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17 mars 2005

Gagner la bataille du traité!

Bonjour à tous,

La campagne pour le référendum du 29 mai commence à battre son plein. Nous voici entrés dans la dernière ligne droite. Les sondages nous montrent que rien n’est acquis, tant s’en faut, et que nombre de Français sont encore indécis. Face aux coups de boutoir souvent « hors sujet » des partisans du non, notamment à propos de la directive Bolkestein ou de l’adhésion de la Turquie, nous devons rester vigilants et fermes. L’enjeu est à la fois simple et de taille, c’est l’avenir de la construction européenne.

A partir d’aujourd’hui, je tiendrai sur ce blog mon journal de campagne. N’hésitez pas à venir me voir au cours de mes interventions !

Le jeudi 17 mars, je me déplace à La Rochelle. A 20 h 45, je participerai notamment à une réunion publique sur le thème : « 2005 : gagner la bataille du traité, gagner notre projet ». Vous pouvez lire l'entretien que j’ai accordé au quotidien Sud-ouest.

Le vendredi 18 mars, je serai au Salon du livre pour signer Oui, lettre ouverte aux enfants d’Europe. Venez me retrouver à 17h00, au stand Grasset (allée G,108).

Le mardi 22 mars, je me déplace à Rennes. Je participerai notamment à un débat sur le TCE.

En attendant, le débat continue sur ce blog !

Dernière minute :

Dominique Strauss-Kahn est l'invité du Grand Jury RTL - Le Monde - LCI ce Dimanche 20 mars de 18h30 à 19h30. Ecoutez le en direct sur le site Internet de RTL.

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Voici les sites qui parlent de Gagner la bataille du traité! :

» Constitution Européenne : Oui, Non ? de Weblog des presque futurs Bretons
C'est avec grand bruit qu'a été annoncé le dernier sondage sur les intentions de vote concernant la Constitution Européenne ce matin - le Non étant passé devant le nombre de votants potentiels pour le Oui. Je n'ai pas encore pris de décision... [Lire la suite]

Commentaires

Bonsoir,

Quel est votre position sur la RFID pour les êtres humains ?

Pas de chéque en blanc...

Un mot sur cette opération qui a suscité quelques réactions mais pas là où je les attendais. J’ai eu droit à la remarque sur l’intitulé. Effectivement, user d’une référence hollywoodienne pour combattre un système qui finance ce cinéma spectaculaire constitue une erreur de communication. Il faut dire que n’ayant pas les moyens de me payer Thierry Saussez, je me contente de mon savoir-faire approximatif. Pourtant, si on se réfère au contenu du film, la référence est tout à fait justifiée. Citoyen contre Empire, un slogan de campagne détonnant. Hélas, l’équivoque nuit à l’efficacité, surtout sur la toile où apparemment, des problèmes de lecture récurrents apparaissent. Le côté métaphorique ou allégorique passe difficilement, quant au décalage, j’en sais quelque chose. Je me souviens avoir été pris pour un sarkozyste après avoir mis sur le blog de DSK que je vénérais Sarkozy comme un Dieu. Mais bon.

J’aurais donc dû préciser aussi ce que signifie le slogan en prenant comme autre référence, plus intellectuelle celle-ci, les deux ouvrages de Hardt et Négri consacré à l’Empire global et aux luttes de la multitude. Maintenant, de là à combiner harmonieusement ces deux symboles. Qu’aurais-je dû mettre à la place ?Campagne pour le Non citoyen. Opération démocratie sans frontières ? De la blogosphère à la nonosphère ? J’imagine bien les réactions. Les neuneux disent Non au traité !

Il n’y a aucun moyen de trouver un slogan efficace. Opération Skywalker, je trouve que ça le fait bien et de plus, ça fait kiffer les jeunes citoyens. Le politique alliée au ludique. Car cette opération consiste à prendre pour terrain de combat démocratique la blogosphère et l’agorasphère. Chacun peu y participer et propager de forum en forum, de blogs en blogs, un ensemble de textes bien argumentés appelant à dire non au traité. Dans son principe, cette opération est parfaitement conçue. Il reste juste à envisager une base centrale, avec quelques webmasters (et mistress of course) spécialement doués et impliqués. Et le tour est joué. Une fois la machine lancée, la presse relaie la mobilisation. On parle alors d’une opération de combat citoyen. Bref, la démocratie a une double vie, dans le réel et sur la toile.

Pour parfaire le concept, il faut définir les règles pour que la base d’opération ait une légitimité lui conférant une force démocratique. Est donc exclue une officine sectaire pratiquant le prosélytisme. Il faut miser sur le dialogue. Proposer des textes et les soumettre à la critique. Si les textes résistent, la position du Non n’en sera que plus forte car acquise sur la cène du partage et de la confrontation. Bref, tout sauf une opinion. Tout ceci n’est qu’une idée dans ma tête. Un tel projet demande des partenaires, des bonnes volontés. Autrement dit, une sorte de commando démocratique, la division Skywalker pour ne pas la nommer. Avec une super plate-forme, voire plusieurs.

Voilà, ce ne sont que de beaux concepts car des obstacles majeurs s’opposent à ce que cette opération puisse marcher, pour autant que la plupart des gens sachent s’orienter sur la toile et propager la campagne avec efficacité. Je note une chose, c’est la tiédeur, pour ne pas dire la froideur suite au premier coup lancé sur quelques forums. Les vrais problèmes sont d’ordre individuel. Peur de l’engagement, parano ordinaire sur le web et puis les caractères individualistes faisant que l’effet personnalisant est inhibiteur. La plupart refusent de participer à une opération en imaginant une quelconque manipulation, voire récupération et ici, c’est de votre serviteur dont il s’agit. Je crois que les raisons de l’échec, pour une part sont là. Et puis, ce n’est que le reflet de la vie politique qui se personnalise elle aussi au point que les idées passent derrière, ce que déplorent quelques analystes de renom.

Cela dit, la campagne pour le Non s’organise en divers lieux de l’Internet et c’est tant mieux. La démocratie numérique est belle et bien installée mais pas assez forte à mon sens. Je veux dire, relativement aux enjeux et à la puissance des moyens mis à notre disposition. En fin de compte, l’opération Skywalker ne serait qu’un gadget comme je sais en inventer à la pelle. Pourtant, la campagne a besoin de s’affirmer et de se rendre visible auprès des médias conventionnels. Et pour ce faire, rien de tel qu’une démonstration de force exprimée sur les milliers de blogs avec un slogan unitaire. Citoyen contre Empire. Toujours est-il que l’on assiste à des manœuvres d’intimidation orchestrés par les partis politiques à l’encontre des dissidents. Ce référendum concerne les citoyens et c’est un comble que des partis séquestrent la parole alors qu’ils censé être leurs moyens représentation. Ce qui se passe au PS et chez les Verts est indigne de la démocratie. On se croirait revenu au temps du centralisme démocratique avec la censure du bureau sous l’égide de Georges Marchais. Cela dit, plus rien ne nous étonne, vu que notre Président Chirac renoue avec des desseins industriels à la Pompidou. Et que l’Europe y va de sa planification soviéto-libérale.

Une campagne se mène avec tactique et stratégie. Comme Bush et Rove. Ils ont utilisé tous les moyens pour atteindre les électeurs potentiels, y compris les localisations par GPS dans les zones potentiellement évangélistes afin de dépêcher les missionnaires aux bons endroits. On ne se refuse rien. Nous, français, disposons de la langue, d’une instruction pas trop mauvaise et du net. Bref, il est possible d’exercer de contre-pouvoir démocratique ou de démissionner. Cette Europe est mal ficelée, elle fonctionne sans joie, sans spiritualité, avec la défiance, avec les jeux spécieux des élites déformées pour la plupart par des dessein de domination. Trop de pouvoir nuit au pouvoir. Europe obsédée par ses peurs, monnaie, hygiène, passé, technocratie, apathie, gabegies, addictions névropathes à la technique…

Les mots relient les âmes, partout et surtout sur la blogosphère. A-liance démocratique. Voilà un des motifs de cette opération. Ceci est un essai. Ceux qui veulent juste tourner un bout de pellicule pour un scénario inédit sont invités à s’inscrire sur le forumD2007, base complètement déserte qui sera notre premier terrain de manœuvre. Je vous propose d’apporter votre contribution à ce texte que je vais mettre dans la section Europe. Nul besoin de craindre la récupération, c’est nous qui annexons cette plate-forme. Ceci est juste un essai. Si ça marche j’envisagerai l’étape suivante. A vous de jouer. C’est si simple, le bonheur d’être démocrate, comme un simple coup de clic !!!

http://forums.dossier2007.net/

Même pour ceux qui ne partage pas son opinion,un bon point de vue,de liberté.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=283034

La Turquie est en sujet!

L'unification de l'Europe n'a rien à voir avec l'accomplissement de la fixette bobo-trotskyste sur le metissage à l'échelle civilisationelle.

Nier l'absurdité d'une inclusion de la Turquie à l'UE c'est causer la confrontation des nationalismes civilisationnels de demain. C'est causer la guerre!

Faire voter les français sur la Constitution Européenne avant d'avoir résolu quelle UE (union civilisationnelle de l'Europe ou bien tentative imbécile d'organisation régionale multi-civilisationelle) serait régie par cette constitution si elle est ratifiée est indigne d'une démocratie authentique.

Je crois en la réussite du OUI malgré les sondages bizarres (un coup le Oui l'emporte, un coup le Non) il va falloir bien expliquer l'intérêt du OUI ! Tout n'est pas parfait dans le traité actuel mais tout peut se modifier et s'affiner ; les partisans du NON se trompent de combat et ne regardent que 2007 ; ERREUR ERREUR ERREUR : on s'en souviendra et certains à gauche et à droite vont comprendre à ce moment là ! M. STRAUSS KHAN j'ai confiance en vous pour le OUI et pour l'Election présidentielle ! Foncez SVP.

Tout en votant oui, je suis pour un non du peuple français, mais que la constitution passe quand même, hehe

Les français vont dire non, c'est universel, mais en subissant la ratification du TC, ils vont se réveiller ...

Je ne peux pas voter non pour la simple et bonne raison que les espagnols ont rendu un oui

"Ce qui vous attend dans un avenir très proche"

Ceci est une video produite par Channel 9, aux Etats Unis. Vous savez qu'aux USA il n'y a aucune différence entre une "dossier" et une pub. Cette vidéo est un document écrasant. Nous l'avons "capturée" pour éviter quelle ne disparaisse, puis nous l'avons transcrite, traduite et enfin sous-titrée ( une vidéo incluse dans le site de la société Taser montrait un policier américain tirant dans le dos d'un "suspect" désarmé. Elle a disparu depuis ).

La vidéo" Under your skin " ( "sous votre peau" ), sous-titrée, atteint alors 11 mégas Nous allons la sous-titrer en allemand, italien et dans d'autres langues si possible et nous espérons qu'elle sera diffusée le plus possible dans le monde. Merci à ceux qui ont fait la saisie texte, les traduction et à Olivier qui a monté la première version sous-titrée.

En fait, pour dénoncer un danger, rien n'est mieux que de donner la parole à ceux qui sont en train de monter l'opération. Il faut être complètement inconscient pour ne pas voir ce qui est à l'oeuvre là-dessous ( mais beaucoup le sont ). Nos télés nous abreuvent de choses sans intérêt. Je pense qu'un tel document devrait être diffusé à une heure de grandeécoute, mais sans doute ceci ne fera-t-il l'objet que d'un entrefilet banalisé

De toute façon il est téléchargeable sur le site de jpp :

http://www.jp-petit.com/VIDEOS/Verichip_sous_titree.wmv

C'est dommage que Mr SK se limite de plus en plus sur son blog à un "let's go gentlemen" avec de moins en moins de contenu dans ses notes et de plus en plus d'annonces de rp et de liens vers des articles ou émissions. Ce blog devient un blog d'annonces avec un forum donnant droit au label "j'ai commenté sur blogdsk". Où est le CONTENU de Mr SK ? Où est son opinion sur ce qui se passe en ce moment ? Où sont ses réactions ? Un nouveau type de blogs est né, le blog "parlez sous mon toit, je suis sympa"..

Cours de l'euro 17/3/2005
EUR= 1.337400 USD
Quelqu'un sait il dire combien de chômeurs supplémentaires aujourdhui en Europe?

Pendant que Schröeder arrive au bout du voyage, en "pactant" avec des opposants...
Début de la fin de la démocratie en Allemagne?

jeudi 17 mars 2005, 21h52
Référendum: un sondage donne le "non" vainqueur
PARIS (AP) - Coup de tonnerre dans la campagne référendaire. Pour la première fois, le "non" au projet de Constitution européenne dépasse le "oui" dans un sondage: le "non" est crédité de 51% des intentions de vote dans une enquête CSA pour "Le Parisien-Aujourd'hui en France", à paraître vendredi.

DSK, préparez une vraie constitution démocratique. (20 pages)
Que son URL soit la première ligne du Projet de la Gauche unie pour 2007.
Je voterais OUI pour elle dès le 30/5/2005,promis.

Vraiment,je souhaite que vous gériez intelligemment la situation, et que, vous appuyant sur la volonté des citoyens Français, vous rebondissiez dessus. (il vous reste quelques semaines pour peaufiner une stratégie, mais ça me parait jouable)
Vous plus Fabius,en PROJET, en DEMOCRATES ça pourrait être pas mal! Mais sur un vrai PROJET qui tient la route.
(celui des petits liberaux va dans le mur)

Vos amis européens vous suivront, car ce sont de vrais amis,démocrates, et que vous serez appuyés par les citoyens.

Pierre, totalement d'accord. Aucun échange réel.

J'ai revu Fabius ce soir sur France 2.
Quand Fabius passa à FFE sur la 3,deux questions de téléspectateurs lui furent posées,je les connais bien,ce furent les miennes,à ma grande surprise de téléspectateur habituellement suspicieux.
La première seule m'intéresse ce soir.
"M. Fabius, ne craignez -vous pas que vos amis politiques dans l'isoloir votent secrètement OUI?"
Fabius qui croyait au 50/50 balaya de façon méprisante ma question en disant à Christine O: "je ne comprends pas votre question ".
Quelques jours après , il récoltait son 40/60 et il comprenait peut-être que beaucoup de Fabusiens avaient voté OUI.
Ce que ma longue expérience de la mentalité de gauche me faisait comprendre ,lui, il ne le voyait pas, ou ne voulait pas le voir .
Voilà pourquoi ,j'ai aujourd'hui, malgré les sondages qui vont et qui viennent, une bonne confiance dans la victoire du OUI.
Je pense que l'électorat socialiste basculera vers le OUI naturel .On proteste publiquement car il faut être "révolutionnaire" car la LCR, le PC , les Verts veillent dans l'entourage, au boulot, dans les syndicats,sur les marchés ."Plus radical que moi tu meurs"
Mais heureusement , il y a l'isoloir démocratique, grand ennemi du vote à main levée.
Fabius plombe le NON,il faut qu'il parle cet homme si sincère !
Un simple électeur .

Il faut bien comprendre que ceux qui appellent à voter "non" en espérant ou en voulant faire croire qu'on aboutira à un traité correspondant à leur idéal "constitutionnel" pour l'Europe, seront en réalité très déçus. Plus ils critiqueront la partie III du TCE, plus ils auront des chances que ce soit la seule à s'appliquer, puisque nous en resterons au traité de Nice (la partie III étant à 99 % la compilation des traités antérieurs) !
Bien sûr, c'est très frustrant un référendum car il faut dire oui ou non à un texte de 448 articles et qu'il n'est pas possible de l'amender. Mais, si l'on adopte une lecture globale et dynamique du texte, le TCE constitue un progrès par rapport aux traités antérieurs. La démonstration a été faite cent fois. De plus, si la France vote "non", il ne faut pas espérer que les 25 aillent ensuite vers davantage d'intégration politique. Ce sera sans aucun doute l'inverse qui se passera et nous, Européens, prendront à nouveau du retard dans la voie vers une Europe politique. Gagner la bataille du traité, c'est faire un pas de plus dans cette voie.

« Un jour viendra où il n’y aura plus d’autre champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d’un grand sénat souverain qui sera à l’Europe ce que le Parlement est à l‘Angleterre, ce que la Diète est à l’Allemagne, ce que l’Assemblée législative est à la France. »
(Victor Hugo, 21 août 1849)

Les principes fondateurs de l'intégration européenne ont été formulés par Robert Schuman, dans sa célèbre déclaration du 9 mai 1950, inspirée par Jean Monnet : l'Europe ne se fera pas dans une construction d'ensemble mais par une démarche fonctionnelle et sectorielle, par des « solidarités de fait », des « réalisations concrètes », obtenues par la négociation entre Etats et la mise en place d'institutions supranationales. Il a résulté de ce processus, grâce aux mécanismes de la délégation de souveraineté et de l'harmonisation des normes, une extension croissante du champ des compétences de la Communauté puis de l'Union, ainsi que l'émergence progressive d'une citoyenneté européenne et d'un espace public démocratique à l'échelle de l'Europe. Pour établir une paix durable en Europe, il ne s'agissait pas seulement, selon la formule de J. Monnet, de « coaliser des Etats » mais « d'unir des hommes ».
Dès lors, les institutions européennes se fondent sur une double légitimité : celle, d'une part, des Etats, et celle, d'autre part, de la communauté des citoyens européens . Si la légitimité issue des Etats reste prépondérante lors des phases de re-fondation de l'Europe, c'est-à-dire lors de l'élaboration des traités successifs - le Traité de Bruxelles représentant de ce point de vue une innovation avec l'institution d'une Convention pluraliste ayant pour objet de présenter un projet de traité négocié ensuite par la Conférence intergouvernementale -, celle fondée sur la communauté des citoyens européens est devenue centrale dans le processus décisionnel de l'Union, c'est-à-dire pendant le cours normal de son histoire (à travers notamment le Parlement européen, dont les pouvoirs se sont accrus depuis 1979 , année où les députés qui y siègent furent pour la première fois élus au suffrage universel direct). Deux logiques sont par conséquent à l'œuvre dans la construction européenne : la logique internationale classique, c’est-à-dire inter- étatique (celle de la négociation intergouvernementale) et la logique supranationale, c’est-à-dire fédérale (issue de la répartition des compétences entre les institutions supranationales de l'Union et les Etats membres).
Cette voie vers l'intégration, qui a montré son efficacité, présente aussi une certaine opacité: l'Europe s'est essentiellement construite dans les cercles étroits des négociations diplomatiques, sauf à de rares occasions, où l'opinion a pu être mobilisée. En France, ce fut le cas une première fois en 1972 (référendum relatif à l'élargissement de la CEE au Royaume-Uni, à l'Irlande et au Danemark) et à deux reprises ensuite, en 1992 (référendum sur l'adoption du Traité de Maastricht sur l'Union européenne) et en 2004 (en vue du référendum annoncé sur l'adoption de la « Constitution » européenne). Cette relative opacité explique, pour beaucoup, la vivacité du débat actuel.

Compte tenu de ces élements, quelle stratégie les socialistes doivent-ils adopter pour aller dans le sens d'une Europe politique ?
Comment réorienter la construction européenne et peser dans le sens d'une Europe politique, d'une Europe plus solidaire et plus intégrée, d’une Europe démocratique et fédérale, où la communauté des citoyens européens pèserait de tout son poids dans ses institutions politiques ? Deux types de stratégie sont envisageables : soit la rupture avec la dynamique européenne (1), soit le réformisme d’une gauche européenne rassemblée (2).

1. Les stratégies de rupture avec la dynamique européenne
Il y a deux stratégies de rupture avec la dynamique de l'intégration européenne, dynamique qui repose, comme on l'a déjà dit, sur la double logique intergouvernementale et fédérale. La première stratégie, celle de la crise internationale (a), s'appuie sur la seule logique intergouvernementale en surestimant la capacité motrice d’une France isolée dans l'Europe des 25, tandis que la seconde, celle de la subversion transnationale (b) par l'irruption de la communauté des citoyens européens, s'appuie quant à elle uniquement sur la logique supranationale, en négligeant la dimension intergouvernementale de la construction européenne.

a) La stratégie de la crise internationale

L'Europe démocratique, selon cette thèse, pourrait naître de la seule volonté politique française, la France ayant historiquement un rôle moteur dans la construction européenne. Si l'histoire de l'Europe est vue comme une histoire linéaire depuis 1945 (intégration économique « étape par étape » autour d'un noyau d'États fondateurs, élargi au fur et à mesure, puis constitution progressive d'un grand marché doté d'une monnaie unique), cette histoire devrait être marquée par un sursaut politique initié par la France, provoquant une crise qui se voudrait salutaire puisque la dynamique européenne des petits pas serait incapable de faire ce saut qualitatif vers l'Europe politique. Les bases de la construction de l'Europe sont dans cette perspective considérées comme intangibles et il n'y a dès lors pas de risque de chaos en cas de « non » au Traité de Bruxelles. Mais il faudrait un sursaut français et, par contagion, européen, pour réorienter la construction européenne et faire avancer l'Europe politique. Les partisans du non prétendent obtenir satisfaction, comme par enchantement, par la renégociation de certaines parties du traité ! Mais compte tenu des rapports de force existant aujourd'hui (les gouvernements qui ont négocié ce traité seront encore en place dans les deux ou trois années qui viennent ; la droite est majoritaire au Parlement européen jusqu'en 2009), on ne peut raisonnablement pas obtenir mieux dans le cadre d'une négociation intergouvernementale.

b)La stratégie de la subversion transnationale

L'Europe politique, démocratique, ne pourrait ici advenir que par l'irruption de la communauté des citoyens européens dans l'espace public transnational et la subversion de l'ordre interétatique. Dans cette optique, l'Europe, telle qu'elle a émergé depuis les années 1950, est jugée comme d’essence libérale, plus soucieuse du marché que de la démocratie. Seule une rupture fondée sur la communauté des citoyens européens, serait à même de réorienter radicalement l'Europe dans un sens politique et social, en « court-circuitant » les Etats et en demandant, par exemple, l'instauration d'une Assemblée constituante européenne et/ou l'organisation d'un référendum transnational, en dehors des dispositions constitutionnelles prévues par les droits internes des Etats. Mais nous n'en sommes pas à ce stade, compte tenu justement du poids de la logique inter- étatique à l'œuvre dans la construction européenne et de l'absence d'un espace public européen structuré par des échanges homogénéisés.

2. La stratégie réformiste de la gauche européenne
C’est la stratégie la plus en adéquation avec la dynamique européenne, qui repose à la fois sur les Etats et sur les citoyens de l’Union. L'Europe politique est conçue comme le résultat d'un processus patient et fragile, d'une construction institutionnelle à la fois intergouvernementale et supranationale. Cette construction se fait par paliers successifs, compromis après compromis, vers l'unification de l'espace européen, par la « politisation » de ses institutions, au-delà même des seules « solidarités de fait ». Le « oui » au Traité de Bruxelles résulte de cette vision gradualiste, réformiste, de l'histoire sociale et politique de l’intégration européenne. Le saut qualitatif vers une Europe politique viendra par surcroît, même si cela doit prendre du temps. Mais chaque étape doit être franchie, chaque acquis, même minime, doit être engrangé, au risque, sinon, d'une dilution du projet politique. Si l'Europe n'avance pas, elle perd sa dynamique dans la mesure où ce sont encore les États qui la font avancer, et singulièrement la France, par la négociation et le compromis ; ce sont encore les États qui ont la part belle dans le processus de la construction européenne, en tout cas dans ses moments forts de (re)fondation, un espace public démocratique transnational n'ayant pu voir le jour (timidement encore) que grâce à ces efforts de diplomatie. Mais, pour créer un rapport de forces favorable visant à faire avancer l'Europe politique, il faut commencer par constituer une véritable force politique européenne rassemblant tous les socialistes autour d’un projet commun, avec leurs alliés (les Verts, notamment) et avec le monde associatif et syndical. Il s'agit de faire l'Europe des socialistes et des progressistes, de faire advenir celle-ci par-delà les organisations politiques nationales. Il s'agit pour cela d' « émouvoir les sensibilités, les imaginations, les passions » (L. Blum). Cette force existe à l’état embryonnaire encore. Il s'agit du Parti socialiste européen (PSE), où la bataille pour la présidence entre Giulano Amato et Poul Rasmussen a d’ailleurs révélé deux ambitions différentes pour cette organisation: soit un simple club des dirigeants des partis nationaux, soit une véritable force politique transnationale, supranationale . Le PSE serait le pivot d'une coalition, le co-producteur d'un projet européen de la gauche européenne. Cette stratégie commence par la ratification du traité « constitutionnel », pour engranger les acquis du travail accompli par la Convention européenne et la Conférence intergouvernementale, en vue de construire une démocratie européenne, une République européenne, consciente et maîtresse de son destin.

Bravo pour cette perle de Bernard

"""Je pense que l'électorat socialiste basculera vers le OUI naturel ."""

L'art d'épouser la sémantique présidentielle, naturellement. C'est quoi un Oui naturel, on met son bulletin dans l'urne avec la même urgence que quand on va pisser ? En quoi l'Europe serait-elle imposée par nature ? C'est la négation de la philosophie et de la spiritualité que de parler ainsi. L'analyse de la langue est instructive, elle en dit parfois plus que les débats idéologiques

Fulca,

je vais rectifier la phrase de Bernard :

"""Je pense que l'électorat socialiste basculera vers le OUI culturel ."""

ça te plait plus comme ça ?

:)

un Oui culturel me convient mieux en effet. C'est le printemps, il fait chaud, il est temps de semer

semer quoi, les futures directives européennes genre Bolkestein 2, puis 3 ... en votant Oui

ou semer la zizanie, genre un 1789 dans les urnes et dans les burnes de l'UMPS

Comme toi Dominique, je suis un farouche partisan du OUI. Militant PS parisien, j'ai commencé les tractages du OUI depuis quelques jours. Si les gens semblent globalement favorables à la construction européenne, ils expriment néanmoins une inquiétude réelle sur la Directive Bolkestein. Ces gens-là s'abstiendront si aucune réponse ferme et définitive ne leur est donnée sur cette Directive. Il faut donc un geste fort des partisans du OUI en Europe pour désamorcer la BOMBE Bolkestein. Que comptes-tu faire dans ce sens ?

Il faut être naïf pour jouer de cette piètre ruse afin de gagner le Oui.

C'est vraiment prendre les Français pour des cons, et un français pris pour un con vote non.

La BOMBE Bolkestein.
Oui c'est une bombe,attention à ne pas sous estimer ce fait.Ou alors on est en déphasage avec la réalité des salariés!
Qu'importe pour les salariés la TC si Bolkestein s'applique.
Le PS ne devrait pas regarder son miroir en se disant: au mon bon miroir.........

A TOUS

svp, dans vos reponses a des posts, ayaez la gentillesse de distinguer entre bernard1, bernard3 etc, ce sera plus clair. Je n'ai rien contre bernard3 soit dit en passant, mais nous sommes deux personnes differentes avec des opinions differentes. Et puis imaginez qu'il deboule un cingle qui signe bernard4, ce serait plutot ennuyeux d'etre confondu avec lui. Et dieu sait qu'il en traine, des cingles, sur ce blog.

Merci d'avance.

P.S. Bernard1, c'est moi, celui qui deteste qu'on appelle constitution un document de pres de 270 pages et qui a opine que la fameuse directive vaudrait 10 points das les sondages. J'etais apparremment en deça de la realite.

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