vers 2030. Cette perspective aussi permettrait de lutter contre le fascisme islamiste, qui se nourrit d'absence d'espoir et d'horizon.

Mais peut-être considérez-vous qu'Al Qaïda est un problème américain. Dans ce cas, effectivement, dormez tranquille.

"Voyez les chomeurs, dont le drame n'est pas tant financier qu'identitaire"

Excusez moi du peu mais j'ai déjà essayé l'amour et l'eau fraiche, résultat j'ai toujours faim et ma fille aussi. Je vous passe les détails sur la qualité de vie.

Ah oui aussi, j'ai déjà voyagé, je parle plusieurs langues et j'estime avoir dépassé les problèmes de nationalisme et d'identification à une race, une culture, une région, une religion, un système de pensée. Mais j'ai toujours faim.

L'europe et son élargissement pourront-ils satisfaire ma faim, ma soif de liberté, de connaissance, de dignité?

J'ai posté ci-dessus un commentaire, disant que j'étais du même avis que "Adrien" qui avait posté plus haut encore.

En fait je me suis trompé et j'ai attribué à "Adrien" le commentaire de "Henri Rouquier".

C'est avec le point de vue de ce dernier que je m e sentais en accord.

Voilà ! Mise au point faite ! ;-)

De l'UE à "Mare Nostrum",

Cher Dominique,

Si je suis entièrement d'accord avec toi sur l'entrée prochaine, "sous conditions", de la Turquie dans l'UE et sur la nécessité de penser l'Europe au delà de ses "strictes" limites géographiques, cela demande tout de même quelques clarifications.
Pour simplifier les choses, j'appellerai "Mare Nostrum" ton projet d'une Europe élargie aux pays du pourtour méditérranéen sud. D'autre part, "larvatus non prodeo" : je suis spécialiste de philosophie grecque…mais aussi militant du PS, tendance A/DSK…

Tout d'abord, aux tenants de la géographie, qui bien souvent se masquent sous le paravent d'une hypothétique frontière Nord-Sud qui passerait par Istanbul pour délimiter l'Europe de l'Asie pour en fait rejeter l'entrée d'un pays "islamique" dans l'UE (j'y reviendrai), nous pouvons faire remarquer qu'à ce compte un bon morceau de la Turquie dite "asiatique" se trouve en "Europe", celle d'ailleurs où nombre d'entre nous passent leurs vacances…et visitent des sites grecs ou romains ! Et que dire de Chypre, aujourd'hui européenne ?

La géographie, piètre argument en la matière, ne prouve donc rien et il vaut donc mieux, en effet, se tourner vers les conditions d'adhésion, voire vers l'histoire.

C'est là que les choses deviennent passionnantes et ambiguës quant au passage de l'UE à "Mare Nostrum".
En effet, même si la géographie ne peut être convoquée pour éliminer la Turquie de l'Europe, on ne parviendra pas à faire croire à nos concitoyens que, par ex., la Lybie est en Europe.

D'où, à mon sens, un nécessaire travail de clarification sur, au moins, trois points:

1) Que signifie de parler (encore ?) de, je te cite, "frontières de l'Europe" ?
2) Quel est le rapport entre l'UE à 25, voire prochainement 27, ou 28 si nous y incluons la Turquie, et le merveilleux projet "Mare Nostrum" ?
3) Quid du rapport entre UE et Mare Nostrum ?

(1) Sur le point (1), je crois m'être exprimé, mais je voudrais ajouter que c'est moins la géographie que l'histoire qui doit primer : si je n'avais pas eu Averroès (de Cordou), que saurais-je, aujourd'hui, d'Aristote ? En d'autres termes : nous devons toujours (et inlassablement) préserver l'héritage issu des musulmans andalous, mais aussi perses (Avicenne…). Même observation au sujet de Maïmonide.

(2) Une réflexion au passage : Les "rigolos" de service qui voudraient éliminer la Turquie au nom de l'"Europe chrétienne" feraient bien de s'aviser que Saint-Thomas d'Aquin n'eut rien été sans Averroès. Bref, que le "thomisme", une de nos "bonnes" doctrines européennes, n'aurait jamais été si des musulmans, perses,syriaques, arabes ou andalous n'avaient continué de travailler sur ce philosophe grec qu'était Aristote et avaient transmis ce savoir à l'"Occident chrétien".

(3) Réflexion sur la réflexion : intégrer la Turquie, "sublime porte", ou taut autre pays "musulman", ne serait, de ce point de vue que justice.


(4) Réflexion sur la réflexion de la réflexion : nous avons beaucoup bataillé, au sujet du préambule de la (hypothétique future) constitution à propos de "l'héritage chrétien" ou du mot "Dieu". Ce combat fut juste et le mot "Dieu" doit être absolument banni d'un tel préambule (observation : né de mère juive, baptisé catho, je suis "de toute éternité", profondément athée). Mais, il n'est pas sûr de mon point de vue que nous ayons bien luttés contre la notion d' "héritage chrétien". Cet héritage est indéniable (même s'il n'a pas à se trouver dans un préambule, mais pensons tout de même à Duby !), mais pourquoi, tant historiquement que polémiquement, ne pas avoir avancé une formule "l'Europe, héritère des religions du livre", ou des "trois religions du livre" ? J'y aurais vu nombre d'intérêts : contrer les cathos jusqu'auboutistes, rappeler la shoah et d'où vient le christianisme, montrer aussi que l'islam est (aussi) fondateur de l' Europe. Bref, "que des avantages" si nous songeons à la Bosnie ou à la Turquie…

A+ pour la suite,
Saluts cordiaux,
JLL

excellent post ! J'ai beaucoup aimé l'argument sur l'histoire et l'apprt d'averroes (de l'intérêt émminent des spécialistes d'histoire ancienne).

J'abonde aussi dans le sens de la malhonneteté de l'argument consistant à limiter l'Europe aux Dardannelles/Détroit de Bosphore. Non seulement si l'on pense à l'Europe de l'Atlantique à l'Oural", l'Oural est bien au delà de la mère Noire, mais aussi, si l'on regarde d'où vient notre civilisation.

D'autre aprt, et contrairement à ce qui a été ditplus haut, je pense que si il ya des progrès, d'ici 2030 (!) suur la question israëlo palestinienne, et si, du fait d'une situation apaisée dans la région, l'Etat d'Israël souhaite adhérer à l'Union et est en mesure de la faire par adaptation de ses structures, je franchis le rubicon et je dis, pourquoi pas.

Pareil pour la Libye. Rien nous permet d'affirmer que dans 20 ans, il n'y aura pas une profinde modernisation de la société et de l'économie libyenne. Peut-être dans 40ans.

Cependant, l'déal de la mare nostrum, à mon sens, sera stoppé par la simple volonté des africains de s'unir eux-même, au sein de l'OUA, et nous aurons dans un certain nombre de décennie un vraie diplomatie inter-continentale, plutôt que nationales. Bien sûr cela est à encore à très long terme, mais cela nous permet de rationaliser l'élargissement à la Turquie.

Et lorsque viendra l'heure de ce type de diplomatie, inévitable, puisque les décisions devront se prendre au sein d'Institutions Internationales dont la puissance ira en s'accroîssant, intégrer des pays de culture différentes sera une force, bien plus qu'un faiblesse. Cela illustrera que nous savons ouvrir des ponts entre les cultures, les civilisations, et nous renforcera dans la protection de la sécurité internationale.

Cela dit, il est vrai que la question ne se pose pas pour le moment, mais cela n'empêche pas de garder le sens de la vision à long terme, essentiel en matière de construction européenne.

Pour ce qui est de la Russie, j'ai de grands doute, simplement parce qu'elle est déjà plus grande que l'Europe à 25!...Il ne sert donc à rien de l'agiter comme un chiffon rouge pour dire "l'élargissement à la Turquie entraînera aussi de la Russie".

Juste un truc, je sais pas s'il est utile de préciser "les religions du livre", car alors vous excluez encore les bouddhistes et toutes les croyances asiatiques. La simple mention de la diversité des croyances est peut-être suffisante.

En ce qui me concerne tout à fait personellement, je suis plutôt du genre anticlérical, et rêverai d'un Europe radicale, mais il faut auto-censurer toute pulsion de projet franco-français alors...

Soyons déjà contents que Dieu ne figure pas à la Constitution...

Laïcisation de l'Europe, certes, j'approuve et j'abonde, mais d'autres pays que l'on qualifie déja d'européens seront-ils d'accord ?
Je pense par exemple aux tribunaux allemands, italiens et peut-être anglais (je suis moins sûr ) rendant la justice sous un. . . crucifix bien que ces pays ne figurent pas au nombre des théocraties.
La définition de laïcité étant différente suivant les pays, il serait bon d'en trouver une européenne. . .

D'autre part à quand une nationalité européenne ?

Voilà qui permettrait aux individus d'adhérer à un "vrai" pays, autour d'une constitution, une loi, . . .
Elle pourrait être "optionnelle" les premières décennies de fonctionnement puis s'élargir au droit de naissance par la suite , etc.
Voilà une façon (parmi d'autres) de définir un pays autrement que par les frontières, l'histoire, d'en finir avec le nationalisme, et de donner corps à ce qui n'est toujours que de l'ordre du concept : l'Europe.

Pour ma part je suis prêt à renoncer à la nationalité française pour l'européenne.

Ceux qui ne sont pas sûrs pourraient avoir les deux, ceux qui ne veulent pas ne seraient forcés en rien.

C'est peut-être hors sujet par rapport la Turquie mais cette question posée entre autres par DSK a le mérite de nous faire prendre position et clarifier les choses.

Il serait dommage d'axer tous les débats sur la
Turquie.Son entrée dans l'UE si elle a lieu n'est
pas prévue pour demain mais pour 2015 ou àprès;

Il faut surement comme Lionel insister sur cette
identité Européenne,faire aimer l'Europe est un
devoir pour nos Politiques.

Sur les structures:il faut une constitution,
comment voulez vous que l'Europe fonctionne sans.
J'ai déjà dit plus haut que je n'étais pas pour
une ratification par référendum; pourquoi courir
ce risque qui nous menerait dans l'impasse si le
peuple disait non.

Sur les frontières je rejoins la position de P Moscovici: "L'histoire, la géographie et le droit
doivent etre à la fois combinés et dépassés: la
réponse est politique"
Donc non à la Russie et non au Maghreb.

Sur "voyez les chomeurs,dont le drame n'est pas tant financier qu'identitaire "
votre affirmation me laisse sans voix.

Pour répondre à ce qui est écrit plus haut :
si tous les pays ou toutes civilisations qui ont apporté quelque chose à l'Europe doivent faire partie de l'UE, c'est assurément un argument aussi fallacieux que celui qui consiste à dessiner l'Union en fonction de nos vieux atlas,
- Avant les elections européennes les citoyens ont le droit de savoir si nos dirigeants pensent l'Europe comme un territoire défini ou comme une entité métaphysique dans laquelles tous les pays peuvent adhérer.
- Je suis pour une europe concrète (avec à terme la turquie sans aucun doute) mais non pour un club philosophique, politique ....
On a besoin de clarté pour accepter les difficultés qui ne manqueront pas de se poser dans une Europe qui s'agrandit. C'est peut être bête, terre à terre, mais connaître les frontières de l'Europe permet de mieux adhérer au projet et aide à se sentir européen.

Et pourquoi pas l'alphabet ??

Un critère pour définir l'entrée d'un pays dans l'UE outre la proximité géographique et les conditions economico-democratique pourrait être : l'utilisation de l'alphabet latin ou grec comme écriture officiel.

Ainsi la Turquie laïque peut nous rejoindre et pas la Russie.

"Le vrai sujet est celui des frontières de l’Europe. Une fois qu’elle répondra aux critères que nous avons fixés, la Turquie sera un membre à part entière de l’Union. Telle est ma conviction."
Permettez moi de voir la comme une contradiction.Frontières étant un concept géographique, critères plutôt d'ordre politique.. ce n'est pas parceque que les critéres seront respectés que la géographie s'en trouvera changé. Je constate d'ailleurs que l'argument géographique est utilisé ( trop grand...),et ce à raison, pour justifié la non entrée de la Russie alors qu'elle est culturellement plus européenne que la Turquie.
En conclusions soyons clair : la Turquie n'est ni géographiquement, ni culturellement un pays européen. Maintenant que l'on souhaite pour des raisons diverses qu'elle rejoigne L'UE, pourquoi pas ( je serais pour ma part plutôt contre) mais ne justifions pas ces raisons par des arguments qui tordent les réalités historiques et géographiques.
Je précise que le probléme religieux est un faux probléme, je l'ai déja dit dans un autre post, puisque la Bosnie musulmane est un pays européen.

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Manifeste de Socialisme et Démocratie

août 2007

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