De nombreuses réactions me sont parvenues après ma prise de position, dans le journal Libération du 12 mai, sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe.
Un colloque organisé par AG2E aura lieu le jeudi 24 juin à Paris pour présenter les résultats du groupe de travail sur les questions LGBT, présidé par Christophe Girard. Ce sera l’occasion pour ceux qui le souhaitent d’un débat approfondi.
Je souhaiterais tout d’abord remercier tous ceux qui m’ont écrit pour me témoigner leur soutien et leur convergence de vues. Leur conviction, leur parole, leur action sont primordiales : c’est ensemble que nous pourrons faire progresser nos idées.
Cette petite note veut simplement reprendre, en quelques mots, les principaux éléments du débat.
Il y a d’abord les arguments de forme. Ce sont, bien sûr, les moins pertinents.
La démarche serait électoraliste ? C’est tout le contraire. La démarche électoraliste consiste à ne pas se prononcer hors des sujets consensuels. Elle repose sur l’idée que l’alternance politique est systématique depuis 1981, que la reconquête du pouvoir est quasi-automatique : il suffit de récupérer les déçus de l’action gouvernementale et, pour cela, critiquer sans rien proposer, éviter tout projet clivant, gommer toute aspérité qui pourrait remettre en cause le retour de balancier des « anti-raffarin ». Il faudrait surfer sur la vague médiatique, coller aux sondages, flatter les réactions instinctives de l’électorat. C’est là que réside le clientélisme électoral, et il est une négation de la politique : il est à l’origine du malaise démocratique actuel, de la montée des votes aux extrêmes et de l’abstention.
Faire de la politique, ce n’est pas suivre systématiquement ce que veut l’opinion publique et en faire son programme d’action : c’est au contraire identifier l’intérêt général et travailler à le faire partager par tous. Pierre Mendès France écrivait dans La vérité guidait leurs pas : « L’homme d’Etat, contrairement au politicien, subordonne son travail quotidien et ses paroles à ses convictions ». C’est cette éthique de conviction qui doit guider les choix politiques.
Ce ne serait pas le bon moment pour en parler, il faudrait se concentrer sur les élections européennes ? C’est indiscutable : le principal sujet aujourd’hui concerne les élections européennes. Mais il se trouve que la lutte contre les discriminations fait partie du débat politique comme le montre l’action de nos partenaires européens – au Nord, avec la Suède et le Danemark, comme au Sud, avec l’Espagne de Zapatero. Ils ont fait de cette question un élément important de leur agenda politique. En tout état de cause, ce n’est pas le parti socialiste qui fait l’agenda médiatique. Or on nous reproche suffisamment, depuis deux ans, d’être inaudibles, muets sur les sujets d’actualité, pour ne pas aujourd’hui nous faire la critique inverse ! Le 5 juin, à l’occasion du mariage de Bègles, toute la presse aurait demandé son avis sur cette question au PS et le risque était grand qu’il n’en eût aucun.
Il faudrait un débat pour se prononcer ? Bien sûr, il faut un débat. Car l’essence même de la démocratie, ce n’est pas d’imposer mais de convaincre. Mais pour qu’il y ait débat – sauf, à nouveau, à enregistrer l’équilibre sociétal instinctif tel qu’il s’exprime dans les sondages - , il faut qu’il y ait des positions exprimées, il faut qu’il y ait des gens « pour » et des gens « contre ». C’est pourquoi il faut respecter les positions de tous ceux qui, sans être homophobes, se prononcent contre le mariage ou l’adoption. Mais il serait paradoxal que l’appel au débat empêchât de s’exprimer.
Revenons maintenant sur le fond du débat entamé il y a quinze jours.
La priorité de la gauche aujourd’hui, c’est la lutte contre les inégalités. Dans beaucoup de domaines, les sujets de société en particulier, le combat pour l’égalité n’a pas été mené à son terme. Dans d’autres, dans le domaine social notamment, les inégalités, longtemps contenues par l’Etat providence, s’accroissent à nouveau. C’est à travers ce prisme de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité qu’il faut lire le débat sur le mariage et l’adoption.
Sur le mariage, tout d’abord.
Le point fondamental c’est que le lien entre l’institution du mariage et la procréation est aujourd’hui rompu. Une petite moitié des naissances se fait désormais hors mariage en France, et la tendance est à la hausse. A l’inverse, de nombreux couples mariés n’ont, volontairement, pas d’enfants. Bien entendu, les couples stériles ne sont pas interdits de mariage. Que représente, dès lors, le mariage dans la France d’aujourd’hui ? Deux choses : une institution sociale qui assure la reconnaissance symbolique de l’amour entre deux êtres, et qui lui accorde des droits (fiscaux notamment) ; et un contrat qui crée une solidarité juridique et financière. En d’autres termes, le mariage exprime à l’heure actuelle l’idée que l’amour qui lie un couple a une valeur sociale et qu’il faut reconnaître et favoriser la stabilité de ce lien.
Dès lors, au nom de quel principe ces droits et cette reconnaissance symbolique, qui sont accordés aux couples hétérosexuels, devraient être refusés aux couples du même sexe ? Puisque le lien amoureux est une composante forte du mariage moderne, que ce lien amoureux est de la même nature qu’il s’agisse d’un couple hétérosexuel ou d’un couple homosexuel, le mariage doit s’ouvrir à tous les couples et, ainsi, s’universaliser.
Certains objecteront que le mariage, en droit, lie un homme et une femme : c’est vrai, mais c’est un sophisme puisque c’est justement cette discrimination légale qu’il est proposé d’abolir. Dans le Massachusetts, cette discrimination est tombée d’elle même : la Cour suprême a indiqué que rien dans la Constitution de l’Etat ne justifiait de limiter le mariage aux couples hétérosexuels, et qu’il devait en conséquence être ouvert aux couples du même sexe. En France, le Code civil fait référence à l’hétérosexualité : il faudra donc une loi.
Derrière cela, il y a en réalité une autre objection : le mariage concernerait, par nature, un homme et une femme. Mais implicitement, cet argument renvoie à la procréation et ramène à la question précédente. C’est par ailleurs le propre de la société de s’affranchir de la loi dite naturelle pour se construire dans la loi des hommes.
Une dernière objection avancée est que le mariage n’est pas seulement un contrat individuel, mais aussi une institution. Cela est vrai et il est légitime que sa réforme ne prenne pas seulement en compte l’intérêt des personnes concernées mais aussi celui de la société. Mais en quoi l’extension du mariage nuit-elle aux intérêts de la société ? Au contraire, en devenant universelle, l’institution du mariage se renforce. C’est tout le contraire du divorce, vu par certains comme une atteinte grave à l’institution du mariage, et qui a pourtant été libéralisé au nom de la liberté individuelle.
Dans ce cadre, le PACS a été un pas en avant courageux. C’est le PACS, pleinement accepté désormais, qui va rendre possible le possibilité du mariage pour les personnes de même sexe. Il faut aujourd’hui continuer dans la voie qu’il a ouverte, car il s’agissait d’un point de départ, et non d’un point d’arrivée. Le PACS n’offre pas les mêmes droits que le mariage ; il n’offre pas non plus la même reconnaissance symbolique. S’il faut améliorer le PACS en de nombreux points, il convient également de donner la possibilité aux couples de choisir le mode de relation contractuelle qu’ils souhaitent. Ouvrir le droit au mariage, c’est aussi offrir la possibilité de ne pas se marier.
Pour toutes ces raisons, refuser aux homosexuels le droit au mariage, c’est maintenir une forme d’inégalité, une discrimination symbolique et réelle sans fondement.
Tournons nous maintenant vers ce qui fait le plus débat : l’adoption.
Cette question doit être jugée à l’aune unique de l’intérêt de l’enfant.
La question de l’équilibre d’un enfant élevé par un couple homosexuel est débattue entre les spécialistes. L’idée est que, au nom de la dualité sexuelle fondamentale – biologique - de l’humanité, cet équilibre nécessite des référents masculins et féminins. C’est une question extrêmement délicate et il est vrai que les études ne sont pas toutes très fiables. Ce qui est sûr, toutefois, c’est qu’aucune des enquêtes réalisées, en France ou aux Etats-Unis, ne permet de conclure que les enfants élevés par des couples du même sexe sont moins équilibrés ou moins heureux que ceux élevés par des couples hétérosexuels. De même, toutes les études, notamment américaines, montrent que l’orientation sexuelle des enfants n’est pas influencée par le fait de vivre avec deux parents du même sexe. Ces enfants disposent, par le biais d’oncles/tantes, grands-parents, ou d’ami(e)s des parents, de référents des deux sexes, ce qui leur permet de se construire dans la dualité sexuelle.
Au demeurant, il y a de très nombreux enfants qui ne vivent pas dans des familles composées de deux personnes de sexe différent, ne serait ce qu’en raison du grand nombre de familles monoparentales.
Mais même s’il est difficile de trancher de façon définitive, nous devons sortir d’une insupportable hypocrisie. Aujourd’hui en France, un célibataire de plus de 28 ans peut adopter un enfant s’il remplit par ailleurs les conditions de base des procédures d’adoption. Personne ne s’enquiert de savoir si cette personne est homosexuelle et à l’intention de vivre avec une personne du même sexe, si ce n’est déjà le cas. On estime à plusieurs milliers le nombre d’enfants qui vivent dans des couples composés de deux personnes du même sexe. Cela est dû à l’existence de familles recomposées, à la procréation médicale assistée (interdite en France pour les homosexuels mais pratiquée dans des pays étrangers voisins comme les Pays-Bas) et à l’adoption par des célibataires. Dans ces conditions, la possibilité donnée à un couple homosexuel d’adopter un enfant ne fait que mettre le droit en conformité avec la pratique, sauf à vouloir revenir sur l’adoption par les célibataires, ce que personne ne propose.
Ainsi, qu’il faille un débat, tout le monde en est d’accord. Mais pour que ce débat ait lieu il faut que les responsables publics donnent leur sentiment. Au bout du compte, beaucoup peuvent penser – et c’est mon cas - que l’intérêt de l’enfant passe en priorité par l’amour des parents : un enfant heureux est avant tout un enfant élevé par un couple qui s’aime, quel que soit le sexe des parents.
dsk
Merci à DSK pour cette note utile et argumentée. Utile parce que vous prenez position, ce que le PS, collectivement, ne sait plus savoir faire, sauf à proposer un lyrisme tiède (faute de leadership ?). Argumentée parce que vous replacez le débat dans la perspective de la lutte contre les discriminations. Vous êtes l'un des rares à gauche à développer une vraie vision, une vraie pensée politique. Vous avez de plus pris le temps de réfléchir à l'ensemble des critiques qui ont pu être formulées, tant sur la forme que sur le fond (ce qui montre que les post des internautes servent à quelque chose).
Suggestion : ce serait bien que ce genre de note soit rédigé pour d'autres sujets inscrits à l'ordre du jour du blog (Europe, inégalités, politique économique). Cela permettrait de faire un point après une série de réactions ou de encore de recadrer ou de relancer un débat.
Sur le fond, en ce qui concerne la question de l'adoption, vous mettez en avant la problématique de la référence à la dualité sexuelle dans le développement de l'enfant.
La psychanalyse nous offre sur cette question, et la décalant, quelques pistes de réflexion. En effet, sur le plan psychanalytique, Lacan voyait certes dans la forclusion du signifiant "Nom-du-père" le mécanisme de la psychose mais "pour que la psychose se déclenche, il faut que le Nom-du-père, forclos, c'est-à-dire jamais venu à la place de l'Autre, y soit appelé en opposition symbolique au sujet" (Lacan, 1966, cité in Dictionnaire international de psychanalyse sous la dir. de Alain de Mijolla). "Lorsque le sujet en appelle au Père pour garantir la loi qui dans l'Autre lui ménage sa place en même temps que son désir, il ne rencontre que le vide qui déclenche la cascade des métaphores délirantes" (Dictionnaire international de psychanalyse, p. 617).
Nous sommes donc dans le symbolique et non dans le Réel. La présence d'un père réel ne préserve pas le sujet de la psychose. La psychose de l'enfant, en tout cas dans la théorie lacanienne, est liée à la transmission de la Loi (symbolique : interdits de l'inceste, du meurtre, etc.) qui institue le sujet, mais non au choix d'objet sexuel des parents. Il n'a jamais été montré que l'homosexualité du couple qui éduque l'enfant induit une structure psychotique chez celui-ci. Un couple hétérosexuel ne "garantit" pas qu'un enfant ne devienne pas psychotique (la psychose est d'ailleurs un champ vaste qui peut se décliner de différentes manières). Ce qui importe, c'est de s'interroger sur les signifiants dans lesquels l'enfant est pris.
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 04 juin 2004 à 10:39
A ces précisions qui éclairent le débat, je voudrais ajouter qu'outre le "nom du père", les enfants peuvent désormais choisir de porter le nom de la mère.
Greg, je pense qu'il faut prendre quelques précautions avec les études que tu a citées, parce que l'étude française porte sur un échantillon restreint et que les études américaines jusqu'à récemment étaient surtout le fait de chercheurs homos. Mais les conclusions me semblent vraisemblables d'autant que les arguments sur l'absence de référent sexuel existaient déjà avec les mères célibataires, et qu'on a rien vu de particulier.
Sinon, le mariage a reçu un renfort de poids en la personne de M Le Pen soit même, qui bénit cette union d'un magnifique: si "des hommes s'aiment, après tout, pourquoi pas...». Il nous aura tout fait!!
Sur le cannabis, j'ai peur qu'on soit un peu hors sujet, mais il est clair que la sphère publique, au sens large, est totalement déconnectée de la réalité comme de l'évolution internationale. Et malheureusement Pierre, il n'ya pas d'hypocrisie: la loi est appliquée dans la mesure des moyens des tribunaux (encombrement), et particulièrement depuis la promotion du "chiffre": un usage de cannabis, c'est vite traité et c'est une infraction résolue dès qu'elle est constatée (le bonheur statistique!)
Rédigé par: Tonio | 04 juin 2004 à 11:35
La position de Le Pen était surprenante, ce qui l'est moins, c'est son explication donnée dans le Figaro!
http://www.lefigaro.fr/france/20040604.FIG0238.html
Rédigé par: Thomas | 04 juin 2004 à 12:28
Dont acte. Apparemment, c'est très mal passé en interne!
Rédigé par: Tonio | 04 juin 2004 à 14:13
Voilà une argumentation riche, cohérente et mesurée. Merci de cette dépassionalisation du débat.
Je suis assez d'accord sur ce qu'est devenu le mariage : "une institution sociale qui assure la reconnaissance symbolique de l’amour entre deux êtres, et qui lui accorde des droits (fiscaux notamment) ; et un contrat qui crée une solidarité juridique et financière"
Mais pourquoi ces avantages fiscaux ? Quel intérêt pour la société de les accorder aux seuls couples mariés ? N'est-ce pas là aussi une inégalité ou une discrimination ?
A l'origine, l'Etat donnait des avantages fiscaux aux mariés dans le but de favoriser ceux qui contribuent à son renouvellement : les avantages fiscaux et patrimoniaux visaient à une valorisation de la filiation officielle et à récompenser ceux qui produisent les générations futures.
A partir du moment où le mariage est dissocié de cette procréation, ce que je reconnais volontiers, ne doit-on pas purement et simplement mettre tous les couples sur un pied d'égalité, et conserver alors un mariage qui soit simplement un lieu symbolique (voire folklorique) d'officialisation d'une union, et représente un contrat de droit privé entre deux personnes ?
Sinon, on déplace simplement l'inégalité des couples mariés aux couples non mariés...
Privatisons le mariage : un contrat entre deux personnes qui ne confère pas d'avantages spaciaux, et ouvrons-le à tout le monde !
Rédigé par: versac | 04 juin 2004 à 15:22
Cher monsieur de Versac, vos idées sont aussi bien taillées que vos costumes...élégance, simplicité et justesse.
Rédigé par: tlon | 04 juin 2004 à 19:26
Versac,
C'est une remarque intéressante. Je signale que dans la plupart des pays européens, les déclarations fiscales se font de manière individuelle et non par foyer : il n'y a pas d'avantages fiscaux pour la mariage. Il y a en revanche des avantages fiscaux (ou des allocations familiales) pour les enfants.
Rédigé par: Olivier (équipe DSK) | 04 juin 2004 à 19:55
Je ne prends pas le temps de lire les commentaires. Je réagis à chaud. Je trouve que votre démarche est électoraliste à 100% , simplement. Et je suis déçu.
Je comprends le désir que peut avoir un couple homosexuel à avoir un enfant, normal, avoir un enfant c'est finalement le sens de la vie, mais, si on parlait AUSSI du droit des enfants : celui d’avoir un papa et une maman.
Tiens, je propose ceci : que l’on fasse un sondage auprès d’enfants avec la question : tu préfères avoir deux papas et pas de maman, deux mamans et pas de papa, ou un papa et une maman ?
Franchement, DSK, pensez aux enfants.
Rédigé par: Pascal | 06 juin 2004 à 00:44
Oups, mon commentaire est en ligne avant que je le termine.
Voila à nouveau la conclusion :
Franchement, DSK, pensez aux enfants, meme s'ils ne votent pas.
Rédigé par: Pascal | 06 juin 2004 à 00:49
Une nouvelle inégalité : entre ceux qui votent et ceux qui ne votent pas ?
Rédigé par: | 06 juin 2004 à 04:06
>Pascal, votre idée de de la famille idéale, des enfants et de leurs parents père et mère est elle encore réaliste ?
Combien d'enfants se retrouvent avec un parent unique, avec des situations très diverses ?
Vous voudriez interdire l'existence de ces foyers ?
Le mariage et l'adoption par des couples homosexuels est juste une façon de gérer une réalité quotidienne.
Comme je l'ai entendu dans une émission de télé, que préférez vous : laissez des enfants dans des orphelinats roumains ? ou leur permettre de se développer dans des foyers français qui leur apporteraient l'amour et la sécurité de vie ?
En plus, les situations entre les hommes et les femmes sont différentes. Si les femmes seules ou homosexuelles ont la possibilité d'élever des enfants, les leurs arrivés naturellement ou par insémination artificielle, pourquoi le refuser aux hommes ?
Ne pas le faire, c'est juste perdre du temps, et refuser de regarder la réalité en face.
Rédigé par: laurent_G | 06 juin 2004 à 04:42
Pascal,
le droit des personnes de même sexe à élever des enfants n'exclut pas celui des enfants à choisir leur cadre familial : ce pourrait être l'un et l'autre!
Vaut-il mieux pour un enfant grandir à la Dass ou dans un couple homo sélectionné avec soin? Mon choix est fait.
Rédigé par: Thomas | 06 juin 2004 à 08:47
Un peu réducteur non, le choix entre les enfants à la Dass ou les enfants élevés par un couple homosexuel, non ?
Si on pousse un peu j'imagine que vous serez aussi favorable pour les naissances in-vitro avec des mères porteuses et un prêt d'ovaires (ou de spermatozoides pour les femmes homosexuelles) pour que les homosexuels puissent avoir des enfants par eux-même ? Qu'en pensez vous ?
Qu'en penseront ces enfants la, qui ne viendraient pas de la Dass mais n'auraient juste pas existé autrement lorqu'ils grandiront ?
Je ne vois pas de limite à cette portee ouverte, vous prononcerez vous aussi en faveur des naissances d'enfants en dehors de couples ?(pourquoi pas dans ce cas la aussi une seule personne ne pourrait-elle pas avoir d'enfant toute seule sans compagnon ?)
Encore un peu plus loin: le clonage humain par exemple.
La question est notre limite à officialiser ce que l'homme fait de la nature, non ?
La nature nous a conçus pour que ce soit un homme et une femme qui fassent des enfants, pas un homme seul, pas une femme seule, ni deux hommes, ni deux femmes. Je ne vois pas pourquoi le fait que "c'est la tendance de toutes façons, il y en a de plus en plus" justifierait de considérer que tout devient normal, officiel et légal.
Autant je peux comprendre le mariage homosexuel, pourquoi pas, autant je ne conçois pas comment on peut imaginer d'imposer à un enfant de ne pas avoir de mère ou de père, c'est juste totalement contre nature et injuste pour lui, non ?
Sous quel prétexte pourraient ces parents homosexuels ou ces personnes seules choisir qu'un enfant puisse être élevé en dehors de ce que la nature nous a imposé à tous depuis les débuts de l'humanité ?
Dans le même sujet, j'ai trois garçons et mon épouse rêve d'une fille, ce n'est pas pour cela que nous irons artificiellement sélectionner le sexe d'un éventuel quatrième aux USA par exemple ou c'est autorisé. Pour moi c'est la même limite, celle de la nature et de ce que nous en faisons.
Rédigé par: Loïc | 06 juin 2004 à 11:07
Loïc,
Comment peut-on concevoir un enfant sans père ou sans mère? Mais il y en a déjà énormément (pour mémoire, le divorce est autorisé :-): beaucoup de femmes seules élèvent des enfants.
Sur l'adoption, il me semble qu'il serait assez bon de demander aux enfants ce qu'ils en pensent, avant de préjuger qu'ils préfèrent l'abandon à la vie dans un couple homo.
Rédigé par: Thomas | 06 juin 2004 à 15:16
Salut Thomas,
Le divorce arrive en général après la naissance, non ?
Sur l'adoption, je vois que tu n'es pas si tranché que cela ce qui me rassure, oui on peut leur demander, quand il sont réellement en age de juger, à 18 ans ?!
Rédigé par: Loïc | 06 juin 2004 à 22:12
Thomas, ce serait clean si tu signais tes posts "Thomas, de l'équipe de DSK".
Comme tout le monde je connais des femmes divorcées qui élèvent leur enfants, seules . Si tu veux, je te donne leur numéro de tel et essayes de joindre les enfants pour leur faire une super offre : « je te propose deux papas ou deux nouvelles mamans à la place de ta maman ».
Rédigé par: Pascal | 06 juin 2004 à 22:35
Et "je te propose deux mamans au lieu de ta chambre pourrie que tu détestes à la DASS ?", tu crois qu'il répondrais quoi ?
Ou à un petit Roumain : "Je te propose deux papas en France plutôt que la prostitution et la rue, tu préferes quoi ?"
Rédigé par: Greg | 07 juin 2004 à 02:05
Loïc,
effectivement, il y a deux problèmes distincts, la procréation médicalement assistée (PMA) et l'adoption. Pourquoi vouloir les grouper en une seule question? Nous avons à ce stade beaucoup plus d'études portant sur l'adoption que sur la PMA, sur laquelle il me paraît assez prématuré d'adopter une position. Certains cas d'aoption me paraissent simples à traiter. Un exemple : une homme est marié avec une femme, a deux enfants. Celle-ci meurt. L'homme se met en couple avec un autre homme, se pacse, et élève les enfants de son premier mariage avec son compagnon. S'il meurt à son tour, les enfants file à la Dass, quand bien même ils adoreraient leur beau-père. Est-ce bien normal? Paradoxalement, le beau-père a quelques chances de pouvoir adopter les deux enfants car l'adoption est ouverte aux célibataires (du moins s'ils ne déclarent pas ouvertement leur homosexualité): c'est bien toute la législation de l'adoption qu'il va faloir réaménager...
Pascal,
tu penses vraiment que je propose que les femmes divorcées perdent leur enfant au profit de couples homos? Quelle imagination!
Rédigé par: Thomas | 07 juin 2004 à 08:35
Le débat chauffe!
Sur l'opinion des enfants: encore faut-il qu'ils soient en âge d'en former une sur le sujet. Que je sache, ils ne sont pas nécessairement consultés pour être mis à la DASS.
Ensuite, je ne crois pas trop à la nécessité "papa-maman", avec le nombre de mères (et de pères) célibataires qui existent. Les études réalisées sur les enfants élevés par des homos semblent les mettre dans la "moyenne".
L'adoption par des homos est bien moins "contre-nature" que la relation homo elle-même, qui là pour le coup soulève des problèmes techniques.
Sur l'adoption des enfants, il faut noter qu'on en importe, alors que pas mal d'enfants sont mis à la DASS. Aparemment, il faut des bébés tout mimis, et ceux qui sont plus vieux, qui ont vécu, qui sont "abimés" trouvent difficilement preneurs.
Une note de prudence avec le mariage homo toutefois: on ne sait pas où ça mène, et vous verrez que bientôt ils demanderont aussi le divorce.
PS: sur la polygamie: une part de mes réserves vient de la gestion des allocs, sachant qu'en afrique, les enfants tiennent lieu de sécurité sociale, ce qui me fait craindre que l'on exacerbe cette logique. Mais j'ai appris que dans certaines CAF, sachant que l'on ne reconnait dans le couple que la première femme, les autres sont comptées comme mères célibataires et touchent donc plein pot par enfant alors qu'elles font partie du ménage. Ces difficultés, qui méritent au moins un débat, semblent pour l'heure être traitées au petit bonheur la chance par les admnistrateurs locaux des CAF, ce qui ne me semble pas sain.
Rédigé par: Tonio | 07 juin 2004 à 15:31
Bonjour, je dois faire un travail d argumentation sur les mariages gays, je suis pour mais je trouve pas d arguments, qqun pourrait il m aider svp?
Merci d avance
Christel
Rédigé par: Christel | 08 juin 2004 à 11:56
Je suis un jeune militant socialiste gay de Puteaux, et je tiens à vous adresser mes encouragements pour votre prise de position qui me réconcilie un peu avec les ténors du parti. Je regrette en effet que les Verts soient toujours en première ligne quant il s'agit de faire remonter des sujets de sociétés tabous. Certes les français ont de nombreuses autres préoccupations, mais l'engagement du débat sur le mariage Gay est certainement de nature à remettre les choses en place.
Rédigé par: Régis SADA | 09 juin 2004 à 12:03
Je ne comprends pas l'acharnement à parler de mariage homosexuel sauf à avoir des visées politiques ...
Mes valeurs, je tiens enormement à mes valeurs, font du mariage une union entre un homme et une femme dont l'amour est tel qu'ils décident de passer leur vie ensemble, d'avoir des enfants (s'ils le peuvent et le veulent), de les élever dans un cadre familial, etc ...
Je comprends et accepte tout a fait que 2 personnes du même sexe éprouvent les mêmes sentiments et désirent vivre et vieillir ensemble et se protéger mutuellement. Nous (hétéros et homos) avons le devoir de leur garantir les mêmes droits (et de les contraindre aux mêmes devoirs).
Mais je n'accepte pas qu'on parle de mariage homosexuel. Le terme de mariage appartient aux hétérosexuels depuis des siècles
Trouvons un autre terme : le pacs n'est pas suffisant, c'est clair. Crééons une union homosexuelle mais laissez le mariage tranquille.
Le respect des valeurs de chacun est fondamental. Respectez mes valeurs DSK, je respecterai les votres. Votre raisonnement est hallucinant : "Que représente, dès lors, le mariage dans la France d’aujourd’hui ? Deux choses : une institution sociale qui assure la reconnaissance symbolique de l’amour entre deux êtres, et qui lui accorde des droits (fiscaux notamment) ; et un contrat qui crée une solidarité juridique et financière"
Et mes valeurs dans tout ça ?
Quand à la possibilité d'élever des enfants dans le cadre d'une union homosexuelle, cette simple idée me révolte.
La base : pour son équilibre, un enfant doit avoir un pere et une mere qui vivent ensemble. Les echecs et errements des couples qui divorcent, boivent, se séparent, battent leurs enfants ou pire encore ne sont en aucun cas une raison de créer un nouveau cadre. L'adoption par des celibataires est profondement anormal. Que savez vous d'un enfant eleve par un couple homosexuel DSK ? Il est heureux parce que ses parents s'aiment ? "un enfant heureux est avant tout un enfant élevé par un couple qui s’aime, quel que soit le sexe des parents"
Surprise : Ses parents sont homosexuels ? J'ai du louper une avancee de la science.
Rédigé par: gilles | 11 juin 2004 à 11:38
Il a osé le dire:"légaliser la polygamie permettrait de donner des droits aux femmes en
France qu'elles n'ont pas aujourd'hui"
Tu m'as enervée pour 6 mois.
Rédigé par: rosalie | 12 juin 2004 à 21:43
Mais que vont faire les homosexuels dans cette galère ? On se fout pas mal de la reconnaissance de la société quand on aime....
Le mariage est avant tout un contrat et un contrat de rupture qui prévoit ce qui se passera en cas de divorce. Il suffit d'aménager le pacs...
La vraie question est celle de l'adoption :les couples homos accepteraint-ils la règle qui s'appliquent aux hétéros, à savoir le risque d'un enfant handicapé....
Rédigé par: Jocelyne | 14 juin 2004 à 11:46
Il y a beaucoup d'enfants handicapés qui attendent des parents, mais reconnaissons que les
couples candidats à l'adoption préférent un bébé
mignon et si possible blanc.
Je vous recommande la lecture de "la banalité de
l'homoparentalité"
http://www.liberation.fr/page.php?Article=215192
Rédigé par: rosalie | 15 juin 2004 à 15:01