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04 mars 2005

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Voici les sites qui parlent de Traité constitutionnel : nous voterons le 29 mai! :

Commentaires

Pierre Kanuty

Un peu mois de deux mois pour faire campagne... Espérons que le Parti saura porter le "oui" haut et fort pour que les voix discordantes soient couvertes et que l'ancrage européen du PS s'affirme. Après la victoire du PSOE l'an dernier, celle du PSP le mois dernier, la gauche italienne en bonne position de son côté, la gauche européenne est de retour. Il ne faut pas louper ce rendez-vous !

Bastien TALOC

C’est un fait et cela a déjà été dit : le projet de traité constitutionnel comporte des avancées, sans être parfait. En marge de ces avancées, il contient en effet certaines dispositions qui peuvent susciter légitimement l’inquiétude.

J’en veux pour preuve un extrait important de l’article I-30, paragraphe 2 : « L’objectif principal du Système européen de banques centrales est de maintenir la stabilité des prix. » Quand bien même cet objectif n’est que « principal » (adjectif qui demeure d’ailleurs assez flou car il n’indique pas dans quelle mesure), on est en droit de se demander quel sort sera réservé à des politiques économiques de croissance et d’emploi. En effet, les effets de telles politiques peuvent aller à l’encontre de l’objectif de stabilité des prix. Au nom de cette approche par trop rigide, l’Europe continuerait de se priver des moyens d’une croissance et d’une baisse du chômage à laquelle aspirent bon nombre de citoyens. Les objectifs des politiques économiques (et donc indirectement leur contenu) doivent-ils figurer dans un tel texte ? Je pense que non mais le débat est ouvert. Cependant, ces limites du projet de traité ne doivent pas occulter les incontestables avancées du texte et il serait souhaitable avant toute chose, de revenir sur la nature juridique même du texte.

Le projet de traité sur lequel nous devrons nous prononcer est-il une Constitution au sens où l’on l’entend au niveau national ? Le fait est que la réponse est « non » et qu’il s’agit d’un traité dont on considère qu’il a valeur de constitution. Ce traité remplace les précédents, ce qui est un gage incontestable de clarification et de simplification : nous disposerions désormais d’un texte de référence unique. Juridiquement, sa procédure de révision (si décriée par ceux qui pointent du doigt l’article I-30 pour le refuser) ne sera pas plus contraignante que lorsqu’un traité devait faire l’objet auparavant de modifications : demain, l’unanimité sera nécessaire sur les points majeurs, hier il fallait rédiger un nouveau traité qui devait, par la suite, être adopté à l’unanimité. Par conséquent, le fait de parler de Constitution là où il serait plus correct de parler de « traité constitutionnel », a alimenté les inquiétudes.

Au risque de décevoir les plus enthousiastes :-), ce traité est d’après moi, pour caricaturer, une synthèse du chemin parcouru en cinquante ans qui comporte par ailleurs des avancées de principes (référence à la Charte européenne des droits fondamentaux et à la Charte sociale européenne) et des avancées institutionnelles qui sont aujourd’hui nécessaires afin de répondre aux défis d’une Europe à vingt-cinq.

A cet égard, il faut faire la comparaison avec le traité de Nice en se posant cette question : le traité de Nice pourra-t-il faire fonctionner une Europe à vingt-cinq, dans l’hypothèse où le traité constitutionnel serait rejeté ? La réponse est non, le traité de Nice est un traité inadapté, c’est le traité du blocage garanti compte tenu des seuils de majorité qualifiée retenus alors. Avec la pondération des voix, les seuils démographiques retenus et les minorités de blocage, des experts ont calculé que seules 2% des combinaisons possibles d’Etats permettaient d’adopter des propositions sans recours au vote à l’unanimité. Si le traité constitutionnel est adopté, ce pourcentage sera beaucoup plus élevé et le risque de blocage bien moindre. Avec le traité de Nice, la situation institutionnelle sera catastrophique, au-delà des effets du rejet du projet constitutionnel, et l’Europe sera bloquée en l’attente d’un nouveau compromis.

C’est donc une chance historique sur le plan institutionnel : il faut démontrer qu’à 25, il est possible de relever le défi de l’approfondissement et de l’intégration. Ceux qui affirment, en connaissance de cause (des implications qu’aurait le traité de Nice) que le « non » peut être un « non européen » font une erreur, ou pire : certains prennent une lourde responsabilité politique en condamnant l’Europe à la paralysie.

Je suis conscient des inquiétudes légitimes que peuvent susciter des articles comme l’article I-30 et les références faites à la concurrence (bien qu’il faille les relativiser au regard du fait que ce n’est pas une Constitution mais un traité juridiquement identique aux autres, qui a valeur de Constitution). Cependant, il existe des avancées et des changements institutionnels indispensables pour rendre l’Europe plus démocratique (renforcement du pouvoir du Parlement). On peut considérer ces avancées trop timides au regard de notre idéal européen mais on ne peut en faire un motif de refus du texte car, sur le plan institutionnel, c’est un pas en avant nécessaire. L’enjeu n’est pas mince : il faut faire fonctionner une Europe à 25 et éviter le blocage. Refuser cette avancée c’est prendre le risque d’avoir une Europe qui ne fonctionnera plus comme elle l’a fait jusqu’alors car croire que Nice est une solution est un leurre.

A chacun de se déterminer en connaissance de cause. Je suis actuellement en Espagne et ce pays n’a pas hésité un seul instant. Il a laissé de côté ses aspirations à être reconnu comme un « grand pays » (en pondération des voix au Conseil) alors que le traité de Nice était « meilleur » pour lui. Sachant que l’Espagne peut avoir beaucoup à perdre dans l’effort de solidarité régionale dont elle a été longtemps bénéficiaire et qui sera redéployé vers l’Est, elle a tout de même fait le choix du OUI.

Nous ne devons pas non plus hésiter : voter NON c’est hypothéquer l’avenir de l’Europe, compromettre ce qui a été fait en cinquante ans et qui fait rêver depuis plus longtemps encore. Poursuivre la construction européenne, c’est voter OUI.

Michel-Pierre Pinard

Je suis désolé, mais le texte du projet de constitution européenne ne s'affiche pas correctement. Je suis équipé d'un Macintosh OS 10.3. Le format Pdf est censé être universel. Si vous pouvez faire remédier à ce problème, d'avance merci.
MP

Jan Blanc

Après plusieurs mois de débat sur le TC dans ce blog, je n'ai jamais été plus convaincu que ce traité est nécessaire à la France et à l'Europe, même s'il n'est pas parfait. Cela dit, compte-tenu de la tournure des débats, de l'irrationnalité des arguments souvent avancés et la situation actuelle, je n'en suis pas moins inquiet pour le vote du 29 mai. Cela dit, si la France décide de refuser le TC, les partisans du "oui" - et DSK, en particulier - seraient sans doute renforcés, puisque tous les arguments avancés par les tenants du "non", et notamment le fait que le TC pourrait être aisément renégocié - s'avèreraient très rapidement réfutés par la réalité, et la tension issue d'une telle décision négative ne ferait en réalité que rejeter le ressentiment sur ceux qui, à gauche - à l'extrême et parmi les opportunistes - et à droite - à l'extrême, également - auraient favorisé le "non".
Cela étant, il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Si l'on devait faire l'autopsie des partisans du "non", on pourrait y distinguer trois types de postures :
- les "non" anti-européens : il s'agit de gens qui, comme Le Pen, De Villiers, Pasqua et, d'une
autre façon, mais selon une logique semblable, comme Chevènement, récusent une grande partie de la construction européenne, passée et, donc, future. Ceux-là ne peuvent être convaincus ;
- les "non" mécontents : ceux-ci sont généralement des "europhiles", mais, en mêlant toutes sortes d'excuses plus ou moins hétéroclites - punir Chirac et Raffarin, récuser le soi-disant "bureaucratisme technocratique" de Bruxelles, refuser la Turquie, etc., en arrêter avec la pseudo-organisation ultra-libérale européenne, etc. -, croient qu'en refusant le TC, il est possible de faire changer les choses, de marquer le coup en faisant craquer l'actuelle unité des 25. Ils ont sans doute tort, et il faut tout faire pour les convaincre, en opposant à leurs arguments irrationnels des faits et une lecture objective du TC. Mais il est toujours difficile de persuader des gens qui, souvent, ont raison de se révolter, même s'ils se trompent de révolte et sont souvent hermétiques aux discours raisonnables.
- les "non" insatisfaits : ce sont ceux dont on peut aisément se sentir les plus proches. Ils expliquent que, selon eux, l'Europe ne va pas assez loin, pas assez vite, est trop frileuse, et que le TC est un trop petit pas pour être accepté. C'est à ceux-là, qui peuvent plus aisément encore que les autres se réfugier dans l'abstention, qu'il faut s'adresser en premier, en leur rappelant qu'une petite avancée vaut mieux qu'une grande rupture, et qu'il est préférable de faire un pas vers l'avant (avec le TC) que de reculer (avec "Nice").

Papounet

Dernier grain de sel sur le colloque.
Vous avez louper quelque chose les gars ,au lieu de relations transatlantiques vous auriez dû intituler le colloque journée de reflextion sur l'amitié americano européenne avec les même intervenants mais avec en plus des militants de chaque pays avec pourquoi pas une expo ouvert a tous sur tout ce qui il y a de positif aux US et en europe car il y a la bas comme ici des gent qui se batent pour les meme valeur (abolitionniste,militants féministe,défenseur de l'environnement,lutte contre le chomage la précarité ,syndicaliste etc.....
Vous auriez meme pu finir par une grande bouf festif faite avec les spécialités de chaque pays..
Pas de votre faute mais certainement conformiste et formaté à la pensée unique...
A médité.....

Papounet

Bon je revient au ....TC
Jan tu oubli une catégorie de personne qui voterons non. ceux qui comme moi vont voter non au TC et oui a dsk en 2007 (peut etre meme au 1er tour malgré mes fortes covitions ecolo).
Je pense qu'il faut meme en défendant ses convictions pour le oui prendre en compte une victoir possible du non et rebondire pour que l'europe avance Nous somme 25 c'est beaucoup certains sont pres a franchir une etape beaucoup plus importante que le...TC .
Apres le non il sera plus facil de relancer le débat sur l'europe à plusieur vitesse.
Au fait Thomas tu a oublier de nous dire que DSK était dans Attitude Rugby ça sent la com mais c'est pas mal ,les coquins qui n'aime pas DSK pourons se rabatre sur des photos signé...Newton.
ça vau mieu que la positive attitude.(rire)
Allez A+

Pierre-Henri

A ceux qui l'ignorent, la façade du parlement européen, à Strasbourg, est entièrement bariolée aux couleurs du "oui".

J'étais, pour ma part, favorable au "oui". Pourtant, je trouve scandaleux et totalement anti-démocratique que l'Institution, qui devrait rester neutre, prenne aussi ouvertement parti. Imaginez-vous l'Assemblée Nationale, en 2007, décorée de grands fanions "Votez Sarkozy" ?

Ce manque total de respect pour le débat démocratique, et pour la neutralité des institutions, préfigure ce que risque de devenir l'Europe : un organisme qui prend d'abord les décisions, et manipule ensuite les électeurs jusqu'à ce qu'ils mettent le "bon" bulletin dans l'urne.

Monsieur Strauss-Kahn, n'y a t'il pas un moyen pour que le Parlement Européen retire cette honteuse propagande, et devienne enfin ce qu'il devrait être : une institution neutre et démocratique ?

Jan Blanc

DSK dans "Attitude Rugby" ? A quand sa participation aux Dieux du Stade ?

Pour redevenir sérieux, je ne suis pas certain, Papounet, que ta défense concomitante du "non" et de DSK soit logique. Je te rangerais, malgré tes nuances, parmi ceux qui disent "non" au TC parce qu'ils voudraient que l'Europe aille encore plus loin que celle que l'on nous propose. Mais, Papou', ne penses-tu pas que le TC nous permet déjà d'avancer, et qu'en conséquence il peut être dangereux de refuser cette avancée, aussi minime soit-elle, et de prendre le risque et de voir tous les autres pays européens se retourner contre nou, et de voir avalisé le Traité de Nice, dont chacun reconnaît qu'il constitue, lui, un recul certain et une institutionnalisation de l'ultra-libéralisme sans aucune contre-partie sociale.
Cela dit, il faut l'avouer, le camp du "oui" est aussi divers, de la droite à la gauche. Mais cette diversité est une origine différente. Elle vient du fait que, sur le plan du modèle économique et social proposé, le TC est neutre. Contrairement à ce que disent beaucoup de commentateurs, ce n'est ni un traité hyper-social - le principe de concurrence libre et non faussé est précisé à plusieurs reprises, comme, d'ailleurs, depuis le Traité de Rome, et interdit l'harmonisation sociale, ce qui me paraît au demeurant une bonne chose, pour l'instant, puisque cela protège paradoxalement le système des pays les plus développés dans ce domaine en empêchant un nivellement par le bas -, ni un traité ultra-libéral - les services publics et sociaux sont enfin inscrits dans le Traité. Si bien qu'en réalité, ce Traité offre à l'Europe un cadre, une structure et des règles de fonctionnement, et non une orientation politique et économique. Avec lui, l'Europe disposera de meilleures "armes"; reste aux députés et aux gouvernements de définir leur usage - et donc aux citoyens de voter lors des élections nationales en leur âme et conscience.

Serge

Un peu rebuté par le volume de la CE, d’autant plus dissuasif à l’écran, je commence doucettement par lire la « présentation aux citoyens », comme un nageur se mouillerait la nuque avant de plonger. Je constate effectivement que de grands principes auxquels on ne peut qu'adhérer émaillent ce texte: "dignité humaine, tolérance, justice, non-discrimination, égalité entre les sexes, solidarité entre les générations…», autant de commandements qui devraient faire l’unanimité. Mais, entre ces caractères gras qui vous sautent aux yeux se glissent parfois des choses moins évidentes telles que « concurrence libre et non faussée » ou encore « économie sociale de marché hautement compétitive ». J’ai un commentaire à faire sur ces deux phrases extraites du chapitre « les objectifs de l’union » et qui me semblent porteuses de contradictions, tant et si bien que je ne suis pas allé plus loin dans ma lecture.
Sur la première (concurrence libre et non faussée) : comment ne pas s’apercevoir que la concurrence entre pays de l’est, à bas coût de main d’œuvre, et pays industrialisés tels que le nôtre, est faussée d’avance ? N’est-ce pas cela justement qui entraîne les maux de notre société (délocalisation, paupérisation, chômage…) ? Ce phénomène n’est-il pas d’autant plus marqué que la concurrence est déjà libre ? On le voit bien, nos grandes entreprises s’en donnent à cœur joie sur le monopoly de l’économie mondiale, et elles ne donnent vraiment pas l’impression d’être très contraintes. Peut-on être si fier du résultat que l’on inscrive dans le texte ce mode de fonctionnement ?
Sur la deuxième (économie sociale de marché hautement compétitive) : cette phrase est amusante. Elle doit être probablement le fruit d’âpres négociations entre deux groupes de sensibilité opposée, comme la droite et la gauche par exemple. Je verrais bien le scénario selon lequel ces deux groupes auraient travaillé sur un postula de départ : économie de marché compétitive. Puis, soucieux d’y apporter sa pierre, celui de droite aurait insisté pour rajouter « hautement », donnant ainsi plus de force à cette notion de compétition. Oui mais, conscient de l’impact très négatif de ce qualificatif sur les citoyens qui souffrent déjà de ce principe (allez donc demander aux travailleurs à la chaîne ce qu’ils en pensent), celui de gauche aurait apporté sa nuance : et oui se dit-il, la haute compétition, c’est abrupt, mais si elle est sociale alors tout va bien ! Sauf que ça ne veut rien dire puisque la haute compétition n’a rien de social. Et puis, « haute compétition », c’est clair, net et précis, à l’exact opposé de cette notion brumeuse qu’est « l’économie sociale de marché ». Quelqu’un peut-il m’expliquer ce que c’est ? Au final, le groupe de droite a gagné, seule la haute compétition marquera les esprits.
Je ne voudrais pas donner l’impression que je suis opposé à cette constitution, mais il est vrai que certaines choses m’inquiètent. Je n’aime pas la tournure que prennent les évènements ces dernières années, et notamment les relations quasi militaires qui s’instaurent en guise de tissu social dans le monde du travail. On a toujours dit que les entreprises n’étaient pas des démocraties, mais jamais je ne l’ai ressenti à ce point. A quoi bon prôner la démocratie dans le monde si nous devons passer le plus clair de notre temps sous un régime qui s’en éloigne toujours davantage ?
Il me semble que les phrases que j’ai commentées ne vont rien arranger, bien au contraire, mais si quelqu’un a les arguments propres à me rassurer, je suis preneur.

Papounet, Jan,

Ne boudons pas notre plaisir... DSK dans attitude rugby avec ces photos, c'est la classe (je plagie Thomas)... Thomas aurait pu mettre la photo de couv sur le site... avec le titre suivant : " 'Domenech' Strauss Kahn dans la Mêlée présidentielle"... :)

Pour redevenir sérieux, Jan pose de vraies questions concernant cette alliance hétéroclite du "non"... et je partage aussi certaines idées de "Papounet" sur le fait que beaucoup d'entre-nous restons sur notre faim, avec ce traité, quant à la construction européenne.

Il va peut-être aussi être nécessaire que nos "Politiques" ouvrent des voies (portent haut leurs voix) et osent un peu plus, en prenant des mesures symboliques de nature à donner du sens à la construction européenne...

Papounet a raison quand il sous-entend qu'il existe un certain conformisme de nature à brider les initiatives... Il serait peut-être aussi nécessaires que les "conseillers politiques autorisés" s'interrogent sérieusement et sincèrement sur les limites réelles du pouvoir de ceux pour lesquels ils travaillent. On ne peut pas tout résoudre avec une campagne de COM version Séguela... ça ne doit pas être facile... car là aussi règne un certain conformisme.

Bon week-end à tous, je suis en panne d'inspiration européenne... :)

Loïc

Oublié de signer...

Loïc

rosalie

Mon tonton m'en a fait cadeau hier, je veux parler d'Attitude rugby, super magazine très
eclectique, en tout cas de très belles photos.
DSK parle de rugby mais aussi du PS
extrait:

Mais dans votre équipe, il y a beaucoup de courants qui ne vont pas forcément dans le meme
sens.

Il peut y avoir des courants à l'entrainement,
dans la préparation, mais ensuite, quand la
stratégie a été définie et que commence le match contre la Droite, il y a une équipe soudée.
Moi, je n'ai jamais vu quelqu'un tirer contre son
camp. DSK

Loïc

Rosalie,

"Quand on joue en Tronche, on ne voit pas tout sur le terrain" :))

Bastien TALOC

Un autre élément du débat est la question du cadre institutionnel. Or, comme je l'ai dit dans mon précedent post, le traité de Nice offre un cadre inadapté à une Europe à vingt-cinq. L'application d'un tel traité sera une source de blocages permanents si le traité constitutionnel est rejeté. Il faudra beaucoup de temps avant qu'un autre compromis soit trouvé. Pendant cette période, l'Europe sera souvent paralysée car les seuils de majorité qualifiée au Conseil négociés dans le cadre du traité de Nice sont bien trop exigeants pour garantir un fonctionnement normal d'une UE à 25.

Au-delà du fait que le traité de Nice ne présente aucune contrepartie sociale (comme le souligne Jan), c'est le traité du blocage institutionnel. Dans ces conditions, et en dépit des imperfections du texte du traité constitutionnel, le choix doit être celui du OUI.

Catégorie A

J'ai une question très précise :
http://linuxfr.org/2005/03/01/18399.html
Avec le TCE, est-ce que la commission pourrait toujours en faire qu'à sa tête ou est-ce qu'elle ne pourrait plus faire cette très très mauvaise blague ?

Jan Blanc

Serge,

Toi, au moins, tu as le mérite d'essayer de lire le TC - ou sa synthèse - et de te faire une opinion par toi-même. Je suis d'accord avec Papounet : rien ne remplace le débat démocratique, et il est dommage, et dommageable, peut-être, à l'Europe elle-même, que le "oui" soit aussi clairement affiché par les institutions européennes. Cela dit, pour en fournir une explication, il faut dire qu'il existe un fossé entre l'état de l'opinion en France et dans le reste de l'Europe. Avec la Grande-Bretagne, dont on connaît la place singulière - le "cul" entre deux continents, pourrait-on dire trivialement -, la France est le seul des grands pays fondateurs à risquer de basculer dans le "non". Pour les autres, le "oui" est une évidence. C'est sans doute pour laquelle, sans vergogne, les institutions ne masquent pas leur préférence...

Pour en revenir aux commentaires intéressants de Serge, j'aimerais faire quelques remarques. Le fait, tout d'abord, que le TC soit rempli de "bonnes intentions" confirme bien l'idée que, si ce n'est pas un texte d'une qualité exceptionnelle et qui restera dans les annales du droit international, ce n'est pas non plus un texte très idéologiquement marqué... D'aucuns prétendent qu'il est trop fade. Ils ont peut-être raison. Mais cette "fadeur" - cette neutralité pourrait-on dire plutôt - est la première garantie des libertés nationales, qui peuvent, à l'intérieur de ce cadre assez lâche, mener tout de même assez librement leur politique propre.

Serge commente également ironiquement les expressions de « concurrence libre et non faussée » ou d'« économie sociale de marché hautement compétitive ». Il les trouve hypocrite, et les ramène aux problèmes de concurrence entre l'Ouest et l'Est de l'Europe, et aux délocalisations. Il n'a pas totalement tort, mais se trompe peut-être de cible.
D'abord, les délocalisations n'ont pas attendu le TC et son éventuelle promulgation pour sévir en Europe. Elles concernent les anciens pays de l'Est mais, beaucoup plus encore, les pays asiatiques, où la main d'oeuvre est aussi peu chère que les aides et les garanties sociales sont inexistantes. Or en réalité, rien dans le TC n'encourage toute forme de délocalisation. La « concurrence libre et non faussée » ou l'« économie sociale de marché hautement compétitive » ? Mais il s'agit d'expressions qui existent depuis le Traité de Rome ! Or, on le sait, le problème des délocalisations est récent, et se pose dans le monde entier, pas seulement en Europe. J'allais dire : moins en Europe que dans le reste du monde. Allez aux Etats-Unis, discutez avec les Américains : vous verrez ce qu'ils pensent des délocalisations. La situation est bien plus mauvaise qu'en Europe, précisément parce que les institutions et le droit européen offrent des protections sociales et professionnelles aux travailleurs. Et le TC, chacun le reconnaît, constitue une avancée dans ce domaine. On peut donc dire que si le TC n'encourage pas les délocalisations, il constitue peut-être un premier pas vers une politique de lutte contre ces phénomènes économiques récents.
Et dans l'Europe elle-même ? On en avait déjà parlé lors de l'arrivée du Portugal et de l'Espagne. Et ces deux pays se sont largement enrichis sans, c'est le moins que l'on puisse dire, pomper les travailleurs et les entreprises européennes, si bien, d'ailleurs, que ces deux pays ont considérablement rattrapé leur retard, et qu'ils font désormais partie des locomotives du continent. Et je ne vois pas pour quelle raison, si l'on est de gauche et que l'on croit que la solidarité entre les nations et les peuples n'est pas un vain mot, l'on peut se plaindre de ce soutien mutuel des pays riches et des pays plus pauvres et qui, au contact des premiers, se développent et participent ensuite à la croissance de l'ensemble de la zone euro. Et, pour terminer sur cette question, il faut rappeler - les partisans du "non" "oublient" de le rappeler - qu'une infime proportion des délocalisations qui ont lieu en France - et qui ne constituent elles-mêmes qu'une cause secondaire du chômage, même si elles sont la source de traumatismes évidents, tant sur les personnes concernées que sur l'opinion publique - sont dues aux pays de l'Est - 10 %.

Serge affirme : "Je n’aime pas la tournure que prennent les évènements ces dernières années, et notamment les relations quasi militaires qui s’instaurent en guise de tissu social dans le monde du travail." Parfaitement d'accord. Mais l'on retombe là dans des considérations d'ordre national. Les Français ont voulu d'un gouvernement de droite ; qu'ils en paient le prix... et attendent les prochaines élections : non pas le référendum, mais les présidentielles !


den666

On vote le 29 mai pour le traité
constitutionnel.
La directive Bolkestein commence à me faire froid dans le dos .
Mme Blair (épouse du premier ministre anglais)défend en tant qu'avocate les signes trés ostentatoires religieux.
Une femme défend ,l'exploitation de la femme , la soumission à son mâle, sous couvert religieux.
L'horreur au féminin!
Dois-je suivre cela.......j'en doute de plus en plus . Surtout que je sens pointer, le retour de l'expression religieuse,dans le politique et la liberté de l'individu. La grande pression libérale à outrance acoquinée au religieux. Un mélange explosif....voir les USA.

den666

Jan Blanc vous dites:
Les Français ont voulu d'un gouvernement de droite ; qu'ils en paient le prix..

Les français se farcissent un gouvernement de droite suite au souk du 1er tour de la présidentielle...... La suite nous en fait payer le prix!
C'est différend!

Même moi j'ai voté Chirac, l'homme dont l'histoire ne retiendra....rien.

den666

Nous avons tout de même un super avantage d'avoir Chirac et son gouvernement.
Un exemple même de nullité parfaite, comme l'action du petit père du patronat français .Quel nom déjà. Antoine Lereste c'est rien.

Jan Blanc

Den666 a raison de s'inquiéter de la directive Bolkestein, qui n'est pourtant absolument pas reliée au référendum. Si c'était le cas, pourquoi certains députés se démèneraient pour la faire adopter ? Si le TC était à ce point "libéral", pourquoi ne pas attendre qu'il soit adopté pour faire passer la directive ? Non : ces deux problèmes sont distincts ou, plutôt, sont à considérer de façon différente. La directive Bolkenstein concerne notre gouvernement, et c'est à lui de peser pour que cette directive ne soit pas adoptée. Le référendum, lui, concerne les institutions européennes et leur bon fonctionnement, et c'est au peuple français d'en décider pour leur pays.

Je ne partage pas l'avis de den666 sur Mme Blair. Nous vivons dans une Europe diverse. La France est un pays laïc, où il n'existe pas de religion "officielle", et où la diversité religieuse - et c'est tant mieux - s'accroît de jour en jour, tout comme, d'ailleurs, l'athéisme ou la dévotion privée - de plus en plus de Français se déclarent athées ou non pratiquants. En revanche, certains pays, comme la Grande-Bretagne, la Pologne ou les pays du Nord, ont d'autres conceptions. Il faut les respecter, et ne pas chercher à faire systématiquement la leçon. N'exagérons pas : Mrs Blair n'est pas une talibane, et ne prône pas la burka...
Du reste, je ne vois pas le rapport avec le TC. Au grand dam de la Pologne ou de l'Italie, il n'y est fait nullement fait référence à la moindre trace d'héritage ou d'histoire chrétiens de l'Europe. L'article I-51 fait bien référence au dialogue nécessaire entre les institutions officielles et les différents cultes... ce qui constitue une bonne définition de la laïcité à la française, qui n'est pas une interdiction mais une tolérance - au sens spinoziste du terme - des religions. Sur le plan de la laïcité, le TC, en somme, c'est une victoire... française !

"Dois-je suivre cela..." demande den666. Hé non ! Il ne s'agit pas de faire du suivisme, mais de te forger une opinion à l'aune de ce qui est dit autour de toi. Personnellement, je préfère un "non" mûrement réfléchi qu'un "non" de colère, qui ne mène à rien, et qui est voué à l'inefficacité : le TC ne sera pas renégocié de sitôt, et il ne faut pas parier sur Chirac pour que, si le "non" l'emporte en France, il démissionne Raffarin et dissolve l'abstention. J'admets qu'on puisse le penser bête, mais à ce point...

PS. Je persiste et je signe : les Françait ont choisi Chirac. Le résultat d'une élection présidentielle est le produit de deux tours. Que les électeurs de Taubira, de Chevènement ou des extrémistes de gauche s'interrogent sur l'utilité de leur vote...

Jan

Youpi ! Nous allons encore souper de DSK dans les prochaines semaines...
Demain, il sera l’un des deux invités pour l’émission "En Aparté" (samedi 12 mars, 13 h 30). Le 18 mars, il sera au Salon du livre, à 17 h. Dimanche 20 mars, il sera l'invité du "Grand Jury" LCI - RTL-Le Monde. Et il participera au débat "Histoire" (Forum des images), le lundi 11 avril à 19 h 30, à l’occasion de la sortie du téléfilm "Jaurès" diffusé sur France 2.
La campagne a commencé, et peut-être pas seulement celle du référendum !

Jan Blanc

Dernière minute : voici un lien vous conduisant au document publié par le Parti socialiste et synthétisant les arguments du "oui" au référendum. C'est très instructif.

ftp://ftp2.ouisocialiste.net/ouisocialiste/tract/argupourleOui4p.pdf

Bonne lecture !

Papounet

A enfin un debat intéréssant.
Ps mal vos posts jan et loïc.
Non Jan ça ne me pose aucun problèmes de voter non au TC et oui à DSK.Je ne considere pas DSK comme un gourou et que je vais suivre toutes ses idées. a défaut de mieux (je suis un électeur mur moi monsieur et on rigole pas) je pense que actuelement il est le mieux placé (a gauche et au centre) pour nous amenner vers une alternance soit comme président ou encor mieux comme 1ere ministre .C'est vrai qu'a une époque j'était séduit par les idées de montebourg (la 6cr le mandat unique ect)Mais il n'y a pas photos l'équipe DSK a l'air plus éficace.
Pour le TC il ya 25 ans que je vote et j'en est un peu mare que pour l'Europe on tourne sans cesse la cuillere autour du pot.Le TC est le sumnum ,un constitution qui n'est pas une constitution ,faut le faire.
Je veux pas forcément que l'europe avance plus vite mais qu'elle soit plus claire plus logique et surtout plus démocratique.Oui le TC est un petit mieux dans une logique technocratique de l'europe.Pour moi avec le non c'est cette logique que je compte rompre.
Un exemple l'agriculture que je connait bien,la PAC devient tellement bureautique que l'on est au bord de la crise de nerf chez les agriculteurs.
Pour moi l europe n'a pas a intervenir directement sur les exploitations mais coordonner la Pac en passant par le relais des états.
Que dire aussi des directives en tout genre ,sont elle démocratique???
Oui a une europe démocratique au moins pour les pays qui le souhaite et il y en a.
Au fait Je trouve que DSK ne s'explique pas assez sur les problèmes agricoles car apparement son coté plutot bon gestionnaire a l'air de bien passer et puis pour moi c'est un sujet de société tres important.
A+

dsk

Je tenais à remercier Jan pour m'avoir envoyé le traité en format rtf : vous pouvez désormais le télécharger à partir du post.

Merci à tous pour la bonne tenue de ce débat.

Je vous signale aussi le document de référence publié par ouisocialiste.net et qui éclaire un certain nombre de point du traité. Il est assez pédagogique, je vous le recommande :

http://www.ouisocialiste.net/IMG/rtf/Vrai-Faux_actu21-02.rtf

(hormis sur les aspects agricoles, cf Papounet)

Jean-Christophe

Bonjour à tous,

Je suis totalement d'accord sur le fait que l'Europe est tout sauf démocratique, cela se voit dans sa représentation (que des technocrates). Puisqu'on parle du TC voici un extrait de l'article II-81 dans la charte des droits fondamentaux titre III sur l'égalité :"est interdite toute discrimination fondée sur [...]l'appartenance à une minorité nationale, la naissance, l'âge" seulement vous avez vu des jeunes élus au Parlement de strasbourg ou membre de la commission? En france c'est pire mais on est blasé, alors on voudrait bien que l'europe reste une belle idée pour que l'espoir perdure; pour cela il faudrait que si le oui gagne, l'europe applique ce texte et soit vraiment une europe des citoyens, par les citoyens et pour les citoyens (pour paraphraser Lincoln). Tous les citoyens y compris les jeunes (qui ne sont ni plus bête ni plus intelligent mais qui ont la candeur et l'innocence seules propres à ramener la confiance des citoyens)!

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Manifeste de Socialisme et Démocratie

août 2007

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