Monsieur Raffarin, arrêtez la mascarade
Notre démocratie s'honore des grands débats qui l'animent. Ils ont fait les grandes pages de son histoire. La France est admirée pour cela. Encore récemment, celui sur le port des signes religieux à l'école, quoique mal embarqué et quoi que l'on pense de son issue, a été de bonne tenue.
En revanche, la caricature de débat que nous offre le gouvernement depuis quelques jours est affligeante.
Nous voulons dire tout d'abord notre exaspération devant les petits arrangements du gouvernement avec la réalité. Quand la mauvaise fois le dispute au mensonge, quand la réalité est travestie, c'est la démocratie qui est abîmée.
«J'ai trouvé [en arrivant] une croissance négative», avez-vous dit ! 3 % de croissance en moyenne entre juin 1997 et mai 2002 ce ne sont pas nos chiffres, mais ceux de l'Insee , vous appelez ça une croissance négative ? Mieux, la France était devenue la locomotive de l'Europe et sa croissance égalait même celle des Etats-Unis. On ne peut pas en dire autant depuis que vous êtes aux responsabilités puisque la croissance se traîne péniblement à 1,5 % en moyenne.
Le gouvernement Jospin aurait aussi «bloqué les salaires». Version Devedjian, il aurait «ravagé le pouvoir d'achat», qui aurait «augmenté de 0 % en 2000». Là encore, nous lisons les comptes de l'Insee : le pouvoir d'achat a augmenté de 3,1 % en 2000, 3 % en moyenne sur 1997-2002. Qu'en dites-vous, vous qui avez limité la croissance du pouvoir d'achat alors que tout augmente, les tarifs publics, la santé qu'il faut maintenant payer, les loyers, domaine dans lequel nous portons aussi notre part de responsabilité ?
Nous pourrions multiplier les exemples de ces contre-vérités. Prenons les 35 heures : vous parlez de «loi autoritaire» alors que celle-ci a entraîné le plus vaste mouvement de négociation jamais connu en France. Des dizaines de milliers d'accords ont été signés. Vous dites que «les mêmes solutions ont été imposées partout» alors qu'au contraire la loi a permis de faire du sur-mesure, branche par branche, entreprise par entreprise. Vous parlez de «carcan des 35 heures» pour faire croire que les heures supplémentaires étaient interdites, alors que la loi donnait la possibilité d'en faire 130 par an, ce qui est largement suffisant. En effet, le nombre d'heures moyen des salariés qui font des heures supplémentaires est de 59 par an, si bien que la loi Fillon, avec ses 180 heures, a été inutile. D'autant qu'il est légal d'en faire davantage en cas de difficulté de recrutement ou de surcroît temporaire d'activité.
Ne parlons pas de Jean-François Copé, ministre délégué au Budget qui ose dire que «certains salariés ne peuvent profiter de leurs jours de RTT car ils n'ont pas les moyens de se payer des loisirs et doivent donc travailler plus». Car pour vous les loisirs se résument à des sports d'hiver ou des vacances coûteuses au soleil. Ne savez-vous pas que beaucoup de salariés ont besoin de repos, de temps pour eux, pour les autres, pour leur famille, dont vous dites être les défenseurs ? Quelle drôle de conception de la vie !
Que dire aussi des promesses non tenues ? La recherche et l'éducation devaient être des priorités, c'était un engagement de Jacques Chirac. Ces promesses auront tout juste tenu un été ; la recherche a été sacrifiée, dès votre premier budget, sur l'autel des baisses d'impôt de quelques privilégiés. Par comparaison à 2002, 85 000 postes manqueront dans les établissements scolaires. Nouvelles promesses face à la mobilisation sans précédent des chercheurs et des enseignants l'an dernier, nouvelles trahisons qui se profilent. Au-delà de la méthode, détestable, c'est l'avenir de notre pays que vous sacrifiez ainsi.
Doit-on aussi rappeler qu'une solution pour les intermittents du spectacle devait être trouvée avant fin 2003 alors que rien n'est encore réglé ? Doit-on rappeler les déclarations de François Fillon, alors ministre de l'Emploi, qui voyait le chômage en baisse dès la fin 2003 ; ou les vôtres qui annonçaient en 2004 une baisse de 10 % du chômage ?
Comment accepter enfin que le passage en force soit devenu une véritable méthode de gouvernement sur tous les textes alors que le président de la République s'était engagé à ce que rien en matière sociale ne soit fait sans les partenaires sociaux ? Ecole, services publics, décentralisation... et c'est maintenant au tour des 35 heures !
Les 35 heures, tout comme le RMI ou la CMU, sont une des évolutions majeures de notre société, sans doute l'une des plus importantes des dernières décennies. On peut être pour, on peut être contre, toutes les opinions sont respectables. Vous avez bien sûr la majorité pour faire voler en éclats cet acquis social, même si quatre défaites électorales successives devraient vous inciter à moins d'arrogance et même si vous n'avez pas été mandaté pour cela par les Français. Convenons tout de même que ce texte méritait mieux qu'un débat de cinq jours dans une niche parlementaire. Le gouvernement a souhaité défaire en quelques heures ce que des centaines de milliers de syndicalistes et des dizaines de milliers de chefs d'entreprise ont mis cinq ans à construire ensemble.
Souvenons-nous, en effet ! Pendant deux ans, de mi-1997 à mi-1999, nous avons laissé place à la seule négociation. Avec un unique mot d'ordre : cap sur l'emploi. Les branches et les entreprises ont répondu présent. Des milliers d'accords ont été signés. Une gigantesque expérimentation a eu lieue à l'échelle du pays. Tout ce que la France compte comme relais intermédiaires a été consulté. Les accords ont été examinés à la loupe, ce sont eux qui ont fait la loi. Ensuite, place au Parlement : chaque mot, chaque virgule de la loi a été pesée, sous-pesée, commentée, débattue, rectifiée, pendant des heures et des heures. Trois mois de débats intenses pour une loi adoptée finalement en janvier 2000 prévoyant l'extension progressive sur quatre ans des 35 heures à l'ensemble du pays. Cette loi a été respectueuse des accords, aucun n'a eu à être renégocié.
Ici, rien de tout cela. Les partenaires sociaux n'ont pas été consultés, les procédures d'instruction ont été tronquées par le choix de la voie d'un texte d'origine parlementaire. Non, ce n'est pas la rue qui gouverne. Mais peut-on lui reprocher de se faire entendre là quand on refuse de l'écouter ici ?
Le gouvernement ne peut pas avoir pour seule réponse aux manifestations un déluge de mensonges et de contre-vérités ; faute d'assumer les conséquences de sa politique contestée dans le pays, il essaie d'en faire porter la responsabilité à d'autres en déformant la réalité. Pourquoi dire aux Français que vous leur proposez de travailler plus pour gagner plus alors que votre loi livre les salariés les moins protégés au bon vouloir des chefs d'entreprise et que vous supprimez le paiement des majorations d'heures supplémentaires. A qui fera-t-on croire que ce sont les salariés qui choisissent leur temps de travail ? Vous proposez un marché de dupes.
Monsieur le Premier ministre, arrêtez cette mascarade. Vous devez retrouver le chemin du débat et de la confrontation d'idées et de projets. Nous y sommes prêts, avec vous-même et avec les ministres que vous désignerez. Nous sommes prêts à parler de notre bilan comme du vôtre, de nos réussites comme de nos échecs, textes et chiffres à l'appui, avec experts et journalistes pour arbitrer nos échanges. Nous sommes prêts à parler aussi de l'école et de la loi Fillon, des services publics, de la recherche, de la politique économique et aussi des 35 heures, de ce qui a marché et de ce qu'il faut améliorer.
Si 85 % des salariés sont satisfaits, nous restons préoccupés par les 15 % de salariés dont les conditions de travail se sont détériorées, et nous voulons aider les PME qui ne savent pas comment s'y prendre pour trouver des solutions adaptées. Vous devez retirer ce texte, il en est encore temps. Pour vous en convaincre, vous devez écouter les Français et accepter le débat.
Nous voulons confronter nos projets, le nôtre est social, le vôtre est libéral, que chacun assume en toute transparence ses valeurs. Les Français ont le droit de savoir où leurs dirigeants les emmènent réellement. Ensuite ils prendront leurs responsabilités. La politique s'en trouvera revalorisée et notre démocratie, renforcée.
avec Martine Aubry et Jack Lang, pour Libération
DSK,
Pour ma part, je trouve que la CMU est une très très bonne idée. Comment concevoir qu'en France une personne ne puisse se soigner par manque de moyens. C'est contraire aux idéaux francais.
Et sur ce point je suis tout à fait d'accord avec vous, la droite crée un fossé et une médecine à deux vitesses.
Pour le RMI, on ne doit absolument pas supprimer cette aide qui est cruciale malheureusement pour trop de francais. Mais il est dommage qu'il n'y ait pas de politique d'aide à l'emploi pour les personne titulaires du RMI. Ils sont souvent laissés à leur sort, sans aide humaine directe.
Et c'est cela la fracture sociale.
Tout le monde ne peut pas se prendre en main seul pour chercher un travail, beaucoup ne savent pas lire parfaitement, beaucoup n'ont pas accès à l'informatique et à Internet dans leurs recherches. L'Etat doit verser le RMI aux personnes en difficultés, mais également favoriser le travail en les aidant et en les dirigeant au mieux.
Et c'est cela la faiblesse structurelle en France. Il n'y a pas assez d'incitation au travail.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 15:44
Je suis d'accord avec le fond du texte. Je pense qu'il faut comparer les bilans et les projets. Mais on doit tenir compte de la situation internationale. Or aucun économiste ne peut dire sérieusement quelle est la contribution de la croissance mondiale à la croissance nationale. Alors la comparaison sera difficile à établir.
Pour le reste on ne peut pas dire que ce gouvernement, parce qu'il est de droite est pour le chômage, les inégalités sociales et scolaires, ou tout autre ineptie du même genre.
Il s'agit d'une certaine conception de la société qui est clairement libérale, avec des teintes sociales (Borloo).
Mais je soutient la proposition Borloo dans son plan de cohésion sociale qui consiste à créer des "maisons de l'emploi", une forme de guichet unique, où se réunirait un ensemble d'acteurs pour coordonner leurs actions (ANPE, AFPA, UNEDIC, et autres acteurs oeuvrant pour le retour à l'emploi).
Ayant dejà mis les peids à l'ANPE, je puis vous dire que très rapidemment j'ai pu y constater des dysfonctionnements:
-aucun suivi individualié et personnalié
-multiplication des interlocuteurs
-manque de professionnalisme de certains conseillers pour l'emploi
Avec un DEA d'economie du travail en poche je m'attendais à une attention spéciale sur mon profil. Je n'attends aucune faveur, des sans qualifications sont plus dans le besoin, mais tout de même.
Les personnes de l'ANPE à qui j'ai posé la question des maisons de l'emploi, étaient non informées du dispositif. En effet, j'avais lu que des emplois pouvaient être crées dans ces structures. Malheureusement pour moi, le développement de ces structures dépend fortement de l'initiative des acteurs de terrain, et en l'occurence il est quasi nul dans les Bouches du Rhône.
Alors Mr DSK, je pense que le retour à l'emploi est une urgence sur laquelle il faut se pencher. En moyenne, les chomeurs restent beaucoup trop longtemps au chômage, il faudrait mettre en place des dispositifs de formation pendant ces périodes, mais qui soient directement opérationnelles, et non pas des voies de garages. Pour cela une évaluation des plans de formation est indispensable.
La France et nos dirigeants confondent égalité et uniformité. Des expérimentations doivent être développées, et partagées par d'autres. Ce qui ne signifie pas qu'elles soient appliquées stricto sensu, car tout dépend des identités locales, culturelles, des jugements de valeurs, des rapports de force, ...
Rédigé par: jerome | 10 février 2005 at 16:11
monsieur Strauss-Kahn,
il est dommage que vous utilisiez votre blog comme une seule tribune politique.
j'y attendais un espace d'expression plus libre, moins partisan, bref plus citoyen.
je me retrouve en fait sur l'un des multiples supports de communication de la candidature socialiste en 2007.
dommage.
Rédigé par: DL | 10 février 2005 at 16:12
DL,
Je suis d'accord avec vous. Lorsque je lance des débats, personne ne suit ou bien l'on considere que c'est tabou.
Bien dommage.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 16:17
Jerome,
Avec un DEA d'économie, je ne comprends pas que tu ne trouves pas de job.
Un DEA en sociologie, histoire, psycho, géo ce serait beaucoup plus compréhensible.
Peut etre t'y prends tu mal ? Contactes moi par mail, dis moi où tu recherches. Avec un DEA d'economie, tu dois bosser à Paris. En province, effectivement, c'est impossible.
Bon courage.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 16:20
Je suis tout a fait d'accord avec vs. Le gvt actuel ne peut pas se permettre de dire que "ce n'est pas la rue qui gouverne", il doit aussi prendre le chemin de l'écoute et de la négociation.
Hors aujourd'hui il se résigne à instrumentaliser les chiffres et les gens. Un exemple? Le texte de travail cncernant le préprojet de loi d'orientation et de programmation de la recherche, qui reprend les revendications des Etats Généraux de Grenoble en les remaniants en utilisant une philosophie libérale et antidémocratique (sans entrer dans les détails).
Alors maintenant soyons raisonnables : n'instrumentalisons pas les revendications legitimes et ne dementelementisons pas les acquis sociaux.
Rédigé par: quentin | 10 février 2005 at 16:23
Hakim, je t'ai envoyé un mail en réponse au tiens que je n'ai pas compris. Donc n'y vois pas de mépris de ma part, je veux simplement discuter sur le fond de certains dossiers, et ne pas tomber dans la petite phrase.
Merci pour tes conseils. Je suis en train de passer des concours administratifs, car je n'ai pas pu financer ma thèse.
Les cabinets en ressources humaines se font rares en région paca.
Rédigé par: jerome | 10 février 2005 at 16:33
Jerome,
Je suis également originaire de Paca, de la cote d'azur. Et j'ai du quitter le soleil pour Paris, pour travailler.
Bon courage.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 16:35
Eh oui, la sinistrose s'est bien installée.
Beaucoup de mes amis, avec des bac+5 en communication, urbanisme, histoire de l'art ne trouvent pas de boulot dans la région. Mais même en sortant du cadre régional ce n'est pas évident. Des entretiens, mais des refus, dont on ne connaît la raisons. J'ai des pots arables avec bac+4 et bac+5, et ils savent pourquoi eux!
En sortant d'un concours (attaché territorial), passé en région paca, il y vait 4500 inscrits, pour 320 places. Et encore, une fois que vous réussissiez votre concours, il faut que vous cherchiez une collectivité qui veuille bien vous prendre. Une copine que j'ai croisée, un bac+5 en urbanisme vient de renouveler un CDD jusqu'en juin, mais elle sait qu'après on ne lui renouvelera pas: chômage.
Elle a passé le concours sans conviction, mais s'inquiète pour son avenir. Ses amis de formation sont beaucoup dans son cas.
Alors que faire, on a fait des études, puis rien à l'arrivée.
Rédigé par: jerome | 10 février 2005 at 16:40
Le gros problème va se poser pour les années à venir.
Quand vous voyez des fac de lettres, de psycho, de socio remplies, on peut se demander que va faire cette population étudiante.
Je pense qu'il fait revoir les modalités d'accession à l'université. On a tellement diversifié les filières, qu'il y a un émiettement des moyens et donc des chances de réussite. C'est toujours les grandes écoles qui permettent un accès rapide à l'emploi. Biensur il ne faut pas généraliser, mais j'en ai discuter avec certains profs d'université, il sont inquiets pour l'avenir.
Alors, la démocratisation, oui c'est bien, mais pour en faire quoi?
Quand vous voyez que des jeunes issus des classes populaires accèdent à l'université, on ne peut qu'être content. Mais, ils vont vite déchanter, car beaucoup avec des bac professionnel ou technique viennent à la fac, sans maitrise des fondamentaux. Et le taux d'échec est énorme en deug. Que font ces jeunes après, à qui on a fait miroiter une ascension sociale?
Rédigé par: jerome | 10 février 2005 at 16:50
Comme je l'avais indiqué il y a deux semaines, l'ecole n'oriente pas et c'est un echec terrible.
L'education nationale creuse les inegalités depuis 10 ans. Rapport parlementaire.
L'education nationale doit engager une veritable reflexion sur l'orientation des jeunes (technique, scientifique, economie ...) et non pas laisser les imbeciles du CIO ne connaissant rien à la demande actuelle de l'emploi.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 16:54
Hakim,
tu lances trop de débats...c'est difficile de te suivre :-)
Crée un blog!
Rédigé par: Thomas (Equipe DSK) | 10 février 2005 at 16:58
Thomas,
Inutile, c'est devenu mon blogg ici, compte tenu que DSK ne répond pas, il faut bien que l'on débatte entre nous.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 17:06
En fait, je vais réfléchir à deux fois avant de prendre la carte du PS.
Pas de débat, c'est une politique de l'autruche.
Tu fais quelque chose, je dis ce n'est pas bien, mais je n'argumente pas, et ne propose pas de solutions pour améliorer les problemes.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 17:08
coooool soyez pas trop schtroumphs queumême
Rédigé par: bilou | 10 février 2005 at 17:13
C'est mauvais pour le PS tout cela.
Il ne faudra pas s'étonner si le petit scientologue intégriste devienne président en 2007.
Plus de religion, immigation repoussée par des coups de canons pour les non-universitaires, discrimination positive, ultra-liberalisme, EDF appartiendra à un fonds de pension américain, GDF à des saoudiens. Les autoroutes appartiendront à des mafias russes, les prix de tous ces biens vont doublés. La RATP sera vendu au patron de Fox News, on sera obligé de regarder Fox toute la journée.
La DCN, Snecma, Thales seront vendues au pere de Georges Bush.
Ouahh Sarko ça fait peur.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 17:14
Quelquepart prendre sa carte au PS ça serait pas les bouger un peu tous ces gauchistes ?
Rédigé par: bilou | 10 février 2005 at 17:15
Tu sais au PS, c'est comme lorsque tu cherches un appart.
Quand tu n'as pas la gueule, ça ne passe pas.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 17:17
une fois que tu l'as ta carte elle est toi enfin j'espère, donc tu peux toujours débattre sur ta vision du socialisme de l'entraide et de la solidarité
Rédigé par: bilou | 10 février 2005 at 17:19
Comme je l'ai dit dans ma réponse à l'enquête du PS pour le programme 2007, on ne sortira pas de la crise de l'éducation nationale tant que l'on ne séparera pas la partie Education, former un citoyen, et la partie formation professionelle, former un acteur économique.
Le patronat ne s'interresse qu'au second volet, la mission qu'embrasse nombre de personnels enseignants est le premier volet et c'est ce qui fait la richesse et la particularité du système français.
La hausse du niveau et les réformes ont fait que le second volet c'est peu a peu intégré dans le premier.
Pour illustrer : au début du 20 ème, la barre mythique était le certificat d'étude, sanctionnant le premier volet. Et on apprenait son métier ensuite. Puis le temps passant, la frontière entre les deux s'estompe, orientation pour défaut de capacité en filière professionnelle par exemple, survalorisatoin de l'image des "études longues", pourtant avec un bon CAP de plombier, on arrive a mieux gagner sa vie qu'avec un DESS de science humaine...cf les témoignages précédents.
Clarifions ce que les individus doivent attendre et espérer de l'école et nous pourrons reconstruire quelque chose de solide et de positif.
Le premier volet doit rester le monopole de l'état : c'est à lui de former les citoyens :
- leur inculquer leurs devoirs et les droits qui s'y attachent,
- leur donner les outils suffisants et nécessaires pour participer à la vie commune,
- leur donner le socle minimum pour pourvoir ensuite devenir un acteur économique
Le second volet serait plutôt à la charge de ceux qui ont besoins d'acteurs économiques, en un mot le capital : cela a marché pendant bien 100 ans. Cela me fait trop rigoler ces capitalistes qui pleurent de ne pas avoir de travailleurs formés : et bien qu'ils les formes et leur donne envie de venir bosser pour eux.
Si tous les travailleurs, perdus pour perdus, acceptent d'occuper un petit lopin de terre et de chercher à retrouver une autarcie, au moins on sais ce que l'on mange, l'économie du pays sentira comme un drole de coup derrière la tête...
Rédigé par: egdltp | 10 février 2005 at 17:23
Et puis Mittérand disait que chez la droite on avait horreur d'être trahi, gageons que le mari de la femme qui passe à envoyé spécial avec une croix autour du cou récolte son mépris.
Rédigé par: Bilou | 10 février 2005 at 17:24
Bilou,
Euh les potins je ne suis pas trop. Tu peux m'éclairer stp ?
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 17:28
N'est ce pas à l'éducation nationale le rôle d'orienter les élèves ?
Alors pourquoi y at-il surcharge en lettres, sciens humaines, psycho ...
Parce que les professeurs, dont beaucoup s'estiment etre l'élite de la société, ne font pas correctement leur travail.
Encore moins ceux du CIO, qui ne servent à RIEN.
Je parle en connaissance de cause.
Rédigé par: Hakim | 10 février 2005 at 17:31
Je suis entièrement d'accord sur la mauvaise qualité des débats politiques, nous assistons à un effondrement général de la démocratie (aux USA, en France, en Italie...), noyée sous la pub et la "communication". Car c'est comme ça qu'on nomme la propagande, maintenant: "communication".
Le seul point sur lequel je ne suis pas d'accord est celui qui me concerne de près, à savoir l'éducation. Le bilan socialiste en ce domaine est DESASTREUX. Les etudian de premièr ané, d'ojordui il écrives come sa, et j'éksajaire, a paine. Vous, les socialistes (surtout M.Lang), avez livré l'éducation nationale à une bande de charlatans incompétents et irresponsables, qui, à coup de réformes, on mis par terre l'ensemble du système. Or, on ne fait pas de bons étudiants à partir de mauvais élèves, et on ne fait pas de bons chercheurs à partir de mauvais étudiants.
Le premier problème de l'université française, c'est le problème du niveau des bacheliers, qui plombe l'ensemble des cursus. C'est donc beaucoup plus qu'une question de moyens. Les profs se retrouvent de plus en plus face à des étudiants quasi-illettrés, avec lesquels il est impossible de faire quoi que ce soit.
Vous glorifier de votre bilan en matière d'éducation et de recherche, c'est chanter victoire sur un tas de ruines.
Rédigé par: Pierre-Henri | 10 février 2005 at 17:33
Je suis emballé par le texte collectif publié sur le blog de DSK.
Ce texte correspond à une opposition qui défend son bilan et répond à la droite la plus obsolète que nous ayons connu.
Mon seul reproche portera sur le temps qu'il aura fallut pour que le PS rende coup pour coup.
La défaite des présidentielles et le silence qui l'a accompagnée, le sourire arrogant des ténors de la majorité, les lazzis qu'il a fallut affronter dans la vie quotidienne auraient pu être moins difficiles à vivre si ces propos avaient été tenus dès la première année du gouvernement Raffarin.
Les français dans leur grande majorité sont prêts à la "bataille" ils souhaitent que la presse, le web et les assemblées leur transmettent des messages forts émanant de tous les responsables du Parti.
Le Parti Socialiste par son nombre d'élus peut et doit faire entendre la voix de ceux qui en entreprise, à la retraite ou en grande précarité subissent de plus en plus difficilement l'action de ce gouvernement et de sa majorité.
Ce n'est qu'un début, continuons .....
Rédigé par: Benard | 10 février 2005 at 17:35