Il faut dépersonnaliser le référendum
Le oui a convaincu une large majorité des 120000 militants du Parti socialiste. Il lui reste maintenant à rassembler une majorité des 41 millions d’électeurs français. Ce n’est pas gagné d’avance. La campagne et le résultat du référendum organisé par le Parti socialiste le 1er décembre dernier doivent être, en effet, analysés avec rigueur. Le oui socialiste est très important. Il crée une dynamique politique. Il dessine un contour idéologique. Il instaure une antériorité chronologique. Il constitue un exemple démocratique. Le oui socialiste est donc là, ordonnant, structurant, rythmant le débat. Mais il y a eu aussi, nul ne doit l’oublier, des non socialistes – 40%, ce n’est pas rien. Chacun doit tirer les leçons du débat que nous venons de vivre. A gauche, certains peuvent être tentés par le non en raison de l’objet du texte: ils ne partagent pas son contenu. Ce débat-là est légitime.
Il n’est pas un risque pour notre pays: voir la cause européenne susciter la controverse est même une chance. D’autres peuvent être tentés par le non en raison des effets du vote: ils ne veulent pas, disent-ils, «voter avec Jacques Chirac.
On peut évidemment contester cet argument. Expliquer que c’est Jacques Chirac qui s’est converti à nos positions et non l’inverse. Rétorquer que le jeu des «mauvaises fréquentations» – le oui avec Jacques Chirac d’un côté, le non avec Jean-Marie Le Pen de l’autre – ne mène pas bien loin. Souligner que l’enjeu doit transcender les querelles politiciennes: avant-hier, nous avons eu raison de voter pour la libéralisation de l’avortement; hier, nous aurions eu raison de voter contre la participation des forces françaises à la guerre en Irak – et peu importe que, en ces deux occurrences, la droite ait fait le même choix que nous.
Il n’empêche. En arrière fond, cet argument existe. Or autant le débat sur le fond est une opportunité, autant le soupçon que le débat puisse être détourné à des fins personnelles serait un danger. Ce danger, le président de la République doit le mesurer: il faut dépersonnaliser le référendum.
Voici donc une proposition pour y contribuer.
Comment faire? Nous pourrions envisager d’utiliser les ressources de notre Constitution et notamment de son article 11 – celui qui est consacré au référendum. Cet article, en effet, évoque deux sources d’initiatives différentes: le gouvernement d’un côté, le Parlement, par une «proposition conjointe des deux Assemblées», d’un autre côté. On pourrait donc concevoir que le groupe socialiste, seul ou avec d’autres, se saisisse de cette possibilité et prenne l’initiative d’une motion soumettant le traité constitutionnel au référendum. Cette initiative parlementaire n’a jamais été utilisée jusqu’alors? Eh bien, innovons! Un très large rassemblement est concevable: adversaires comme partisans du traité constitutionnel européen se retrouvent en effet pour considérer que, en dernier ressort, c’est au peuple français de prendre la décision. L’intérêt de l’Europe appelle l’initiative parlementaire pour dépersonnaliser le référendum.
Je suis un créateur d'entreprise bloggueur.
Bravo pour avoir choisi ce vecteur médiatique qui donne une image de modernité.
Bien que 100% étranger au monde politique (je n'ai jamais ni voté ni eu envie de voter de ma vie ....la seule chose que je sais faire, c'est créer des emplois), je trouve l'initiative très "tendance".
Rédigé par: alain mathecowitsch | 10 décembre 2004 at 13:26
J'ai l'impression que vous confondez militant PS, voir militant en général et électeur vivant tous les jours dans la France réelle... Je crois plutôt que de savoir qui ou ques appellera à voter pour le oui ou pour le non est une information très secondaire qui malheureusement parait prioritaire pour la classe politique et la classe journalistique qui elle aussi vie dans le microcosme.
Je crois que vous devriez concentrer cette problématique sur des militants, soit environ 1,5 à 2 million personnes (partis politiques +syndicats + association). Rappelons que le corps électoral est d'environ 40 millions de personnes, moins les abstentionnistes. Il reste 27 millions de personnes avec un delta à 2 environ (à la louche le delta,c'est pas grave).
Disons qu'il y a 5 millions de citoyens(votant) incapable de penser par eux-même ayant donc besoin du magistère de tel ou tel personnalité ou parti, etc...
Il reste donc environ 20 millions de personnes qui se fiche de savoir si tel ou tel homme politique, parti, syndicat, ou association pense du bien ou du mal de la constitution européenne.
Si j'avais un bon conseil à vous donner, ne parlez jamais de politique politiciennes et de choses du genre du texte plus haut dans les médias. Contentez vous d'expliquer la constitution comme vous l'avez fait(surement très bien) dans votre livre. Pour ce genre de chose, l'électeur faisant partie des 20 millions dont je parlais plus haut sera très content de vous entendre car vous avez la réputation d'être compétant.
Savoir si l'on va utiliser tel ou tel procédure pour lancer le référendum pour ne pas se dire qu'on va voter comme machin qu'on aime pas, ça n'interesse que les militants car l'affectif prend une grande place chez eux, mais ça nous gonfle profondément et ça décribilise l'auteur qui prend une étiquette de politicien.
Et ça il ya tellement saturation que c'est très mauvais...
Ps : désolé d'être le rabat joie de service.
Rédigé par: Pierre-Alexandre | 10 décembre 2004 at 16:18
bonne idée l'article 11 C. Mais il reste que la proposition conjointe des 2 assemblées ne lie pas le Président de la République. Celui-ci peut donc decider de ne pas recourir à l'article 11 (qui, du reste, a mauvaise réputation) et préférer la voie parlementaire par l'article 89. Je pense moi aussi qu'il est indispensable qu'un référendum soit organisé. On ne peut pas créer un nouvel Etat sans conulter les individus qui constitueront sa population.
Rédigé par: perrotin | 10 décembre 2004 at 16:31
Si, sur le principe, l'initiative est intéressante, je ne crois pas qu'elle soit à même de dépersonnaliser le referendum.
D'une part parce que les Français, s'ils y sont incités ou le veulent, utiliseront ce referendum pour voter contre la majorité en général, et donc, que ce soit l'assemblée nationale, le sénat, le gouvernement ou le président, ils ne changeront pas leur initiative.
D'autre part parce que je ne crois pas que les Français s'attachent à ce type de finesses démocratiques (une proposition qui change du gouvernement ou du parlement, de toutes façons, ce sont les mêmes !).
Et si vote de protestation il y a, il ne sera pas dirigé contre l'initiateur du referendum, mais bien contre la majorité.
Donc, bon, tout celà en vaut-il le coup ?
Rédigé par: versac | 10 décembre 2004 at 18:12
Je trouve l'idée intéressante, car elle permettrait de contester l'argument de ceux qui font valoir que voter "oui" c'est "voter avec Jacques Chirac".
Seulement, les adversaires du "oui" risquent de rétorquer que l’initiative se borne à rejoindre celle exprimée par Jacques Chirac consistant à choisir la voie référendaire et que, dès lors, elle constitue une manoeuvre purement tactique.
Qui connaît l'article 11 de la Constitution ?
Ou en est-on de l'idée de faire voter plusieurs pays le même jour ?
Bravo pour le blogg
Rédigé par: Seb-de-Paris | 10 décembre 2004 at 19:17
Je rejoins certains des lecteurs ci-dessus. Arrêtons de faire de la politique politicienne et ne prenons pas les français pour des imbéciles. Il est trop facile de dire qu'ils voteront "non" simplement parce que la question vient de Chirac ou de Raffarin.
J'ai tendance à penser que ce sujet a déjà beaucoup trop occupé le PS et ses forces vives. N'est-il pas temps de passer à autre chose de plus sérieux ? Ne croyez vous pas que les français attendent autre chose des hommes politiques ? des propositions concrètes, des actions qui changeront leur vie de tous les jours.
Si ce traité constitutionnel (ce n'est quand pas la naissance d'un Etat, Perrotin !) peut permettre à la gauche dans l'avenir d'être plus forte grâce à l'Europe, quelles directives demanderez vous de voter à Strasbourg ? Quelles mesures communes avec les autres gouvernements européens de gauche prendrez vous ? Quelle loi pourra être votée en France sous l'impulsion de ce texte qui pourrait réellement répondre aux attentes des gens de gauche ?
Soyez concrêts. Nous sommes tous convaincus que l'Europe est notre avenir (Communistes, Socialistes ou Verts). Nous ne sommes pas d'accord sur la méthode ? Montrez nous que ce référendum va nous aider, une fois revenus aux affaires, à être plus efficaces pour lutter contre l'ultralibéralisme!
Rédigé par: 25 rue de la Paix | 10 décembre 2004 at 21:37
C'est formidable cette possibilité de referendum d'initiative parlementaire.
Une question: Pourquoi ne pas l'avoir fait pour la turquie au lieu de hurler au loup et finalement ne pas venir à l'assemblée ?
Franchement on se fiche du monde.
NB: Je suis pour la turquie dans l'UE.
Rédigé par: prevalli | 11 décembre 2004 at 11:52
Oui en effet c'est formidable cette politique politicienne. Il faudrait expliquer aux citoyens de gauche qu'il ne faut pas voter pour Jacques Chirac parce qu'il demande de voter oui à un référendum après avoir demandé à ces même citoyens d'élire Jacques Chirac Président de la République en 2002. Pourquoi? C'est pas le même? Il a changé depuis? On ne le connaissait pas déjà depuis 7 ans à l'époque? DSK se fourvoie dans cette politique politicienne parce qu'il refuse de dire ce que son appel à voter oui a de spécifique et quelle différence celà fait par rapport à l'appel à voter oui de Jacques Chirac. A moins, évidemment, qu'il n'y ait aucune différence entre le oui de Chirac et le oui de DSK, ce que je refuse encore de croire. Je viens depuis maintenant environ 2 ans sur ce blog et sur le site de A Gauche en Europe. Il est vrai que sur cette question du oui au traité, je la cherche encore, cette différence...
Rédigé par: Henri Rouquier | 11 décembre 2004 at 12:43
Dans cet article à un moment vous dites "chiche" et bien moi qui a le coeur bien à gauche je vous prend au mot et je vous dit "Chiche" pour relancer la dynamique de gauche qui fait réflechir de plus en plus de jeunes qui sont attirés par les idées sociales (mais pas seulement) , mais qui ne sont pas encore intéréssés par la politique . Et bien soyez chiche de rajeunir vraiment la gauche , Je ne conteste pas votre position au sein de ce parti bien au contraire, mais pourquoi ne pas mettre en lumière une nouvelle génération à vos cotés ? Quand je dis a vos cotés c'est lors des meetings et autres evénements de leur faire prendre la parole et surtout quand les grands médias nationaux sont présent .
Je sait que mon commentaire est un poil à côté du sujet principal mais découvrant ce blog je profitais de mon premier passage ici pour exprimer cette idée .
Jean-Marc
Rédigé par: Jean-Marc BORTHELLE | 11 décembre 2004 at 22:33
Je pense que l'utilisation de l'article 11 serait une bonne initiative. Elle serait au moins l'occasion de rompre avec une pratique politique et constitutionnelle française qui veut que le Parlement se prive des marges de manoeuvre et des ressources qu'offre la Constitution actuelle. D'ailleurs, contrairement à ce qu'on entend souvent, ce n'est pas tant le texte constitutionnel en lui-même qui limite le rôle du Parlement que la pratique politique fondée sur une interprétation restrictive du texte qui conduit à nier l'existence de certains articles (l'article 11 est un exemple).
Par ailleurs, le risque de personnalisation est toujours présent lors d'un référendum (le récent référendum corse en constitue un exemple). Ce risque est d'autant plus important qu'il existe chez de nombreux électeurs de gauche, un ressentiment profond lié au fait d'avoir Chirac en 2002. Nous ne sommes pas à l'abri d'une instrumentalisation de ce sentiment par les adversaires de la Constitution durant une éventuelle campagne.
Enfin, les sondages successifs sur les intentions de vote pour un éventuel référendum appellent à la viligence. Le recul ininterrompu et rapide d'un oui qui reste certes largement majoritaire dans les intentions de vote rappelle le scénario de Maastricht. Seul le résultat de la consultation des militants du PS semble avoir freiné le phénomène.
Ces éléments appellent à la plus grande prudence et légitiment largement le recours à des solutions différentes de celles qui avaient prévalu pour le traité de Maastricht (meetings communs qui ont "brouillé les pistes" et engagement de la procédure sur initiative d'un Président alors impopulaire). Pour que ce scenario ne se reproduise pas, l'article 11 apporte partiellement au moins, je le crois, une réponse. Reste de nombreuses questions sur l'éventualité de meetings communs aux partisans de la Constitution européenne par exemple : je pense pour ma part, qu'après l'expérience de Maastricht, ce serait une erreur.
Rédigé par: Bastien TALOC | 12 décembre 2004 at 01:38
Cette idée s'inscrit dans un contexte de politique politicienne. Je ne vois pas son intérêt d'autant plus que les Français sont fatigués de ces manoeuvres. Sur le fond, cela ne sert à rien. Une véritable initiative parlementaire consiste à mettre sur la table un référendum que le Président n'a pas souhaité et là il y a véritablement un équilibre des pouvoirs. Moi je verrais bien un vote sur le désir de vivre ensemble et que soit menée une politique équitable, voilà une belle idée qui ne plairait pas à J Chirac qui conduit une politique de ségrégation sociale mais sans doute, dans le sillage de ce qu'à fait le PS. Bon, ce n'est pas le sujet.
Ma conclusion : DSK ferait bien de virer celui qui lui a conseillé cette idée saugrenue. Il y a tellement de gens intelligents prêt à occuper des emplois dans les think tanks
Rédigé par: Fulcanelli | 13 décembre 2004 at 10:25
Le recours à l'article 11C n'est pas une manoeuvre, mais l'exercice d'un pouvoir constitutionnel. Il faut arrêter la paranoïa et l'utilisation abusive de l'argument de la "politique politicienne".
Rédigé par: Claire Perrotin | 13 décembre 2004 at 10:47
Il faut sans aucun doute dépersonnaliser le référendum mais il faut aussi le politiser... Je ne suis pas sûr que la proposition de DSK soit pertinente sur ces deux points.
Une initiative parlementaire commune entre la droite et la gauche (leur alliance serait nécessaire) reste suspendue à la décision du président de la République, qui s'appelle... Jacques Chirac (cf Art. 11. - "Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal Officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, ..."
Par ailleurs, je crois que dans cette affaire, il est très important de marquer, dans les actes et pas seulement dans les discours, la différence entre la gauche et la droite. Je suis d'acord que l'idée même d'un référendum, quelque soit la position que l'on adopte relativement au traité ("oui" ou "non") est susceptible de recueillir un large assentiment compte tenu de l'enjeu. Mais évitons, de grâce, de laisser accroire l'idée que les socialistes font cause commune avec la droite et commencent le débat référendaire par une procédure qui les oblige à s'allier à la droite parlementaire : la campagne des socialistes ne sera pas la même que celles de l'UDF et de l'UMP. Les socialistes ont de toute façon déjà eu l'occasion de demander un référendum, déconnecté des enjeux intérieurs. Et nous savons qu'il aura lieu, même si nous n'en connaissons pas encore la date.
Pour ces deux raisons, je ne suis donc pas convaincu que ce soit une bonne idée.
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 13 décembre 2004 at 11:34
Ecarter le citoyen (qui par définition est trop stupide pour comprendre les enjeux d'un traité) d'une décision politique qui affectera sa vie et celle de ses enfants, voilà bien le genre de décision qu'on peut attendre des socio-démocrates (appelés aussi social-traitres ou socialopes).
Puis-je vous rappeler qu'aucun parlementaire n'a été élu pour ratifier ce traité et que donc, dans ce cas précis, la représentativité du parlement est nulle.
Non content de voter oui a une constitution qui donne les pleins pouvoirs au capital, vous écartez soigneusement les citoyens des urnes. Bravo les socialistes,on peut dire que vous nous avez bien baisés.
Un du peuple.
Rédigé par: foxapoildur | 13 décembre 2004 at 12:12
Il suffit d'être un tant soit peu sérieux et de lire avec attention et sans préjugés le TC pour constater qu'il constitue, dans de nombreux domaines, une avancée importante pour l'Europe, et n'enregistre aucune forme de recul. Il faut donc l'adopter et mettre tous les moyens politiques en oeuvre pour y parvenir.
Seulement, la configuration est assez semblable à celle de Maastricht : un gouvernement usé (au bout de 2 ans et demi : quel souffle !), un question à tiroirs, une opinion publique très largement favorable (plus de 60% actuellement), mais aussi très sensibles aux effets de communication et aux campagnes de désinformation.
DSK a donc eu raison de proposer, et Hollande de reprendre le principe de sa proposition, à 100 minutes pour convaincre. Gloser, c'est intéressant. Certains s'en font même une spécialité. Mais la proposition, en politique et dans la vie publique, c'est sans doute plus utile, et c'est la seule chose qui permet d'agir... Donc : va pour la dépersonnalisation, si la Constitution la rend possible !
Cela dit, je partage les réserves de Guillaume. Cette dépersonnalisation de la campagne ne doit pas mener à une neutralisation des idées et des arguments. Il faudra bien construire et affirmer un "non" de gauche, que l'on puisse, au moins en partie, distinguer du ou des "oui"(s) de droite. Il ne faudra pas non plus hésiter à dénoncer les inconsistances de la droite, y compris quand elle prône, elle aussi, le "oui" à la Constitution.
PS. L'association "ATTAC" a donc choisi de faire campagne pour le "non". Quand on connaît la mauvaise situation de cette association, dont les principes étaient louables, mais les propositions désarmantes de bêtise ou de naïveté (cochez la case correspondante), quand on sait aussi la pression qui a été mise sur ses militants pour voter le "non" lors du référendum interne, et quand on voit un certain nombre de ses membres cautionner des extrémistes musulmans ou propositions politiques complètement absurdes, très éloignées de l'esprit de Porto Alegre, on ne peut guère s'étonner de cette prise de position; Dans le cortège de LO, de LCR, peut-être du PCF, ATTAC a ainsi décidé de laisser le monde tel qu'il est. Triste exemple de défaitisme.
Rédigé par: Jan | 13 décembre 2004 at 12:35
Oui, je suis très déçu par l'évolution d'Attac... Elle a été phagocytée, et ce que je voyais comme une sorte d'université citoyenne sombre dans la grosse caisse d'extrême gauche.
Pour le référendum, Seb-de-paris en parlait plus haut, la meilleure solution c'est de faire voter plusieurs autres pays le même jour, fut-ce même un seul, sinon le débat sera forcément pollué (et fortement) par la politique intérieure (et il y a de quoi).
Rédigé par: Tonio | 13 décembre 2004 at 15:04
Le fait de faire ratifier le TCE par voie référendaire dans tous les pays le même jour (en dehors du fait que cela contrevient aux dispositions constitutionnelles internes d'Etats membres comme l'Allemagne) n'empêcherait pas que le débat soit "pollué" par des enjeux intérieurs, dans la mesure où cette consultation serait organisée Etat par Etat. Ainsi, les élections européennes, organisées dans chaque Etat le même jour, n'empêchent pas non plus ladite "pollution".
Pour éviter que des enjeux de politique nationale n'interviennent dans le débat sur la ratification du TCE, il faudrait subvertir la logique interétatique qui préside à la ratificiation du traité international qu'est le TCE et faire ratifier le TCE directement, de façon transnationale, par la communauté des citoyens européens, formant un "peuple" européen souverain. Si une majorité de citoyens de l'UE l'approuvaient, sans distinction de nationalité et quelque soit les résultats obtenus dans chaque Etat, nous aurions alors une ratification exempte d'ingérence nationale. Dès lors, le traité aurait une nature que l'on pourrait qualifier de "constitutionnelle". Mais nous n'en sommes précisément pas là.
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 13 décembre 2004 at 16:19
forcément tout ceux qui ne sont pas pour le oui sont des trotsko communistes idiots et naifs CQFD.
Bel exemple de tolérance et de respect de 45% des militants socialistes.
Personnellement je pense que ce sont ceux qui disent amen à tout compromis à minima qui sont les defaitistes. Et leur manque d'ambition et de convictions ne feront qu'amener plus de degout de la chose politique et donc de montée des extremismes. Et cela en laissant tomber la france d'en bas et en poursuivant une fuite en avant de l'elargissement sans approfondissement.
Avançée importante pour l'europe ! C'est la meilleure blague de l'année. A 30 c'est la glaciation de l'europe cette constitution. Les minuscules avançées de celle ci sont le cac
Rédigé par: prevalli | 13 décembre 2004 at 16:25
forcément tout ceux qui ne sont pas pour le oui sont des trotsko communistes idiots et naifs CQFD.
Bel exemple de tolérance et de respect de 45% des militants socialistes.
Personnellement je pense que ce sont ceux qui disent amen à tout compromis à minima qui sont les defaitistes. Et leur manque d'ambition et de convictions ne feront qu'amener plus de degout de la chose politique et donc de montée des extremismes. Et cela en laissant tomber la france d'en bas et en poursuivant une fuite en avant de l'elargissement sans approfondissement.
Avançée importante pour l'europe ! C'est la meilleure blague de l'année. A 30 c'est la glaciation de l'europe cette constitution. Les minuscules avançées de celle ci sont le cache sexe des grands renoncements de nos humanistes de gauche qui se leurrent de mots et de principes et oublient le réel !
Osez comparer cette constitution à la plus grande avançée sociale de tous les temps reléve effectivement Jan l'imbécilité et de la naiveté la plus pure.
Maintenant que vous avez vendu le OUI en hurlant que ce traité etait LE traité social democrate par excellence, celui qui allait enfin faire naitre l'aurore des droits nouveaux et de l'harmonisation sociale (a condition que la gauche l'emporte) on vous dit dont acte et CHICHE. Faudra pas venir pleurer ou vous trouver des pretextes aprés. Mais bon avec la régle de l'unanimité vous aurez toujours le pretexte d'invoquer un seul gouvernement de droite en europe pour justifier votre éternelle impuissance.
Rédigé par: prevalli | 13 décembre 2004 at 16:30
vous remarquerez le barométre Figaro magazine du WE suivant le referendum PS. Tous les elephants PS sont en chute libre. Felicitation
RV au 21/04 2007 ! Le Pen Sarko là on pourra enterrez vos rêves.
Rédigé par: prevalli | 13 décembre 2004 at 16:32
Le fait de faire ratifier le TCE par voie référendaire dans tous les pays le même jour (en dehors du fait que cela contrevient aux dispositions constitutionnelles internes d'Etats membres comme l'Allemagne) n'empêcherait pas que le débat soit "pollué" par des enjeux intérieurs, dans la mesure où cette consultation serait organisée Etat par Etat. Ainsi, les élections européennes, organisées dans chaque Etat le même jour, n'empêchent pas non plus ladite "pollution".
Pour éviter que des enjeux de politique nationale n'interviennent dans le débat sur la ratification du TCE, il faudrait subvertir la logique interétatique qui préside à la ratificiation du traité international qu'est le TCE et faire ratifier le TCE directement, de façon transnationale, par la communauté des citoyens européens, formant un "peuple" européen souverain. Si une majorité de citoyens de l'UE l'approuvait, sans distinction de nationalité et quelque soit les résultats obtenus dans chaque Etat, nous aurions alors une ratification exempte d'ingérence nationale. Dès lors, le traité aurait une nature que l'on pourrait qualifier de "constitutionnelle". Mais nous n'en sommes précisément pas là.
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 13 décembre 2004 at 16:39
La ratification du traité sert à faire valider par les masses que nous sommes la splendide construction européenne qui doit nous amener à mieux !!
Peut-on encore dans une europe à 25 nous faire croire à ce mirage économico-culturel qu on promet depuis des lustres ? Est-ce que l'Europe" telle qu'on l'a créée existe ? Qui y a t il de commun entre la culture finlandaise et la culture portugaise ? ET surtout qu'est-ce qu'il y a de commun entre les salaires et les prix agricoles des pays baltes et les salaires et les prix agricoles français Ou entre la législation du travail suédoise et l'anglaise ou plus simplement entre les tva des divers pays concernés ? Tout le monde (ou quasiment) répondra en coeur: mais c'est justement ce qu'il faut construire !! Pas mal comme théorie mais un peu illogique à l'heure où on parle des bienfaits de la décentralisation, à l'heure où les "pays" , les régions, réclament plus d'autonomie et à l'heure où nos "adversaires" économiques sont intégrés par la langue et la culture AVANT le reste.. On perd trop souvent de vue en fait que la construction européenne sert AVANT toute chose à éviter la guerre où l'affrontement entre les pays du continent "europe" qui pendant des siècles se sont affrontés. Si les politiques servent aux masses manipulables que nous sommes (cf traité de Maastricht que personne n'a jamais lu, cf: l'enthousiasme des foules pour l'idée européenne alors que nous nous passionons moins pour les élections allemandes -notre voisin- que pour les élections américaines; cf les cris contre les délocalisations en europe de l'est alors que massivement nous approuvons leur adhésion ;-))) ; si les politiques servent donc aux masses manipulables que nous sommes des arguments économiques qui sont des tautologies (A + de gens il y aura moins de difficultés et moins de chômage ;-))) le but principal des créateurs de l'Europe est de faire en sorte que la paix règne enfin sur le continent or pour faire la paix, on n'a jamais trouvé rien de mieux que le commerce et surtout l'idée qu on va commercer ensemble. La construction européenne s'est donc accélérée avec la fin de l'Otan tel qu'il était durant la guerre froide et de l'organisation qui s'assurait de la sécurité en Europe. Dans ce sens là par exemple, l'intégration de la Turquie est nécessaire pour s'assurer d'un islam "raisonnable" et compatible avec nos racines chrétiennes et l'intégration de la Turquie à l'Europe n'est rien d'autre que le passage de témoin de l'Otan à la communauté européenne en ce qui concerne la Turquie comme "veilleur" )à l'est.
Si l'on croit encore à l'Europe économique, alors l'intégration de la Turquie par exemple sera un échec, comme celle des pays baltes car les tensions créées par les différences de coût, de main d'oeuvre, de "faim" de travail entre nos pays à "gras" et ces nouveaux entrants à dents longues seront beaucoup plus importantes que les bienfaits attendues de nos exportations.
Le traité sera aussi un échec car une fois de plus en 15 ans (cf encore l'antécédent Maastricht) il n'amènera rien de concret aux gens qui continueront d'ignorer leurs voisins comme jusqu'à présent (et je reprends ici le formidable exemple des élections américaines qui ont été couvertes par les medias et les politiques comme si il s'agissait de NOS élections quasiment ALORS QUE LES ELECTIONS EN ALLEMAGNE SONT SI PUE TRAITEES et qu'à coup sûr moins de 10% des français connaissent les noms des hommes politiques allemands alors que lAllemagne est NOTRE PARTENAIRE EUROPPEN PRIVILEGIE !!!! Il y a de quoi se tordre de rire sur la réalité de ce mécano européen ;-)))
Les politiques devraient donc cesser d'essayer de nous faire croire à la construction européenne économique et législative (alors que tant de choses restent différentes encore entre les pays fondateurs et que par exemple le statut de société europénne n'existe pas encore ;-)) et expliquer les vrais enjeux de l'intégration européenne et d'un traité dans l'affrontement des blocs culturels qui se profile.
Rédigé par: Pierre | 13 décembre 2004 at 20:35
Bonjour et bravo à DSK pour le référendum et l'ensemble de son oeuvre
J'aimerais parler du futur projet du parti socialiste.
J'entends pour l'instant beaucoup de choses concernant l'enseignement (primaire et supèrieure), l'europe, un peu sur l'emploi mais pas grand chose concernant le logement.
Actuellement les habitants de ce pays rencontrent de plus en plus de problêmes pour se loger, et pas seulement les personnes ayant de faibles revenus.
Je pense que le PS doit vraiment trouver des solutions innovantes afin d'enrayer cette crise et surtout permettre à tous, d'avoir accès à un logement décent.
Se loger devrait être un droit fondamental!!!!!!!
Ce thème ne doit pas être abandonner aux beaux discours démagogiques de l'UMP. (cf JL Borloo = beaux discours mais pas de moyens)
C'est avec un projet ambitieux que la gauche a gagné en 97 (35 heures, 300000 emplois-jeunes., baisse importante du chômage..etc)
Ce sera avec un projet tout aussi ambitieux que nous gagnerons en 2007 (logement pour tous, formation pour tous et tout au long de la vie, emploi pour tous ...etc)
Rédigé par: coolman | 14 décembre 2004 at 00:00
Il est certain que le fait de faire ratifier le TCE par voie référendaire dans tous les pays le même jour ou, en tout cas, dans le maximum de ces pays, n'empêchera pas une pollution du débat politique. Toutefois, l'inverse n'est pas vrai non plus, et cette mesure ne peut que contribuer à généraliser les enjeux et à faire prendre conscience aux électeurs - ceux qui le souhaitent - que le référendum est européen. L'idée d'une "logique interétatique" me paraît, pour l'avenir, une meilleure idée encore, et le fait de faire grogner une nouvelle fois les "souverainistes" n'est psa pour me déplaire.
Réponse à Prevalli : Je comprends ton point de vue. Tu considères que quelques petits pas vers l'avant ne suffisent pas, qu'il en faut de grands sans quoi l'on pourrait se condamner à l'avenir à une politique a minima. Au demeurant, tu n'as pas totalement tort quand tu parle du manque d'ambition du TC : si j'avais eu la possibilité et les moyens intellectuels d'écrire
moi-même ce texte - et je suis sûr que la plupart des gens de gauche pourraient parler de la même façon -, je l'aurais écrit différemment. Cela étant, il faut en être conscient, la gauche n'est (malheureusement et pour l'instant) pas majoritaire en Europe, tout du moins dans les gouvernements en place. Cela signifie deux choses. D'abord que le TC ainsi qu'il a été rédigé relève du miracle, tant les avancées, notamment dans le domaine sociale, y sont "importantes". On a échappé au pire, et l'on voit bien, à la réaction de certains conservateurs en Europe, que le TC est jugé par beaucoup trop social. Cela signifie ensuite que, si, par malheur, le TC n'était pas accepté par une majorité de grands pays, sa renégociation ne se ferait pas sous de meilleurs auspices. Les discours risquent de radicaliser : en politique, on dit souvent "droitiser".
En outre, parler de "glaciation de l'Europe", comme d'autres parlent de "camisole libérale", c'est mignon, c'est très joli, presque poétique - on voit déjà les mammouths envahir les plaines de Champagne et les méchants tigres à dents libéraux faire leur apparition dans nos belles contrées envahies de neige - mais ce n'est pas un argument. Si tu veux émettre des critiques sur le TC ou sur la future organisation de l'Europe, il me semble qu'il serait plus intéressant de nous faire profiter de tes fines analyses plutôt que d'analyser des perles, aussi chatoyantes soient-elles, surtout quand ces perles sont des lieux communs.
En revanche, dire effectivement que "cette constitution à la plus grande avançée sociale de tous les temps relève effectivement de l'imbécilité et de la naiveté la plus pure", je suis d'accord, ce qui ne veut pas dire qu'à l'inverse le TC ne comporte que des reculs et aucune avancée. Ce serait aussi ridicule. La question, DSK avait raison - et j'ai cherché moi-même, et plus modestement, à le dire dans une brève lettre publiée dans Libé, au début de la campagne [www.liberation.fr/page.php?Article=238347&AG] - est bien celle d'une alternative : la politique des grands pas et du "Grand Saut" qui, en définitive, ne se font jamais, ou celle des petits pas qui permettent d'avancer, lentement mais sûrement.
Quant à l'avis de Pierre, il me semble, pardonne-moi, un peu léger. La décentralisation, mise en place en Allemagne depuis longtemps, et dont on parle en France depuis De Gaulle, constitue, de fait, et si elle est bien construite, ce qui n'est pas le cas actuellement, notamment sur le plan budgétaire, un frein ou, tout du moins, un amortisseur aux inégalités issues de la mondialisation, en même temps qu'elle permet à un certain nombre de citoyens de se retrouver dans une puissance publique plus proche d'eux. Elle n'est pas donc incompatible avec la construction européenne, bien au contraire, puisqu'elle garantit aux régions ou aux grands ensembles géographiques et démographiques l'autonomie tant chérie par les détracteurs du TC. Certes, la construction européenne a servi à éviter la guerre en Europe. Mais, très tôt, il s'est agi d'une organisation économique. La signature, à Paris, par l’Allemagne fédérale, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas, du traité de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, le
18 avril 1951, a lieu seulement deux ans après l'institution à Londres du Conseil de l'Europe. Inutile d'énumérer ensuite les différents traités et accords économiques ayant, jusqu'à l'Euro, émaillé l'histoire de notre continent. La question n'est donc pas de nier la fonction économique de l'Europe ou son efficacité, sans doute importante, même si, heureusement, on ne peut la mesurer puisque nous y sommes - à moins de refaire l'histoire des "si" et des "ah ! ma p'tite dame ! C'était mieux avant !". La question réside dans le choix des modèles économiques et l'instauration de systèmes sociaux plus protecteurs. C'est le cas dans le TC. Je m'en réjouis.
Quant aux "masses manipulables" dont tu parles, Pierre, je trouve, en somme, au moins au PS, qu'elles ne se laissent pas aussi facilement manipuler si on les tient des discours argumentés et solides. Près de 60 % de militants pour le "oui", n'est-ce pas le signe d'une bonne santé intellectuelle et idéologique ? En revanche, je suis d'accord avec toi, Pierre, 40 %, c'est encore trop, et je suis certain que, comme moi, tu feras en sorte que ces "masses manipulées" sachent se défaire des idées toutes faites et des discours prédigérés...
Rédigé par: Jan | 14 décembre 2004 at 08:32
Jan: Je parle de la décentralisation dans le sens où les gens veulent de plus en plus de décisions locales alors que l'Europe est concrètement pour l'instant de plus en plus centralisée à Bruxelles et particulièrement dans l'administration européenne dans l'esprit de gens qui ne sont même pas élus..
En ce qui concerne le but de l'Europe, la CECA avait certes un but économique mais qui ne trompait personne à l'époque; simplement maintenant le "contenant" (but économique) est passé complètement devant le contenu réel.
A propos des masses manipulables, elles le sont simplement parce qu'elles ne s'intéressent pas à L'Europe. L'Europe n'est pour les français qu'un moyen, ce n'est pas un but. C'est un moyen qu'on leur présente pour vivre mieux mais comme il n y a pas de preuves de ceci actuellement, ils ne s'y intéressent pas et laissent faire. Si un jour ils se réveillent car l'Europe sera perçue non plus comme "neutre" en effets mais mauvaise alors il faudra que les fonctionnaires et les penseurs du Bruxellosme passent plus de temps à construire l'Europe des gens que l'Europe des concepts.
Rédigé par: Pierre | 14 décembre 2004 at 11:05