Bonsoir,
je vous signale la parution d'un entretien que j'ai donné au Monde.
Je vous invite vous aussi à commenter les propositions de Nicolas Sarkozy pour le budget 2005. Entre la baisse de l'imposition des successions (payée par seulement 20% des Français) et l'absence de politique d'enrichissement de la croissance en emplois, j'ai bien peur que ce budget ne produise des effets économiques aussi injustes et inefficaces que ses prédécesseurs.
dsk
Bien joué pour cet entretien; alors que le ps se concentre sur ses luttes intestines il était nécessaire de ne pas oublier la critique (constructive) du gouvernement.
Je reste assez bluffé par la manière dont nicolas sarkozy arrive toujours à faire croire qu'il incarne un vrai projet politique. Si on s'intéresse à son bilan à bercy, sur quoi s'est-il vraiment engagé? la baisse des prix dans la grande distribution; c'était le grand événement "politique " de l'été, et quel est le résultat? Les magasins de la grande distribution cumulent la baisse obligatoire sur quelques produits qu'ils mettent en tête de gondole. Les prix des produits en général ne baissent pas mais les rasoirs (par exemple) enregistrent une baisse exceptionnelle. L'effet, sur la reprise de la consommation, de cette mesure complètement isolé est évidemment insignifiant.
Des rasoirs à moitié prix, voilà la seule chose dont peut se prévaloir nicolas sarkozy ce qui est sans doute suffisant pour être président de l'ump mais un peu court pour le reste....
Rédigé par: noam | 24 septembre 2004 à 10:05
Je partage nombre de vos remarques sur ce budget. Une des principales est l'absence de maitrise des dépenses, et lartifice que consiste à transformer une subvention en crédit ou baisse d'impôt. C'est un des actes les plus malhonnêtes de ce budget, dans son intention.
Ceci-dit, je vous trouve moins convaincant sur l'emploi. Vous critiquez les initiatives du gouvernement en la matière, qui ne me paraissent pas à rejeter d'u nrevers de main, ne proposez pas de solution alternative véritable (relancer la croissance, certes, c'est précisément ce que tente, mal, le gouvernement), et vous contentez d'une glorification du bilan du gouvernement Jospin, qui a bénéficié d'un conjoncture très différente.
Je partage votre avis sur l'ijstrumentalisation des délocalisations par M. Sarkozy, qui partage ici cette démagogie avec M. Fabius. Cependant, les premières pistes de créations de pôles de compétitivité pourraient être saluées, même si elles se contentent encore trop de simples mesures fiscales.
N'étant pas obligé du travail d'opposition, je trouve donc l'exercice plutôt réussi, et pas trop malhonnête.
Rédigé par: versac | 24 septembre 2004 à 15:33
Versac,
je ne suis pas d'accord avec toi sur deux points :
-l'environnement international est aussi bon, sinon meilleur, qu'il ne l'était à la fin des années 1990. La croissance mondiale sera supérieure en 2004 à ce qu'elle était alors. Néanmoins, nous n'en profitons pas autant, et ce pour au moins deux raisons. Il y a moins de croissance dans les pays vers lesquels nous exportons le plus, si bien que la croissance de nos exportations n'est pas fabuleuse. Le gouvernement n'en est pas responsable, sinon qu'il ne semble pas véritablement s'être préoccupé du sujet. Deuxième point : l'euro reste fort, ce qui impacte négativement notre solde commercial. La responsabilité gouvernementale y est plus manifeste dans la mesure où nous n'entendons pas depuis deux ans de discours un tant soit peu vigoureux sur le taux de change, discours susceptible de modifier les paramètres essentiels de la détermination des cours de change (taux d'intérêts, anticipations de croissance, émissions de titres de dette, évolution des déficits publics). L'euro fort est assez largement la conséquence d'une démission des Etats européens sur la question du cours de change, quand la BCE poursuit en silence une politique assez restrictive, qui induit une appréciation de notre monnaie, une dépréciation de notre solde commercial et une croissance moins forte que ce que nous pourrions avoir avec un policy mix plus efficace.
-deuxième point : l'enrichissement de la croissance en emplois. C'est un des effets les moins connus des 35h, mais elles ont contribué à abaisser le taux de croissance à partir duquel l'économie commence à créer des emplois. Le gouvernement n'a, me semble-t-il, pas de discours sur ce sujet...
Enfin, à titre personnel , je trouve ce budget aussi caricatural que les précédents en terme de justice sociale (si ce n'est que la promesse chiraquienne de baisser l'IR a disparu au profit de la réduction de l'imposition des successions, que je ne commenterai pas ici, dsk l'ayant déjà fait dans son article).
Thomas
Rédigé par: Thomas (équipe DSK) | 24 septembre 2004 à 17:01
Sarko nous presente son premier et dernier budget avant 2007, la meme ligne conduite, il rassure les plus riches avant la présidence de l'ump.
La question de l'emploi va etre reglé par le personelle de maison (metier d'avenir selon lui, en effet vu l'exoneration il y a qui vont embaucher (et moi qui croyait que l'avenir c'etait le textile lol ).
Pour le reste le ministre de la cohesion sociale s'occupe de tout.(il n'etait pas de gauche a l'origine???)
Ce n'est pas seulement sarko , tout ce gouvernement est de l'esbrouf, raffarin qui va etre senateur dimanche et notre ministre de l'interieur qui se pointe pour la place.
Je ne sais pas qui organise ce jeu de chaise musicale mais une chose est sur, lui au moin il est créatif...
Ce gouvernement n'a rien compris a l'essentiel pour que la france reparte, il faut la confiance des francais pour cela il faut une politique innovante, ambitieuse et juste.
Ce qui est fort, c'est le nb de personnes qui peuvent croire c'est bobards, c'est peut etre ça le plus dangereux.
Rédigé par: fred | 24 septembre 2004 à 17:03
Thomas,
je ne vois pas le rapport entre 1990 et aujourd'hui, ou plutot j'espere qu'il n'y en pas.
En effet les années qui ont suivie jusqu'en 1997 n'etait pas d'un point de vue economique les plus glorieuse de notre pays seul les usa sous clinton ont eu une economie dés plus fructueuse.
Notre pb est plutot franco français, on peut avoir des prévisions de croissance mondiale de 4.5 pendant des années tant qu'il n'y aura pas d'innovation on basculera obligatoirement vers l'immobilisme
Rédigé par: fred | 24 septembre 2004 à 17:29
fred,
Le problème est justement de raccrocher les wagons à la croissance économique environnante. En 1995, la croissance avait redémarré en europe, sauf en france. C'était l'époque où en guise de politique économique, le gouvernement Juppé augmentait les prélèvements obligatoires de 100 milliards avec un succès visible en termes de relance.
L'arrivée de la croissance à la mi-fin 97 n'a pas été une divine et imprévisible surprise, mais elle venait d'une modification de la politique suivie (et en particulier des emplois-jeunes qui ont eu un effet très rapide). La droite qui s'était dissoute "faute d'avoir pu l'anticiper" n'en aurait donc sans doute pas béneficié, ou en tout cas pas avec la même force.
Or le gouvernement Raffarin suit une politique tirée du même tonneau. Si "les impôts n'augmentent pas", celà dépend pour qui. Les exonérations des uns sont les hausses appliquées aux autres. Et n'oublions pas la hausse des charges sociales (pour les travailleurs) et la décentralisation concue comme un report financier à destination des impôts locaux.
Faut-il encore s'étonner que la croissance soit un peu molle en France, alors qu'elle est plus forte au niveau mondial? La danse du ventre sur les prix de superette est une aimable plaisanterie!
Rédigé par: Tonio | 24 septembre 2004 à 19:50
Qui s'étonne ou fait semblant de s'étonner que la politique économique du gouvernement Raffarin, avec comme pilote aux finances, le cher Mr Sarkozy allait prendre un tournat social.
Le bidget 2005 n'es que le reflet d'une conception de l'économie qui met au centre du centre l'intérêt individuel. Citoyens, citoyennes de la moyenne et haute société, ne vous en faîtes pas, Sartko pense à vous; alors une seule chose à vous dire: profitez-en, enrichissez-vous!. Cette conception de l'économie, s'inscrit dans un courant libéral, avec par moment des teintes d'interventionnisme jacobin, pour donner l'impression, ou plus particulièrement, pour ne pas assumer ses propres choix libéraux (comme le cher Madelin qui assume totalement). En effet, il s'agit de centrer son attention sur le mérite individuel, sur la rationalité individuelle. Comme si l'individu était isolé, comme si son activité était déconnectée des autres dimensions de son être, et de son environnement social.
-l'exemple le plus frappant est le débat sur les 35 h, sur la politique de détricottage systématique d'une mesure, qui si elle a eu des insuffisances (hopital), a eu le mérite de partager le travail pour un plus grand nombre d'individus. Dc à enrichir la croissance par la consommation. Or ce gouvernement, préfère tenir un discours sur la valeur travail qui date du 19 ième siècle, et favoriser l'enrichissement individuel, où le supposé enrichissement, en prétendant faire des heures supplémentaires pour gagner plus: travailler plus pour gagner plus. Or ce n'est pas le salarié qui décide de faire des heures supplémenataires, celles-ci n'étant pas toujours payées (récupérées, compte epargne temps, ...). On a vu qu'avec la loi Fillon, seules 14 branches sur 264 ont profité de l'assouplissement Fillon pour faire faire des heures supplémentaires. On a trompé les gens. Les entreprises font faire des heures sup quand les carnets de commandes sont remplies, ou que l'horizon se dégage.Il n'en rien était. Le risque, la tentative est grande pour ce gouvernement de pousser à l'extrême le raisonnement. Un projet de mutualisation des heures sup sur 1 ou 2 salariés est dans les cartons du gouvernement. Il s'agit de faiure faire un maximum d'heures sup à 1 salarié ou 2, sans embaucher en cas de surcroit d'&ctivité. La croissance risque dc de se traduire par la faible création d'emplois, comme aux USA.
Sur le reste du budget, les exonérations d'impots sur les droits de succession, pourquoi pas après toute une vie de dur labeur. Les parents qui se sont sacrifiés pour constituer un petit pécule pour leur enfant, dans un contexte économique difficile, où l'emploi se fait rare. Pour l'etat doit -il encore pomper cet argent après la mort d'un être cher. Ok pour la solidarité nationale mais dans des proportions soutenable. Il ne s'agit pas d'être rentier, mais de pouvoir mieux débuter dans sa vie professionnelle.
-Pour finir n'ayez pas de discours tout fait sur la maitrise des dépenses publiques. Ilsuffit de relire le plus grand économiste du 20 siècle, Keynes, qui était un libéral (sens anglo-saxon, gauche chez nous, mais ayant fait fortune en bourse) préconisait d'activer les dépenses publiques, les dépenses actives qui vont injecter des liquidités dans le circuit économique (grands travaux, conso) ou celles qui vont préparer l'avenir, comme l'innovation, l'éducation, la recherche.
Puis sur ces fameux prélèvements obligatoires, arretons la langue de bois, les discours formatés pensée unique. Regardez les pays Scandinave, Suède, Danemark, ... ont des taux de prélèvements de 50% avec des taux de croissance supérieur au notre, ainsi que des taux de chomage moitié moins élévé. Il n'y a aucun lien économique et mécanique entre le taux de prélèvement obligatoire et le taux de chomage ou de croissance.
A quand DSK nous formulera quelques pistes de réflexion pour traiter de la question des délocalisations. Car ses propositions ne sont applicables que sur le moyen et long terme. Que fait-on dans le court terme pour faire face à la détresse sociale?
Rédigé par: jerome | 24 septembre 2004 à 22:32
jerome :
il me semble que l'on a appliqué pendant longtemps des politiques keynésiennes, puis ça c'est déréglé à partir de 1972. Il faudrait peut-être expliquer pourquoi avant de nous présenter ça comme une solution ?
Les Etats-Unis détruisent chaque année 20 millions d'emplois et en créent un peu plus. Parler de faible création d'emploi est donc absurde.
Le Danemark et la Suède ont mené des politiques que l'on qualifierait en France d'ultra-libérales pour réformer leurs systèmes.
De plus, au niveau des prélèvements, comparons ce qui est comparable. Dans ces pays la protection sociale est prise en charge par l'Etat, c'est à dire que vos "prélèvements de 50%" l'incluent. En France on fait semblant que c'est à part, donc les entreprises en payent une partie, les salariés une autre, et l'Etat une troisième en empêchant systématiquement la faillite des organismes chargés de l'assurer. Tout ceci pris en compte, nos prélévements dépassent probablement ceux des pays que vous citez en exemple. A ceci près que c'est complexe, donc pitetre et pitetre pas.
Le budget de Sarkozy est surtout chiraquien, c'est à dire tout et n'importe quoi. Au vu de la longue carrière de l'homme politique en question, c'est probablement habile.
Rédigé par: lionel | 25 septembre 2004 à 04:12
Jérôme,
DSK a formulé des propositions pour lutter contre les délocalisations. Envoie-moi un mail sur melonio@gauche-en-europe.org et je te fais suivre ça.
Thomas
Rédigé par: Thomas (Equipe DSK) | 25 septembre 2004 à 12:18
Tonio,
Justement on a le point de vue sur le pb.
Il faut raccrocher les wagons mais pour cela il faut être innovant pas besoin de parler de keynes ou autres économistes , il faut créer d’autres concepts , c’est la seule solution.
Pour cela il y a une multitude de choses a faire :
-comprendre comment on va faire évoluer notre économie avec les économies des pays emmergent
- analyser l’impact des mouvement alter.
- Comprendre comment va évoluer la façon de consommer des français (on se dirige vers une consommation plus responsable)
- Changer notre façon de concevoir l’emploi ,nous ne sommes plus dans le plein emploi.
- Redonner un véritable projet a la France .
Il y a qq pistes a suivre :
Nouvelles techno.
Environnement.
Service.
Un exemple je suis a la base developpeur web apres 2 années difficiles le web revient avec de belles perspectives, désormais je veux me diriger vers le webmarketing , eh bien je peux te dire que si pour le web on reste avec la ménagère de –50 ans comme concept de base on va droit dans le mur (ce concept marketing crée par les lessiviers américains au milieu du siécle dernier).
N’ayons pas peur de demain , soyons créatif avec une politique différente et là il y aura des résultats pour l’instant on tourne en rond.
C’est pour cela que je dis que pb pour le moment est franco français , un ensemble fait de peur et d’immobilisme.
Un exemple 2002, regarde lionel jospin a un bilan plus que respectable la droite matraque sur l‘insécurité et il perd les éléctions .Le français est tellement flippé qu’il en perd ses repères.
Voilà mon analyse .
Rédigé par: fred | 25 septembre 2004 à 13:38
La grande désillusion vient aussi de nouvelles tentatives de l'etat pour se défausser sur les collectivités locales:Alors que le gouvernement annonce des baisses d'impôts, il renie ses promesses de financement des transports publics des grandes agglomérations et leur suggére d'augmenter les contributions locales pour contrebalancer ces reniements.
C'est ainsi 50 milions d'euros promis aux tranports en commun du Grand lyon qui partent en fumée.
Rédigé par: romain blachier | 25 septembre 2004 à 14:36
Sarkozy est un grand homme.
Au niveau de l'esbrouffe cet homme est difficile à battre! Que de fumées!
Le roi ,que dis-je, l'impérator de la finance .
Déficit de la France ,1100 milliards d'Euros.
Il n'a pas changé grand chose, cela ne vaut pas un pet.
Au fait ,Sarkozy est élu, deuxième homme politique préféré....... des adhérents du FN.
Sarkozy se dévoile dans la tendance Tatcheréganienne, en un mot.
Rédigé par: den666 | 25 septembre 2004 à 16:54
A la limite cela n'est pas grave de qui il est favori, c'est surtour les absences pointées par DSK dans son budget et cet illusionisme (j'éspére que ce n'est pas un néologisme!) qui fait d'un côté diminuer les impots des plus aisés pour se défausser sur les impôts des collectivités locales (cf l'exemple des transports en commun).
Rédigé par: romain blachier | 26 septembre 2004 à 12:19
Cher Dominique,
Vous pointez les inconsistences du discours de Sarkozy sur les délocalisations en suggérant un développement de l'éducation et la formation en guise d'alternative. Ma question va vous sembler outrageusement naïve mais, de quel pays parlez-vous ? S'il s'agit des nôtres, ne s'agit-il pas là d'un moyen de transformer nos pays "riches" en une sorte de méga-city de Londres et de transformer les nouveaux membres dits "en voie de développementé en nouvelles banlieues ouvrières ? Auquel cas il est davantage certain de conserver un leadership politique et intellectuel, mais si vous évoquez plutôt la politique inverse, il est vrai plus louable, ne pensez-vous pas que ça ressemble à une attitude de mise sur la touche d'un problème épineux et urgent ? En effet, la stimulation de l'éducation et de la formation chez les nouveaux membres suggère du temps et des moyens financiers considérables sans compter une réelle volonté politique à l'échelle européenne. En outre, je ne vois aucune raison à court terme pour que ces membres refusent d'accueillir des sociétés étrangères désireuses de délocaliser leur production de masse au profit d'hypothétiques subsides bruxelloises qui ressembleraient fort à une dette.
En résumé, est-ce que le contrôle des délocalisations ne passe pas par une réglementation claire, draconienne mais évolutive à l'instar d'un grand frère qui accompagnerait la croissance de son petit frère jusqu'à ce que celui-ci comprenne bien les règles du jeu pour ne pas déséquilibrer la famille (sic)?
Ou bien passera-t-il plutôt par le pari sur le long développement de l'éducation (c'est-à-dire de la culture et des mentalités) dans l'espoir que le nouveau membre accepte de se fondre dans l'identité qui s'est au préalable dessinée sans lui et qu'il pourrait peut-être un jour renverser par sa seule puissance politique ou économique ?
En attendant, ne pensez-vous pas qu'il soit urgent de protéger la fragile reprise économique actuelle et de fixer au plus vite des règles qui puissent apprendre aux nouveaux joueurs comment cohabiter dans l'espace européen dans un esprit durable mais qui ne soit ni protectionniste ni totalement utopiste ?
Rédigé par: Meursault | 26 septembre 2004 à 18:39
Pour une fois qu'un ministre se bouge pour faire avancer les chose, je trouve la critique un peu facile et deplacee.
Rédigé par: pierre | 27 septembre 2004 à 02:37
Bonjour,
Voilà pourquoi le socialisme est mort, enterré par Mitterand puis Chirac. Le seul développement possible se fera selon le principe de ségrégation de classe. Que les meilleurs et les plus performants gagnent, les miettes aux perdant.
La seule solution, c'est la réforme monéthique que j'ai suggéré. Il n'y en a pas d'autres
25/09/04, France Inter, j’ai écouté attentivement un géographe faire état de la scission sociale dans les grandes villes. Il s’agit là d’une lame de fond dont l’origine se situe dans les années 1980, mais dont l’amplitude maximale se vit actuellement, sans pour autant que l’on puisse anticiper un renversement de tendance, ce serait trop espérer des politiques, ou alors une décroissance importante, l’économie étant solide. Néanmoins, une décroissance faible n’est pas à exclure, car elle est l’expression même des systoles et des diastoles inhérentes à la dynamique capitaliste. Nul besoin d’aller s’emmerder sur les bancs d’une fac d’économie pour comprendre cela. Les cours de la bourse et de l’immobilier en sont la claire illustration.
D’après notre géographe qui vient de publier conjointement un atlas des nouvelles fractures sociales, c’est le prix de l’immobilier qu’il faut prendre en compte. Avec en parallèle, la réorganisation des populations dans les grandes villes. Ce processus est particulièrement visible à Paris et dans les grandes zones urbaines de province, Bordeaux, Rennes, Nice. Il se produit une colonisation par la nouvelle classe bourgeoise, les bobos, de quartiers auparavant occupés par des couches dites populaires. Ce qui n’est pas sans engendrer quelques tensions paraît-il. Quoi qu’il en soit, les couches populaires, qui sont loin d’avoir disparu, sont rejetées dans la lointaine banlieue alors que la proche banlieue est-elle aussi occupée par des couches plus aisées. La réorganisation de l’économie y est pour quelque chose. Les entreprises high-tech s’implantent dans ces zones bien plus attractives pour les cadres. Et bien évidemment, le calcul prend en considération la proximité des Universités et des Ecoles, ce qui n’est pas un moindre avantage quand on prévoit les études de sa progéniture. Un studio pour étudiant coûte cher, un logement du Crous étant aléatoire. Il est évidemment exclu qu’un fils de cadre aille en apprentissage.
A vue de nez, je pense qu’il devrait y avoir un reflux vu la crise actuelle et les limites du marché. C’est ce qui s’est passé au début des années 1990. L’immobilier avait fortement flambé pour atteindre un pic autour de 1990 si ma mémoire est bonne. Je m’en souviens, ma frangine avait acheté un logement à un prix surévalué. Puis une chute et je m’en souviens aussi. C’est mon ex qui après notre divorce en 1994 est devenue propriétaire d’un T4 dans un quartier chic. Je n’ose pas dire le prix ça ferait des jaloux. Ensuite, lente reprise, la nouvelle économie entre en scène, la bourse flambe puis c’est le réajustement. Les uns ont perdu les autres ont gagné et le surplus entre pour une bonne part dans la monté des prix de l’immobilier en centre ville. Le restant se concentre dans les produits de luxe. Il se dit que Porsche a multiplié par trois ses ventes depuis cinq ans
Ce que j’ai entendu ce matin à France Inter coïncide en fait avec toutes les analyses que j’ai publiées sur ce blog, et notamment le fait que les médias taisent le phénomène, sauf pour informer les bobos qui achètent le supplément local du Nouvel Obs ou de l’Express pour s’enquérir du marché de l’immobilier et cibler les lieux in et ceux qui sont out. Quand je dis, suivant en cela le géographe invité à la radio, que les médias occultent le phénomène, c’est du point de vue du sens social et politique. Car pour une Nation qui ne cesse de se réclamer de l’égalité, de la mixité sociale, de la solidarité, de la lutte contre la fracture économique, eh bien ça fait plutôt désordre et ça nous universalise quelque part mais pas où les intellectuels voudraient nous conduire. La France, comme les Etats-Unis et la Chine, sont depuis les années 1980 dans une économie ségrégationniste, vantée au nom du progrès technologique et justifiée par une sorte de darwinisme social. Les plus performants doivent gagner plus. La réorganisation des centres urbains est inéluctable. Ici en France elle a pris un tournant adouci par rapport à la violence du phénomène dans les années 1980, lorsque la concurrence japonaise, associée à la robotisation des industries, a fait que des quartiers entiers de Détroit ont été déserté par les classes moyennes. Quand je dis déserté, ça veut dire laissé à l’abandon, laissé au squat pour solde de tout compte. Quant à la Chine, son économie ne peut pas profiter au milliard d’individus et se concentre autour de quelques zones urbaines. La Chine est définitivement intégrée à l’Occident. Un signe qui ne trompe pas, elle a son grand prix de formule 1, au même titre que la Hongrie qui du temps de l’URSS, était la plus libérale au sein du bloc de l’Est.
La France peut bien fustiger la violence économique aux USA, elle prend le même chemin. Le problème, c’est que contrairement au Anglo-saxons qui reconnaissent le phénomène, ici, les journalistes, les intellectuels et les politiques en ont fait un tabou et prétendent même qu’ils agissent pour aller dans une direction contraire avec force indignation doublé d’un soi-disant volontarisme. Pourtant, la suppression du prêt à taux zéro et l’ensemble des évolutions fiscales accentuent les dérives économiques. Raffarin est généreux, la prime pour l’emploi est augmentée de 4 pour cent. Le con de journaliste présente cette mesure comme étant en faveur des classes populaires. Ce qu’il ne dit pas, c’est que ce cadeau permet d’acheter deux paquets de clopes !
Dernier point d’importance. Notre géographe a mis l’accent sur la complicité entre les médias, les politiques et les classes moyennes supérieures. Ces gens là lisent les quotidiens nationaux genre Libé, le Monde ou le Fig, autant que les hebdos, Point, Nouvel Obs, Express. Les éditorialistes renommés occupent le papier journal, sous la direction de la rédaction composée des permanents. Or, ces journalistes en font partie, de ces classes moyennes sup. Et donc, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’ils approuvent le monde politique, non sans quelques piques traquant les personnes plus que les actes et les idées. Bref, presque du tabloïd bobo de gamme intellectualisé, mais vendu pour une pensée critique de la société. Quant à l’Huma, dernier bastion de la presse populaire, il est bien isolé et peu attractif, la complainte sociale étant assortie d’un discours profondément et bêtement idéologique. Et Borloo, lit-il l’huma ?
Comme si les services de proximité étaient le salut des exclus, super Borloo annonce un super plan d’aide aux personnes, capable de générer des millions d’emplois. Il se sent pousser des ailes, surtout depuis que la mouette a été sanctifiée par notre prophète poète de Villepin. Mais méfions-nous. C’est quoi ces emplois et comment les financer ? Je vois venir le coup. Encore du travail payé au Smic si bien que le plan Borloo ne fera qu’institutionnaliser la séparation entre classes populaires et classes supérieures, mais comme ça fleure bon l’aide, la solidarité, alors la mouette Borloo sera intronisée comme l’abbé Pierre de la politique sociale. Nous sommes bien en 2004. Soit cinquante ans après l’hiver 54 qui vit l’ecclésiastique préféré des Français lancer son appel pour les déshérités.
Que dire de plus ? Faut-il accepter que le monde se transforme dans ce sens en prenant en compte le fait qu’il n’y a pas d’alternative (pour moi, la doctrine socialiste-étatique est devenue obsolète) ?
On a cru pendant les Trente Glorieuses que l’économie permettrait à tous de progresser en terme de niveau de vie, avec une croissance partagée. En plus, ça a si bien marché que nous en avons été aveuglés et quand le virage des années 1980 a été pris, nous avons mis vingt ans pour comprendre, et encore, la plupart n’ont pas encore vraiment saisi. Le développement social des années 1950-1970 fut perçu comme quelque chose d’évident, de souhaitable, de gérable. Ce que nous n’avons pas réalisé, c’est que ce qui s’est passé dans ces années là, en Europe au Japon mais aussi aux Etats-Unis de l’après Roosevelt, eh bien c’est dû à un ensemble de conjonctures spéciales. La volonté de sortir de l’après-guerre, une politique protectionniste et redistributive, une structure de l’appareil productif et monétaire. Cette période a duré trente ans. A-t-elle été une exception dans la maintenant longue histoire du capitalisme ? Trente ans, c’est peu comparé aux trois cents ans du capitalisme.
Rédigé par: Fulcanelli | 27 septembre 2004 à 11:12
amha, l'exonération des droits de succession, le "peuple" le demandait depuis très longtemps, quelque soit les partis..
Il ne s'agit d'ailleurs QUE d'une revalorisation normale, d'ailleurs pas assez, car il faudrait quand même tenir compte un jour de l'évolution des prix, dans les réglementations des impôts...
La moindre masure, le moindre m2, a tellement augmenté de prix qu'hériter d'un bien acquis avec les moyens d'un pauvre fait passer l'enfant dans la catégorie des riches, juste à cause de la valeur actuelle de vente du bien.
Cela n'était pas normal ni juste socialement ....
Enfin, jetez un oeil sur les prix de l'immobilier aujourd'hui, un salarié de base s'endette sur 30 ans pour acheter un 3 pieces en province.. et encore... si sa femme travaille.. regardez ce que l'on a pour 100 000 euros en France.
rien... même pas le terrain.. rajoutez dessus les frais d'achat, les intérets des emprunts , l'entretien, les taxes foncieres, les impots locaux, toute la vie.......
Vous trouvez pas que cela suffit ???
Il y a d'autres aspects du plan sarko plus négatifs, et je vous suis totalement pour ceux là, en particulier le prèt à taux zéro.
Sarkozy a un avantage , il écoute, et il réagit à ce qu'on lui dit, d'en bas..
Il ne s'occupe que très modéremment de l'opinion de l'Ump et des courants, il la joue perso, à fond à droite, quitte à bousculer un peu. Bien sur, c'est de l'opportunisme, mais quand c'est utile et juste pourquoi-pas ?
Il a pensé son plan en prévoyant à l'avance votre réaction négative d'emblée , et les réactions de l'opinion publique, positives..
Vous êtes tombé dans le piège, me semble-t-il.
Et il a marqué le point, désolé .. :-(
Tout le monde espére un jour être "chez lui", tout le monde ne le peut pas et de toute façon, tout le monde trouve abusif de la part de l'état les droits de succession sur la résidence principale pour les héritiers directs, même ceux qui en ont pas.
Il faut aller bien plus loin, et l'exonérer totalement .
Je veux bien me sacrifier, car c'est de cela qu'il s'agit pour les milieux modestes, mais à condition que cela serve..
On aurait pu s'interroger plutot sur les dissimulations à l'impôt, par des montages financiers compliqués, hors de portée d'un ménage, et qui permettent à des gros investisseurs ou héritiers d'échapper souvent en totalité à la contribution, l'administration fiscale elle meme avait dénoncé plus de 400 niches fiscales, et la complexité des montages.
Là, il y a quelque chose à faire, vraiment, ce sont de grosses sommes en jeu.
La vraie question reste comment faire pour qu'un francais de base puisse acheter actuellement... car, c'est devenu impossible, vu le ratio salaire touché/ mensualitées.
On assiste dans l'immobilier à une hausse de prix irraisonnée, basée sur des achats soit d'institutionnels ou de groupement financiers, donc qui ont les moyens, y compris de ne pas ou de ne moins payer d'impots, soit d'étrangers, sans que cela soit péjoratif, qui eux ausi sont prèt à investir plus que le prix du marché pour avoir le plaisir de s'installer en France. C'est un phénomène dont il faudrait tenir compte. Cela s'amplifie..
Pourquoi-pas?
p-s: aujourd'hui rentre en vigueur la loi perben II, dont il y aurait beaucoup à dire :-(
Rédigé par: Pourquoi-pas? | 27 septembre 2004 à 12:36
Pierre,
Ne vous méprenez pas sur la nature de mes questions. S'il y a parfois des questions naïves, c'est parce que je suis partisan de la vulgarisation et de la synthèse. Je considère que si un abruti comme moi comprend clairement la vision de DSK (ou d'un autre) sans m'être paluché l'intégrale des projets de constitution de VGE, c'est qu'il s'est exprimé à peu près clairement ! Il n'y a pas de critique "facile", juste l'envie de comprendre.
Rédigé par: Meursault | 27 septembre 2004 à 12:58
Chaque humain a un sceau d'eau, avec il peut, éteindre un incendit, ou faire pousser les fleurs de son jardin.
P.S : La gauchedoit se réunnir autour de Ségolaine ou de vous, sinon nous perdons les présidentiels, ce que je refuse, la rose au rosier, ou : d'un fruit qu'on laisse pourir a terre peut encore pousser un arbre et de cet arbre des milliers de fruit.
Rédigé par: hnov4kery | 27 septembre 2004 à 16:00
Il faut dumper l'overflow cash et rediriger un susback de courte periode sur l'afrique, ce qui augmentera l'expansion asiatique
Rédigé par: hnov4kery | 27 septembre 2004 à 16:11
La vraie question
Est-ce que le militant socialiste (comme celui du PC ou de l'UMP) est capable de penser par lui-même, faire sienne les idées qu'on lui transmet ou alors n'est-il que l'adepte d'une secte politique ?
Drôle de question ! Elle m'est venue spontanément ce soir, comme d'autres soirs
Rédigé par: Fulcanelli | 27 septembre 2004 à 22:39
fulcaneli a beaucoup aimé son adolescence.
Yo dominique, sur les tofs de ton typepad y'a un reflet, bon certe si la clarté Athéniène vient de gauche, etc....
L'url de la photo sans le reflet
http://img6.exs.cx/img6/3794/dsk03.jpg
Rédigé par: hurlante nova | 28 septembre 2004 à 00:20
faut dire a stephane le soliec que la case a cocher : "Conserver mes coordonnées ?" , ne fonctionne pas
Rédigé par: http://www.webmag2007.tk | 28 septembre 2004 à 05:39
franchement j'irais jamais voter depuis que le maire PS du 9eme a fermé le thêatre du collectif 347 - cité chaptal -
Néanmoins, dans mes pires cauchemard jamais je n'aurais put envisager le scenario des dernières éléctions présidentiels. Et dans ce sens, certe la old school du rpr est constitué d'ânes accablants, mais n'oublions pas que le dit Starko-zi a contré en debas tv l'homme tout blanc du fachisme, je suis de gauche, mais devant la tv, Starko ce jours la c'étais le Ché libérateur. C'est a peut prés pourquoi la gauche n'a plus du tout le droit a l'érreur, ne serais ce que pour "que nos enfants puissent dormir en paix et vivre libres", d'ou l'importance de votre réussite, il ne sagit pas seulement de prendre le pouvoir, mais avant tout d'assurer la démocratie.
Et je pense que la france, j'enttend le sol fécond délimité par des paprasses et de la culture familialo-nationnale, a besoin d'une de ces deux choses lors des présidentiels :
- Soit que tu sois élue pour battre a l'aise au bras de fer Bush et Poutine (si t'a des plans sur le caviar ou des skates board pas cher previens moi), du moins être Zarathoustratement crédible.
- Soit que segolene royal soit élue, ce qui selon moi serait le quatrième plus grand évènement de l'histoire française, bien avant :
- la performance artistique et TV de François Mittérand à l'odéon "la rose au rosier" car il faut en effet croire en la force des symbôles.
- La naissance d'arthur rimbaud.
- L'invention ou adaptation du mot : aimer
Rédigé par: http://www.webmag2007.tk | 28 septembre 2004 à 06:08
Laurent Fabius annonce qu’il publiera un ouvrage sur les deux France, pas celle d’en haut et celle d’en bas mais celle qui espère et celle qui déchante. Il y a deux types de français, l’un a de la lumière dans l’écran qui diffuse son avenir et l’autre du brouillard. Voilà de quoi introduire à la météorologie socio-politique. Notre Laurent Fabius a bien changé. Je ne le savais pas si préoccupé de la fracture sociale. Dans son précédent livre, il nous la jouait biker en 125 centimètres-cubes de chez Kiloutou. Maintenant, c’est la version samu social. Voilà l’occasion mon cher Laurent de troquer ton petit cube pour un monospace, quoique, je ne sais pas s’il est assez grand pour récupérer toute la misère sociale semée sur la route du destin national. Au point ou on en est, ce n’est pas un monospace mais plusieurs tankers qu’il nous faudrait.
Fabius confirme ce que j’ai dit précédemment en commentant la situation de l’immobilier. La France entre dans le schème universel de l’économie ségrégationniste. Et rien ne peut arrêter le processus. J’ai observé hier chez Arlette Chabot nos deux ennemis de classe, Sarkozy, entrepreneur dans le textile et membre du Médef, face à Aguitton de l’association Attac. Hélas, il n’y a pas photo. D’un côté d’assurance d’un G.W. Bush et de l’autre la morgue d’un J. Kerry. Sarkozy, je l’ai trouvé très combatif et très convaincant. Ce doit être de famille. Quant au militant de la CFDT, lamentable, à servir des cas particuliers pour raisonner sur la globalité. Il est certain qu’avec ce genre d’argument, le camp des entrepreneurs mondialisés peut avancer sans opposition.
Quoi qu’il en soit, il en est des délocalisations comme de l’insécurité en 2002. Un thème rabâché au delà de son impact réel et pouvant servir à des fins électorales. Quoique, la délinquance est un phénomène plus important que les délocalisations qui par ailleurs touchent autant sinon plus les Etats-Unis. Le jeu de l’économie est à somme positive mais on ne médiatise que les perdants, autrement dit les délocalisations. On oublie que la France profite plus de la mondialisation qu’elle n’y perd. La France est un pays riche. Elle ne peut arrêter le processus et comme le dit Sarkozy, ce serait illusoire de croire le contraire. Il a dit une chose vraie, à savoir qu’on peut ralentir ou accélérer le phénomène. C’est mon avis aussi. C’est bien pour cette raison que j’ai suggéré les deux modèles libéraux, à pression forte ou faible, avec la monéthique comme instrument nouveau.
Il reste à savoir pourquoi les délocalisations inquiètent. En fait, elles font peur à ceux qui sont dans le faible pourcentage des entreprises susceptibles de conjuguer avenir avec départ. Le vrai problème n’est pas économique mais social. Personne ne dénonce les politiques menées depuis vingt ans qui ont conduit à grossir le nombre des fonctionnaires, dans l’Etat et les collectivités locales, et l’effet inéluctable du principe des vases communiquant. En voulant protéger beaucoup d’emplois, on en précarise presque autant. Et ce qui effraie, surtout ceux qui sont sur le fil, c’est qu’un licenciement en mettra un bon nombre sur le chemin de l’exclusion économique, parce que les politiques du PS et de l’UMP ont accompagné le phénomène de ségrégation économique. Et sans doute, sous réserve d’une investigation spéculative plus appuyée, il se peut bien que la bonne santé économique du pays soit due justement à cette politique de ségrégation qui vise à se porter auprès des plus performants et valides. Un exemple édifiant. Les Grandes Ecoles versus les misérables Universités.
A titre d’anecdote, un professeur de la fac de socio de Bordeaux a carrément affirmé que les étudiants qui n’avaient pas d’ordinateurs étaient défavorisés. Car notamment nos professeurs ne daignent plus corriger des exposés écrits à la main. N’oublions pas que cette fac de socio est dirigée par François Dubet, le plus virulent dans le combat contre les inégalités sociales. Mais il est vrai qu’on regarde plus aisément les dysfonctionnements quand ils sont chez le voisin, autrement dit les collèges et les lycées.
La ruse de la Technique est le pendant post-moderne de la ruse de la Raison dans l’Histoire. A l’époque de la mondialisation, cette ruse qu’ignorent les citoyens et sans doute bien des politiques, fait que la performance des nations est liée à leur aptitude à pratiquer la ségrégation économique et sociale dans la limite des insurrections populaires et de la bonne conscience publique. Pour contrer ces risques, les Etats mènent une politique de distribution des aides et des miettes, tout en faisant appel à de brillants illusionnistes capables de laisser accroire à une action solidaire des gouvernements. Ce sont surtout les associations qui colmatent la misère sociale. Il va de soi que plus le niveau de vie est élevé, plus la pilule passera. Il y a dix ans, Alger à connu des émeutes tragiques, comme d’autres pays en voie de développement. En Europe, c’est impensable. Mais le malaise est présent. Il s’exprime différemment. Dépression et surtout anomie…
Rédigé par: Fulcanelli | 28 septembre 2004 à 11:37